|  |   |  |        | | Par Anthony Augendre | | Photos D.R./Sylvette |
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| |  Une comète, il n’y a pas de comparaison plus juste à tracer entre l’existence explosive de Fad Gadget et une étoile filante éclairant ses contemporains pour disparaître en une poussière de seconde. Concrètement, Frank Tovey n’a sorti que quatre albums sous son pseudonyme de clown autodestructeur. Le premier "FIRESIDE FAVOURITES" (80) est une coproduction menée de main de maître par un certain Daniel Miller qui officie également en tant que musicien et co-signe quelques compositions. Si les influences "stoogiennes" et "suicidiennes" sont omniprésentes sur l’ensemble des morceaux, cet album est considéré comme étant l’une des pierres angulaires de la musique électronique anglaise, au même titre que le "Metamatic" de John Foxx (premier chanteur d’Ultravox) qui prêtera plus tard son studio d’enregistrement aux futurs stars de Mute (Depeche Mode, Yazoo). Les fameux titres Back To Nature et Ricky’s Hand deviennent des classiques du genre. "INCONTINENT" (81) poursuit la voie d’un certain esprit punk mâtinée de synthétiseurs sauvages mais le meilleur reste à venir avec la révolution funky d’ "UNDER THE FLAG" (82) où Frank Tovey détourne les ambiances chaleureuses de la musique noire américaine en un disco robotique radical que soulignent des textes personnels profonds (la guerre des Malouines, la naissance de son fils). Love Parasite et For Whom The Bells Toll (un titre prémonitoire ?) sont déjà des tubes en puissance. Le dernier et quatrième album "GAG" (84) est indispensable pour qui veut comprendre la philosophie de Frank Tovey. Tout est dit dans ce recueil de neuf morceaux à facettes multiples. Il y a de l’humour, de l’auto dérision, de la poésie, de l’expérimentation ludique. Aujourd’hui encore les rythmiques mécaniques de Collapsing New People (concoctées par Blixa Bargeld et sa bande de décadents Einstürzende Neubauten) combinées à un croon romantique n’ont pas vraiment vieilli. Fad Gadget s’est arrêté là, Frank Tovey préférant enterrer pendant une dizaine d’années cet alter ego épuisant. On retiendra aussi la collaboration fortuite avec Boyd Rice, des pièces minimalistes qui préfigurent l’ascèse des PanSonic et autres berlinois neurasthéniques. Intitulé "EASY LISTENING FOR THE HARD OF HEARINGS" (84) elles semblent prononcer un adieu à une musique expérimentale que Tovey n’avait plus envie de manipuler. | |  | | |  |  |     | |
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