Propos recueillis
en décembre 2002

DERNIÈRE SORTIE :
"Anthology"


SITE OFFICIEL :
www.suicidecommando.be

LABEL :
www.dependent.de
Par Renaud Martin  
Photos D.R.  

Avant un nouvel album prévu pour le mois de septembre, Johan Van Roy alias Suicide Commando, acteur majeur de la scène électro-industrielle, vient de sortir "Anthology", une compilation rassemblant quinze de ses meilleurs titres ainsi que quelques raretés et remixes. L'occasion de faire le point avec lui sur une carrière de plus de dix ans.

Comment as-tu commencé à faire de la musique électronique ?
J'ai débuté avec un simple synthé, un Roland SH101, et une petite boîte à rythmes (Boss Dr.rhythm). C'était en 1986, j'étais alors très inspiré par des groupes comme Klinik, Front 242 ou Skinny Puppy.

Toutes ces années ont-elles changé quelque chose dans ta façon de travailler et de composer ?
Dans l'ensemble non, mais évidemment, la technique a évolué et je travaille maintenant sur PC avec Cubase VST 5.0 au lieu d'un simple séquenceur, et je peux ainsi entièrement finaliser mes morceaux chez moi, de l'écriture à l'enregistrement.

Comment as-tu choisi les morceaux de cette compilation "Anthology" ?
Tout s'est fait en trois semaines. Il y avait d'abord mes suggestions, ainsi que celles de Stefan (de Dependent -ndlr). Mais on a surtout tenu compte des choix et des idées de nos fans : nous organisons chaque année un Top 3 sur notre site web où nos fans peuvent nous envoyer les titres de leurs trois morceaux préférés. "Anthology" tient surtout compte de ces résultats.

Il ne semble pas y avoir d'ordre logique sur le disque, en tout cas pas chronologique.
En fait, nous l'avons fait exprès. Je ne voulais pas d'une chronologie qui classe nos titres disque par disque, je voulais juste réunir nos meilleurs morceaux sans les rattacher à une période ou à un album.

De quand date la reprise de Sick In Your Mind de Klinik ?
Je crois que ça a du se faire en 1997 ou 1998, en tout cas à l'époque de notre tournée européenne avec Velvet Acid Christ. Nous avions l'habitude de la jouer en live.

Parmi les quatre groupes avec qui Dependent a démarré, tu es le seul à être encore sur ce label. Comment se passe ta relation avec Stefan Herwig ?
J'ai toujours été content du travail de Stefan pour Dependent. En fait, je travaille pour lui depuis plusieurs années, mes premiers travaux sont sortis sur son premier label Kugelblitz. Je l'ai rejoint ensuite chez Off Beat. Bien sûr, nous avons de temps en temps des petits différents, mais je crois que c'est normal. Je regrette que des groupes comme Velvet Acid Christ ou Covenant aient quitté son label, même s'ils devaient tous avoir leurs raisons.

Que penses-tu de cette "future pop", un terme que Dependent a créé ? A-t-elle pour toi un avenir ?
On verra bien. La scène électronique est en constante évolution, et ces dernières années, beaucoup de genres et de styles sont apparus, d'autres n'ont pas duré, on ne peut pas prévoir ce qui peut se passer.

Alors que beaucoup de groupes allègent leur son et lui donnent un côté très "dance", ta musique reste dure, froide, et est parfois très proche de l'indus de labels comme Ant-Zen ou Hands. Est-ce une scène dont tu te sens proche ?
Je ne considère pas ma musique comme industrielle, donc je ne me sens pas spécialement proche des groupes de ces labels. J'apprécie leur travail et j'ai beaucoup de respect pour la plupart d'entre eux mais je me sens beaucoup plus proche de la scène électronique. J'ajoute beaucoup de sons indus dans ma musique, mais c'est son côté électronique qui reste le plus important.

Que penses-tu de l'état de la scène industrielle aujourd'hui ?
Je crois qu'elle a déjà atteint son plus haut niveau. Il y a eu un véritable boom il y a quelques années, mais maintenant je trouve qu'elle n'évolue plus vraiment.

On trouve relativement peu de sons techno dans ta musique. Est-ce une direction que pourrait prendre ton travail ?
Oui, je crois. J'ai récemment utilisé beaucoup plus de sons technoïdes qu'avant dans "Mindstrip" et "Love Breeds Suicide". Et les nouveaux morceaux sur lesquels je travaille actuellement sont aussi très influencés par la techno.

Les gens semblent redécouvrir le son des années 80. Que penses-tu de ce revival et de ce mouvement qu'on commence à appeler "electroclash" ?
Je crois que c'est une bonne chose. J'ai toujours été un grand fan de ces sonorités des années 80 et de l'EBM old school, alors je ne peux que me réjouir de cette évolution.
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