|  Propos recueillis en mai 2002
DERNIÈRE SORTIE : "Dorothy's Victory" |
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|  |   |  |      | | Par Christophe Labussière | | Photos D.R. |
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|  | Depuis l’extrême nord de l’Europe, Bel Canto aura su résister au temps en tentant d’imposer patiemment ses compositions riches et subtiles habillées gracieusement par la voix de sa chanteuse Anneli Drecker. Une voix unique que l’on retrouve régulièrement aux côtés d’artistes de tout ordre, électroniques, pop ou plus mainstream comme récemment Röyksopp ou A-Ha, deux formations elles aussi issues de Tromsö en Norvège.
Anneli : Tromsö est situé à 800 km au nord du cercle polaire. C’est une ville portuaire de 60 000 habitants où se trouve l’université la plus au nord de l’Europe. L’hiver y dure 4 mois, sans soleil, tu peux admirer de superbes aurores boréales. L’été dure aussi 4 mois et tu peux voir le soleil de minuit... Le reste de l’année, tout est grisâtre. Quand tu te trouves à Tromsö, si tu regardes l’horizon tu peux voir la courbe de la terre ! C’est un endroit magnifique ! Mais il n’y a pas d’ours polaires qui se promènent dans les rues comme beaucoup de gens le croient souvent.
Vous y vivez toujours ? A : Moi non, ça fait maintenant, 11 ans que j’habite à Oslo. Mais j’y retourne souvent. Nils quant à lui est retourné y vivre.
Vous pouvez nous parler de votre nouvel album "Dorothy’s Victory" ? A : Il y a un peu plus de guitares, l’album est plus mid-tempo. Peut-être moins sombre que "Rush/Images". Je chante en anglais, français, allemand, et un petit peu en japonais. Tout est plus clair, plus léger, plus aérien.
Vous n’avez travaillé que tous les deux sur cet album ? A : Nils et moi avons travaillé ensemble sur l’écriture, dans notre studio à Tromsö. De son côté, Torbjörn Brundtland (de Röyksopp) travaillait sur deux morceaux que nous avions coécrits avec lui. C’est le premier album depuis "White-Out Conditions" où toutes les chansons ont été entièrement composées dans notre ville natale.
La sortie de la compilation "Retrospect" l’an passé achevait la fin d’un cycle pour Bel Canto ? A : Nous avons sorti cette compilation à l’occasion de notre quinzième anniversaire. On a voulu se faire plaisir et offrir un cadeau à nos fans.
C’est au même moment qu’est sorti ton album solo, "Tundra". A : Ça faisait quelque temps que j’avais l’intention de sortir des chansons que j’avais composées seule au fil des années, afin de savoir de quoi j’étais capable musicalement. Ça m’a semblé être le bon moment.
Cet album ne risquait-il pas de sonner le glas de Bel Canto ? A : Non... tu te trompes. Vraiment. Nous n’avons jamais envisagé de nous arrêter. Et en plus, on n’a jamais aimé planifier les choses, elles viennent naturellement. C’est une occasion qui s’est présentée et j’ai pensé qu’il fallait me lancer.
Nils, tu n’as pas du tout travaillé avec Anneli sur "Tundra" ? Nils : Je pense qu’il était important pour Anneli de travailler seule, ou avec d’autres personnes, mais sans que j’intervienne. Qu’elle fasse vraiment les choses par elle-même. Je n’avais donc en aucun cas à intervenir. C’était ses propres compositions, ça n’avait pas spécialement à sonner comme du Bel Canto. C’était son album, pas le mien.
Anneli tu n’arrêtes pas de collectionner les apparitions sur d’autres albums, Röyksopp, A-Ha, Savoy... Qu’est-ce que t’apportent toutes ces collaborations ? A : Ces expériences me permettent d’avoir une vision plus vaste sur la musique, sur ma façon de chanter... ça m’aide à me développer personnellement, à la fois comme artiste et comme individu. Je suis quelqu’un de très agitée, je ne me lasse jamais de faire des choses nouvelles !
Tu as travaillé avec Simon Raymonde de Cocteau Twins pour un Tribute à Jeff Buckley. Comment ça s’est passé ? A : C’est Simon Raymonde qui m’a contactée par e-mail. Je ne le connaissais pas avant. J’étais vraiment heureuse de le rencontrer, c’est vraiment quelqu’un de formidable. Aller à Londres pour travailler avec lui a été pour moi aussi incroyable que si j’avais été reçue dans la maison du Père Noël au pôle Nord ! En fait, c’était totalement irréel.
Nils, tu n’as pas peur qu’Anneli prenne trop de plaisir dans ses multiples collaborations et s’éloigne de Bel Canto ? N : Nous avons tous les deux besoin de nous sentir capables de travailler avec d’autres personnes. Ça nous offre des expériences nouvelles qui nous permettent de nous développer pleinement en tant que musicien. Si nous avons une véritable liberté de faire la musique que nous voulons avec Bel Canto, c’est d’autant plus intéressant de travailler en dehors dans des domaines musicaux qui ne nous sont pas trop familiers. En fait, toutes ces infidélités consolident Bel Canto.
Et toutes ces collaborations influencent-elles votre façon de travailler avec Bel Canto ? N : C’est possible. Mais définir clairement de quelle façon ça peut affecter notre travail me semble impossible. Le simple fait d’écouter la musique des autres te fait voir les choses différemment. Mais je ne pense quand même pas que notre musique ait pris un virage dramatique suite à l’une de nos collaborations ! Les gens que tu rencontres tous les jours et avec qui tu passes du temps, les amis avec qui tu écoutes de la musique, le plaisir que tu prends à le faire, ce sont des choses bien plus importantes que de discuter technique et synthés avec d’autres musiciens ! |  |  |  | | |  | |
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