Propos recueillis
en octobre 2002

DERNIÈRE SORTIE :
"Inferno"
30 septembre 2002


SITE OFFICIEL :
www.pitchfork.de

LABEL :
www.warner.de
Par Stéphane Leguay  
Photos D.R.  

1989. C’est à Hambourg, lors d’un concert de Girls Under Glass que Dirk Scheuber rencontre Peter Spilles. Le duo réalise une démo 9 titres, puis sort en 1991 son premier album "DYHANI" sur le label Hypnobeat. Considérablement influencé par Skinny Puppy leur style s’inscrit alors dans la mouvance dark wave-électro qui émerge en Allemagne. Des sonorités âpres et minimales des anciens travaux de Spilles, le groupe n’a gardé que la rage sournoise et corrosive, étoffant ses nouvelles compositions de refrains accrocheurs et de mélodies inspirées (2nd Step). Une recette qui deviendra rapidement la marque de fabrique de Project Pitchfork. Le groupe fait alors une entrée remarquée dans un nouvel ordre gothique en pleine construction avec, en guise de carte de visite, un premier tube imparable : K.N.K.A.. Dans la foulée, la paire Spilles/Scheuber sort un EP "Psychic Torture" puis son second opus en 92, "LAM-’BRAS". Oeuvre clé de leur discographie, cet album (sur lequel apparaît Patricia Nigiani, petite amie de Peter) étonne par la limpidité de ses compositions, à mi-chemin entre puissance électro et raffinement dark-wave. Emmené par un nouveau hit Conjure, "Lam’Bras" reste à ce jour l’un des album références des premières années du groupe. Moins d’un an après sort "ENTITIES", et ses interludes ambiants, qui déroute quelque peu par ses aspects atmosphériques le public grandissant du trio. En 93, l’excellent EP "Souls/Island" (et sa version reliftée du titre moteur d’ "Entities", Souls) remet les pendules à l’heure et prépare le terrain à "IO". Réalisé sous l’égide du label Off Beat et annoncé par le maxi "Carrion", cet album apparaît dès sa sortie en 94 comme la pièce la plus aboutie de l’œuvre "pitchforkienne". Au sommet de son art, le groupe assène hits foudroyants (Io), hymnes écolos (Terra Incognita) ou lovesongs électromantiques (Renascence) et se hisse tout en haut d’une pyramide post-EBM, ébahie par tant d’insolente facilité. En plein essor créatif, Peter et Patricia sortent cette même année le premier album de leur side-project Aurora, le superbe "The Land Of Milk And Honey". Un projet qui devient rapidement la priorité de Patricia qui quitte officiellement Project Pitchfork quelques mois plus tard. Redevenu duo, Spilles et Scheuber créent leur propre label, Candyland et réalisent en 1995 un nouvel EP, le très moyen "Corps D’Amour" puis leur cinquième opus "ALPHA-OMEGA". Plus abordable que les précédentes, cette nouvelle production confirme les aspirations pop décelées sur certains refrains de "Io". Avec un nouvel hymne à la clé, Requiem, "Alpha-Omega" parachève la popularité toujours grandissante du groupe, popularité qui a depuis longtemps dépassé les frontières de l’Allemagne. Plus audacieux dans ses sonorités (breaks jungle, riffs métal-indus...), "!CHAKRA:RED !" (96), quoique moins enthousiasmant que ses prédecesseurs, remporte lui aussi son petit succès et intronise par là même l’ex-Cassandra Complex Jürgen Jansen au sein de la formation. Signé chez le géant East West/Warner, Project Pitchfork au sommet de sa popularité sort ensuite "EON:EON" (98) et "DAIMONION" (01), albums propres et honnêtes sur lesquels la créativité du groupe semble s’être toutefois légerement essoufflée en dépit de nouveaux hits lumineux (Steelrose sur le premier, Timekiller sur le second). Sorti en cette fin d’année 2002, le neuvième album "INFERNO", escorté de ses deux EP "View From A Throne" et "Trialog" se veut l’œuvre la plus fouillée et la plus conceptuelle de Project Pitchfork et semble amorcer un virage moins orienté vers les dancefloors qui ont contribué à sa renommée.