Propos recueillis
en juillet 2002

DERNIÈRE SORTIE :
"Mistrust The Angels"


SITE OFFICIEL :
www.instrictconfidence.de

LABEL :
www.minuswelt.de
Par Stéphane Colombet  
Photos D.R.  

Deux ans après leur précédent album "Love Kills!", le trio allemand In Strict Confidence nous livre "Mistrust The Angels", un quatrième opus aussi angélique que démoniaque. Entre électro-indus, EBM, future pop et ambient sombre, le groupe nous offre son plus riche album à ce jour, promis à un réel succès dans le monde de la musique underground électronique. Prémonition a rencontré Dennis Ostermann, leader de In Strict Confidence depuis sa création, pour une interview à la fois réaliste et spirituelle.

Vous connaissez un succès croissant depuis les débuts du groupe. Comment pensez-vous que le public va accueillir le nouvel album qui semble encore plus accessible que le précédent ?
Nous espérons que ce nouvel album va être accueilli comme le précédent, "Love Kills!", l’a été, et même un peu plus... Une partie de cet objectif semble avoir d’ores et déjà été atteint puisque nous sommes déjà entrés dans le top 100 des ventes d’albums en Allemagne, et nous espérons connaître un succès plus grand encore avec notre prochaine tournée.

Vos morceaux sont de plus en plus riches et les ambiances sonores que vous réussissez à créer paraissent de plus en plus profondes. Est-ce le résultat d’un effort conscient ? En combinant des atmosphères très sombres et des structures pop, pensez-vous détenir ainsi la clef du succès ?
La clef du succès se trouve, selon moi, dans le travail, dans le progrès effectué année après année et dans le fait de ne jamais abandonner. Néanmoins, je ne pense pas au succès lorsque je compose de nouveaux morceaux ; cela me rendrait sourd à certaines choses dont je me sers pour composer. Je crée simplement la musique que j’aime et celle-ci a l’air de plaire à de plus en plus de gens.

Depuis la sortie de "Love Kills!", vous avez fait un travail colossal en seulement deux années. Un nouvel album de Controlled Fusion, votre projet annexe, trois maxis, ainsi que plusieurs collaborations notamment avec Melotron et Daniel Myer sur le projet HMB. Où trouvez-vous toute cette inspiration capable de renouveler perpétuellement vos créations musicales ?
J’ai besoin de produire... Dans le passé, j’ai vraisemblablement gardé trop de choses pour moi seul. C’est pourquoi j’ai aujourd’hui un vrai besoin d’expression. Créer un album est la plus grande des choses aujourd’hui dans ma vie, c’est certain. Sortir des maxis est quelque chose d’un peu plus simple, surtout si différentes personnes de extérieures viennent collaborer aux remixes. En tout cas, tu as raison, les deux années qui viennent de passer ont été particulièrement riches.

Quels sont les musiciens avec qui tu aimerais travailler ?
L’artiste avec qui j’aimerais définitivement le plus travailler est Alan Wilder. J’adore son travail, spécialement celui qu’il crée depuis qu’il a quitté Depeche Mode. Je m’entends également très bien avec les gens de Melotron que nous connaissons depuis des années. Je les suis depuis le début et les aide de temps en temps dans leurs productions.

Une des nouveautés les plus marquantes du nouvel album est la présence de voix féminines sur plusieurs morceaux. Comment pourrais-tu décrire cet effet angélique ?
J’ai toujours beaucoup aimé composer avec des femmes, qui peuvent chanter ou simplement prononcer des mots sur un mode parlé. Elles offrent aux morceaux une dimension totalement nouvelle et une harmonie très différente.

En évoquant les anges, on ne peut pas passer sous silence leur omniprésence sur votre dernier album.
Les anges sont quelque chose qui ressemble à l’espoir que nous avons dans chacune de nos vies. Ce n’est pas très important de savoir si les anges existent vraiment ou pas. Ce qui est important est de penser qu’ils peuvent exister.

Les paroles de vos morceaux sont écrites en allemand, en anglais et même en français. Pourquoi un tel choix ?
Nous voulons parler, véhiculer un message auprès du plus grand nombre de gens possible. Parfois, c’est juste la sonorité de tel ou tel mot, de tel ou tel langage qui fait que la musique sonne juste. Nous avons voulu faire appel à des langues différentes. De cette façon, si un anglo-saxon écoute des paroles en français, il peut à son tour mieux ressentir l’impression de l’étranger. C’est peut-être une autre façon d’exprimer et de faire percevoir le sentiment de solitude.

Quels sont les rapports du label Minuswelt et de Sony Music en Allemagne ? Pourquoi avoir quitté le label électro indépendant Bloodline et vous être rapproché d’une major ?
Minuswelt Musikfabrik est mon propre label. Sony Music est notre distributeur en Allemagne. J’ai ainsi pu conserver tout le contrôle des visuels, de la pochette en passant par le livret et les affiches. Nous avons quitté Bloodline, comme nous avions quitté auparavant Zoth Ommog, parce qu’ils ne payaient pas aux dates prévues, que nous ne recevions aucune avance sur nos droits ainsi que pour des centaines d’autres raisons. Il était donc temps de changer et la décision de créer notre propre label a été la meilleure que nous ayons prise concernant In Strict Confidence.

Vous savez sûrement déjà quels sont vos projets pour les mois à venir ?
Non, nous ne le savons pas encore. Il n’y a rien de vraiment prévu pour le moment. Nous préparons actuellement notre tournée en Allemagne. Nous avons juste planifié de sortir un nouveau single dans le courant de cette année, ainsi que peut-être rééditer le "back catalogue".

Justement, ressortirez-vous un jour en CD vos premières productions disponibles seulement en cassettes et introuvables aujourd’hui ?
Oui, nous y pensons. Nous envisageons la réédition du contenu de ces cassettes ainsi que d’autres morceaux inédits. Mais il n’y a à ce jour aucun calendrier de sortie ni même de production.

Vous êtes aujourd’hui l’un des groupes leaders de la scène électro-industrielle. Que pensez-vous de vos "concurrents" ?
Nous en aimons certains beaucoup. Nous en détestons d’autres...

Avons-nous une chance de voir In Strict Confidence bientôt sur scène en France ?
Nous pensons venir jouer plusieurs concerts en France cette année. Ce n’est pas très facile de faire une vraie tournée, au regard des coûts de production que cela engendre. Mais nous ferons notre maximum !

Une question étrange pour le mot de la fin : qui sont les "prayers of the mute", l’un des morceaux du dernier album ? Tu ne penses pas que le monde souffre de son silence ?
Je peux entendre les mots de la révolution ! Parfois, je pense qu’il est nécessaire d’ouvrir les yeux et de tendre l’oreille pour agir ou réagir. Mais cette chanson parle plus encore des discours creux et des promesses en tous genres. Nous avons fait trop de mauvaises expériences avec des gens peu respectables...