|  Propos recueillis en mars 2003
DERNIÈRE SORTIE : "Summit" |
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|  |   |  |        | | Par Christophe Labussière | | Photos Richter |
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|  | Si Marc T. n'en est pas à son coup d’essai avec son cinquième album "Summit", récemment sorti sur le label M-Tronic, il fait encore curieusement figure de novice au sein de la scène électronique française. La fraîcheur de son electronica qui évolue sereinement depuis plusieurs années l'en tient curieusement à l'écart, mais lui permet d'avancer hors de toute référence.
Sur le premier morceau de "Summit", quel est ce son/souffle que l'on entend les 10 premières secondes, on dirait une haute fréquence ? Il s'agit simplement d'un 18000 Hz. C'est pour tester ton système audio, si tu ne l'entends pas c'est qu'il est pourri, ou sinon ce sont tes oreilles qui le sont et dans ce cas il faut vite changer de disque pour allez écouter Rammstein !
Pourquoi, comme sur tous tes albums, les morceaux de "Summit" n'ont pas de titre ? C'est bizarre car tout le monde me pose cette question. Dans la musique classique c'est très courant et cela ne surprend personne. Mes albums sont juste du son, il n'y a pas de texte qui parle d'amour ou de tout autre sujet, je ne vois donc aucun intérêt à donner des titres aux morceaux, je trouve ça futile. Pour moi c'est tout simplement "track 1", "track 2" ...
Par contre tu donnes un nom à tes albums... Comment procèdes-tu ? Je voulais leur donner des titres afin que cela soit plus simple, qu'ils soient "reconnaissables". Je leur donne des noms d'équipements audio, pour le moment j'en trouve qui me plaisent et le catalogue de noms disponibles qui m'intéressent n'est pas encore épuisé. Ensuite on verra...
Tu en es à ton quatrième album, et ton son change beaucoup entre chaque disque. Comment peux-tu l’expliquer Mon travail de composition repose beaucoup sur mon équipement. Pour chaque album j'essaie toujours d'explorer le son des machines que j'utilise, et comme je change de matériel entre chaque disque, le son change. En ce qui concerne "Neve" et "Apogee" ils sont assez similaires car ils avaient été faits avec le même équipement.
As-tu déjà des idées pour le prochain album ? Pour l'instant non, je n'ai pas encore commencé à travailler dessus. Je ne réfléchis pas trop à ce que je veux faire, je me laisse porter par la composition, par mes états d'esprits, par les ambiances que je ressens, cela me permet d'avoir un champ d'action plus vaste que si j'avais prédéfini à l'avance l'idée d'un morceau.
Tu n'es pas tenté par les samples ? Tu n'en utilises pas ? En fait ça dépend, j'en utilise quelques uns, mais ils sont très retravaillés. Je crée beaucoup de sons qui me sont propres. Ce n'est vraiment pas mon truc de piquer une boucle et de la remettre 24 fois telle quelle dans un morceau.
Tu joues en concert entre Legendary Pink Dots et Haujobb, tu n'aurais pas plutôt ta place entre Funkstörung et Autechre ? Bien entendu, mais ces groupes ne tournent pas souvent en France, et puis je joue aussi là où on m'invite. Je ne suis pas du genre à passer quarante coups de téléphone pour faire une date. Si quelqu'un a envie de me faire jouer, il entre tout simplement en contact avec moi, ou mon label, je suis toujours ravi de pouvoir jouer mes morceaux en live.
Quel est ton background musical ? Au départ, je viens plutôt de la scène métal, mais, de part mes rencontres, j'ai découvert d'autres styles musicaux qui m'ont plus. Ma principale influence est Mick Harris, avec son parcours dans Napalm Death et Scorn, c'est vraiment lui qui m'a ouvert la voie. J'ai la chance de le connaître assez bien puisque nous avons fait une tournée ensemble en Suisse et en France.
Qu'est-ce que tu écoutes actuellement ? En ce moment, pour ce qui est du métal c'est plutôt Isis, Five ou Old Man Gloom. Pour la partie électronique, j'aime beaucoup Gridlock, Funkstörung ou Displacer.
Tu fais des concerts devant un public plutôt habitué à des groupes indus/goth, comment es-tu accueilli quand il te voit arriver tout seul avec ton portable ? Je dois t'avouer que je me fous un peu de l'accueil du public. S'ils sont venus pour écouter de la musique, c'est parfait. Moi je travaille avec un PC, je ne vais pas faire le clown avec une batterie pour faire joli.
Tu n'as pas envie de t'accompagner de projections ? Habituellement il y a une vidéo qui m'accompagne, cela donne plus de relief à mon live. Mais quand la salle n'est pas équipée pour, je ne l'utilise pas. J'ai inauguré ma nouvelle vidéo le 25 janvier dernier lors du festival Industrial #7 à Cannes, malheureusement la Locomotive (concert du 28 janvier dernier -ndlr) n'a pas le matériel nécessaire et l'infrastructure pour des projections.
Et qui s'occupe de ces vidéos ? Au début, je travaillais avec quelqu'un mais on s'est perdu de vue. Par conséquent, je les fais maintenant moi même. C'est beaucoup de travail mais c'est intéressant. Avec la vidéo je retrouve de nombreux points communs avec mon travail sur les sons.
Quand tu es tout seul sur scène, qu'est-ce que tu as en tête ? Et bien je me demande s'il y a des jolies filles dans le public, si le son est bon, et je me dis que je me boirai bien une vodka...
Quand Rémy a quitté M-Tronic avec "pertes et fracas" il ne t'a pas proposé de le suivre sur Parametric ? Plus ou moins, mais comme je n'avais aucune raison de quitter M-tronic, je n'ai pas donné suite.
Que penses-tu de toutes ses critiques envers M-Tronic ? Pour ma part tout se passe très bien entre M-Tronic et moi, je pense qu'il en est de même pour les autres groupes du label. Je ne prête pas trop d'importance à ce genre d'histoires, en ce qui me concerne j'ai une bonne relation avec tout le monde. Le reste ne me regarde pas et je ne me sens pas concerné.
Pourquoi n'as-tu pas participé à la compil "QFG" ? En fait, j'ai envoyé un titre, mais apparemment il ne leur plaisait pas car il était trop ambient, ce que je comprends car ils voulaient des morceaux rythmés. Je n'ai pas eu le temps de leur en proposer un autre.
Comment peux-tu à la fois faire de la musique dans Dirge et Dither ? Ce sont deux projets complètement différents et qui n'ont aucun lien, ce sont deux manières de travailler absolument opposées. L'un est un travail de groupe, l'autre est un travail personnel. Comme j'aime bien la musique électronique et la musique métal, il serait idiot de me priver de l'un ou de l'autre.
Si aujourd'hui l'un des deux devait s'arrêter, ce serait lequel ? Aucun des deux, ou alors les deux si je meurs.
N'es-tu pas tenté de faire quelque chose d'hybride, entre les deux, rock et électronique ? Non, s'il y a bien un truc que je n'aime pas c'est la fusion. Ces deux projets me tiennent à cœur parce qu'ils sont sans compromis, intègres. Ce ne sont pas des groupes pour faire du business avec les gamins de 17 ans. Aussi bien à travers Dirge que Dither, c'est ma passion de la musique qui s'exprime. Ce sont des musiques complètement différentes, la personne qui devine que dans Dirge il y a le mec de Dither, je lui paye une piscine en plastique ! |  |  |  | | |  | |
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