|  Propos recueillis en avril 2002
DERNIÈRE SORTIE : "Anti'Christ" |
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|  |   |  |        | | Par Stéphane Leguay | | Photos Tina Schweizer |
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| |  La fatwa lancée par l’Ayatollah Khomeiny sur Salman Rushdie est encore vivace en cette fin des années 80 lorsque le duo Das Ich, fraîchement formé, baptise sa première démo "Satanische Verse", clin d’œil provocateur au livre par lequel le scandale religieux arriva. Quatre titres aux entournures symphoniques et industrielles qui jettent les bases d’un style novateur qui ne cessera d’évoluer par la suite. En 91, le groupe étend la thématique religieuse de ce premier essai et réalise son premier album "DIE PROPHETEN" qui fait figure d’électrochoc dans un paysage goth allemand alors en pleine ébullition. L’audace des compositions de Bruno alliée au chant famélique de Stefan trouve rapidement un vif écho outre-rhin avec les deux tubes Kain & Abel et Gottes Tod. Le son "dark wave", mélange d’électronique sur fond gothique est né, de nombreux groupes (Placebo Effect, Printed At Bismarck’s Death...) s’engouffrent alors dans la brèche et se retrouvent signés sur le label du groupe, Danse Macabre. 93 voit la réédition en CD de "SATANISCHE VERSE" agrémenté de trois inédits et prélude à la réalisation du second opus "STAUB", miroir lugubre des états d’âmes rencontrés alors par le duo. Un album compact aux atmosphères envoûtantes duquel émergent là encore quelques futurs classiques tels Unschuld Erde et Von der Armut. Ce dernier devient d’ailleurs le morceau moteur du maxi "Stigma", sorti quelques mois plus tard. Des soucis financiers rencontrés par leur label obligent le groupe à sortir prématurément un live "Feuer" qui, malgré quelques bonnes versions, reste anecdotique. En 1995, Das Ich s’associe aux métalleux Atrocity pour un album, "Die Liebe" qui les envoie en tournée avant de retourner en studio pour tenter l’expérience de la musique de film pour "Das ewige Licht" d’H.-H. Hässler. Sortie en 96, la B.O. "Das innere Ich" rencontre un succès plutôt confidentiel du fait peut-être de la trame très ambient de compositions pourtant excellentes. Le véritable tournant dans la carrière du groupe est l’album sorti un an plus tard, "EGODRAM", qui voit l’arrivée massive d’éléments purement dansants transfigurer l’univers théâtral d’un duo devenu alors quatuor. Sortie sur Edel, ce disque décontenance d'abord par son aspect électro avant d’emporter l’auditeur dans les rythmes frénétiques de Kindgott et Destillät, deux titres qui sortiront sous forme de maxis la même année. Alors que d’aucun croyait Das Ich partis pour toujours vers les sunlights des dancefloor, celui-ci prend tout son monde à contre-pied en sortant en 98 le très austère "MORGUE", concept album basé sur les écrits du poète Gottfried Benn. Lorgnant vers les ambiances crépusculaires de "Das Innere Ich", ce quatrième opus ne laisse aucune place à un quelconque hit, préférant jouer la carte du minimalisme le plus hermétique. En 1999, le groupe, pour fêter ses dix ans d’existence confie son précieux répertoire entre les mains plus ou moins habiles d’une vingtaine de groupes parmi lesquels And One ou VNV Nation. Véritable plébiscite à la gloire de Das Ich, le double CD de remixes "RE_LABORAT/RE_ANIMAT" conclu en beauté une décennie dominée par le plus novateur et talentueux des groupes de cette prolixe seconde génération gothique. | |  | | |  |  |         | |
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