|  Propos recueillis en avril 2002
DERNIÈRE SORTIE : "Anti'Christ" |
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|  |   |  |        | | Par Stéphane Leguay | | Photos Tina Schweizer |
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|  | Imperméable à la corrosion du temps qui a emporté dans sa course bon nombre de ses camarades de l’école dark wave, Das Ich revient aujourd’hui avec un cinquième album "Anti’Christ" puissant et sans bavure. Une œuvre brillante qui devrait très rapidement replacer le duo en tête d’une hiérarchie gothique allemande qu’ils ont contribué à édifier il y a plus de dix ans de cela. Eternel préposé aux interviews, le toujours très affable Bruno Kramm nous présente ce nouvel opus à la thématique terriblement ancrée dans la réalité de ce début de millénaire.
Après le très ambient "Morgue", vous retournez avec cet album vers un son plus puissant et dansant. Est-ce ton expérience avec ton album solo "Cœur" qui t’a incité à composer à nouveau ainsi pour Das Ich ? Plusieurs journalistes m’ont fait cette remarque, donc il se pourrait bien que cette orientation "dancefloor" vienne de là, mais je n’y ai jamais vraiment songé en travaillant sur "Anti’Christ". Il est néanmoins certain que chacun de tes travaux passés t’inspire pour ceux qui sont à venir.
Sur cet album, le titre Der achte Tag nous renvoie à l’ère "Die Propheten", Grund der Seele ou Garten Eden à celle de "Staub" tandis que Engel n’est pas sans rappeler "Egodram" ; mélanger ainsi ces différentes périodes était-il un parti pris conscient de votre part ? Conscient non, mais il est évident qu’après un tel break nous avons ressenti le besoin de retourner à nos racines et de retrouver la vraie définition du groupe. Je crois qu’ "Anti’Christ" est le plus typique de nos albums car il présente, en les réduisant en de véritables structures de chansons, toutes les choses qui permettent d’expliquer Das Ich. Et on est content de voir ce disque nous ramener vers nos origines.
Plus de dix ans après "Satanische Verse" et "Die Propheten", le thème de la religion semble à nouveau hanter vos compositions… Oui, car comme je te le disais à l’instant, cet album est une sorte de ticket retour vers ce que nous étions avant. Toutes les choses qui nous inspiraient en ce temps se sont cachées derrière de nouveaux points de vue, tant et si bien qu’il nous a fallu creuser profondément pour les retrouver. Et la religion reste bien sûr le plus sensationnel des sujets de notre société moderne, une sorte d’interface entre l’Histoire et nous. Je pense cependant, notamment après tous les nouveaux conflits de ces dernières années, que nous avons aujourd’hui une manière plus actuelle d’appréhender ce thème par rapport à nos premières œuvres. Nous n’avons plus affaire à des conflits d’ordre politique, maintenant tout vient des courants de pensées religieux. Des notions qui dans un monde moderne auraient dues être préservées.
Lors de vos dernières prestations live, Stefan arborait un 666 peinturluré sur la poitrine ; c’est une évocation bien plus radicale du Diable en comparaison du lyrisme et du romantisme de vos premiers enregistrements… Même le titre de votre nouvel album "Anti’Christ" ne laisse pas de place à l’équivoque… Laisse moi te dire qu' "Anti’Christ" était déjà le titre de travail de "Die Propheten", mais nous avons eu peur de l’appeler ainsi à l’époque. Il se trouve aujourd’hui que la majeure partie des nouvelles chansons concorde avec les idées de "Die Propheten", aussi avons-nous décidé de réutiliser le nom pour cet album.
L’iconographie satanique est néanmoins très à la mode en ce moment avec des groupes comme Marilyn Manson, Slipknot ou Cradle Of Filth… C’est vrai, mais c’est aussi l’une des critiques que nous exprimons à travers cet album. La religion n’est aujourd’hui uniquement utilisée qu’en termes de Bien et de Mal, ce qui est dangereux. Certains leaders occidentaux considèrent l’orient comme un axe du Mal… Toutes les idées spirituelles s’en retournent alors à leur forme rudimentaire, comme au moyen âge. Mais le Bien et le Mal ne sont que des points de vue très relatifs… Depuis Einstein, il ne devrait plus y avoir de Christ ou d’Antéchrist, mais ce concept continue malgré tout à être utilisé pour dissimuler certains intérêts, la plupart du temps en affaire et en politique. Notre "Anti’Christ" choque au premier abord, mais essaye par la suite de faire comprendre que le seul Antéchrist qui soit est celui de vos propres pensées, celui que vous laissez grandir à l’intérieur à chaque fois que vous avez peur d’être ouvert et tolérant. Et nous voulons bien sûr être cet Antéchrist pour tous ces cons cyniques et vénaux qui essayent de déstabiliser le monde en décidant de qui est Bon et qui est Mauvais. |  |  |  |  | 1/2 |  | | |  | |
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