Propos recueillis
en janvier 2003

DERNIÈRE SORTIE :
"Reset The Preset"


SITE OFFICIEL :
www.console.li

LABEL :
www.labels.tm.fr
Par Eric Semenzin  
Photos D.R.  

Martin Gretschmann, bidouilleur en chef chez les allemands The Notwist, vient de publier son troisième album sous le nom de Console. Peut-être convaincu par l'accueil plus que chaleureux réservé au single "14 Zero-Zero" tiré de son précédent album, il déploie cette fois-ci ses ailes électro pop sur la longueur d'un CD, non sans oublier d'en remplir un second de ses expérimentations sonores les plus réussies à ce jour.

Ces derniers mois, tu as goûté au succès avec "Neon Golden", et Björk t'a proposé de collaborer à son dernier album. Tous ces événement ont-ils changé quelque chose dans ta façon de composer le nouvel album de Console ?

Je ne pense pas que le succès ait réellement influencé ma façon d'écrire, mais il y a toujours eu une interaction entre les productions de Console et de Notwist. Par exemple, nous avons enregistré "Neon Golden" entre janvier et avril 2001. Juste après, en mai, j'ai commencé à travailler sur l'album de Console. Autant te dire qu'à ce moment là j'en avais plus que marre de Weilheim et du studio, nous y avions passé trop de temps. Alors je suis parti pour Barcelone pour travailler sur l'album. Je voulais que ce soit un album très simple, juste parce que nous avions fait le contraire avec Notwist. Nous discutions quasiment chaque note.

À propos de ta collaboration avec Björk, préfères-tu Crabcraft, ta version du morceau, ou Heirloom, celle de Björk ?
Les deux. Mais je pense que la voix de Björk apporte une autre dimension à ce morceau. Je l'aime beaucoup.

La pochette de "Reset the Preset" représente un clavier d'ordinateur greffé sur une guitare heavy metal. Quel est le message ?
À l'origine, c'est simplement une idée amusante de Micha Acher, mais je pense qu'on peut aussi y trouver un message du genre : "Peu importe l'instrument que tu utilises, tout est bon pour faire de la musique". Mais je ne pensais pas à un message en particulier quand nous l'avons faite. J'ai rencontré Anton Kaun (il s'occupe de la partie visuelle de nos shows) la veille de la séance photo et je lui ai parlé de cette idée. Il l'a trouvé amusante et en deux heures nous avions construit la guitare.

Il y a clairement deux parties sur "Reset the Preset", un CD électro pop et un autre très ambient. Peux-tu définir ces deux aspects de ta créativité ?
Les deux facettes sont extrêmement importantes pour moi. Quand je suis parti pour Barcelone, j'avais clairement en tête de faire un album plutôt "rock", avec des voix et très orienté "club". Mais au bout d'une semaine j'ai réalisé que je devais également composer des choses beaucoup plus ambient, simplement pour me relaxer, alors j'ai commencé à travailler sur quelques titres. Au bout de plusieurs semaines, je me suis retrouvé avec des chansons très différentes, c'est à ce moment que j'ai décidé de les séparer sur deux CD différents. Mon côté ambient correspond certainement à mon besoin de solitude et de calme, alors que la partie "Reset" s'adresse à mon goût pour la fête et la communication. J'ai besoin des deux, mais je pense que c'est le cas pour à peu près tout le monde.

Composes-tu deux titres aussi différents que Suck & Run et Diagonal de la même façon ?
Non, bien sûr, il y a des différences, et plus spécialement entre ces deux morceaux. Suck & Run est un morceau qui est vraiment "composé", dans le sens le plus classique : j'ai commencé en cherchant une mélodie et des harmonies. Diagonal, au contraire, est parti d'un sample, comme beaucoup de morceaux du deuxième CD. En général, les chansons de "Reset" sont plus "écrites", alors que les titres de "Preset" sont le fruit d'expérimentations et de design sonore.

Sur scène, tu joues avec un vrai groupe. Travailles-tu également avec eux en studio ?
Jusqu'à "Reset the Preset", c'était "simplement" un groupe de scène, mais pour cet album nous avons également enregistré des percussions, des guitares et certains claviers. Alors ça commence peu à peu à ressembler à un vrai groupe.

Qui est Miriam Osterrieder (qui chante sur le CD "Reset") ?
C'est une ancienne copine d'école. Elle habitait à Weilheim. Il y a longtemps, elle, Marion Thaler (Uphon Studio) et moi avions un groupe qui s'appelait P.O.P. Nous avons enregistré quelques morceaux, mais chacun a fini par s'occuper de sa vie, elle a poursuivi ses études et j'ai fait Console. Mais j'ai toujours eu en tête de retravailler un jour avec elle. Elle nous accompagne également pour la tournée.

Le public des concerts de Console est-il le même que celui de Notwist ?
Difficile à dire. Il y a certainement plus de fans électro/techno aux concerts de Console, alors que le public de Notwist est plus rock, mais les barrières entre les différents styles de musiques semblent s'estomper, du coup le public a de plus en plus tendance à se ressembler.

Console a toujours été considéré comme un projet de musique expérimentale. Te sens-tu aujourd'hui dans la peau d'une star électro pop ?
Haha ! Je réponds toujours à cette question par : Non.

Néanmoins, te sens-tu proche de labels allemands ou de certains artistes de Gigolo Records ou Bpitch Control ?
Un peu, mais sans plus. Mais j'aime beaucoup certaines de leurs productions, comme le travail de Miss Kittin ou celui d'Ellen Allien.

C'est encore de saison, ton Top 5 de l'année dernière ?
1. MS John Soda : No P or D (Morr Music)
2. März : Love Streams (Karaoke Kalk)
3. Cynthia Dall : Sound Restores Young Men
4. Turner : A Pack of Lies
5. Leonard Cohen : Best of

Et un souhait pour l'année qui commence ?
La paix.

Si Mr Bush nous lit...