Propos recueillis
en février 2003

PROCHAINES SORTIES :
"Alive at Leeds" (CD + DVD)


SITE OFFICIEL :
www.skeletalfamily.co.uk

Par Christophe Lorentz  
Photos D.R.  

Les puristes du gothic-rock originel n’ont pas vraiment à se plaindre ! Même si la scène dark est majoritairement dominée par des formations électro, les ténors du genre s’offrent régulièrement une seconde jeunesse. Après The Sisters of Mercy, Bauhaus, The Mission, All About Eve ou Siouxsie and the Banshees, c’est au tour d’un groupe certes un peu moins célèbre mais tout aussi enthousiasmant de refaire surface : Skeletal Family !
Né en 1982 à Keighley (West Yorkshire) sur les cendres de The Elements, cette formation très typique d’un son goth-rock tout en guitares tournoyantes et en roulements de batterie nous a notamment permis de découvrir la voix lancinante d’Anne-Marie Hurst. En 1985, celle-ci s’en va fonder Ghost Dance avec Gary Marx, ex-guitariste de Sisters of Mercy. Elle est remplacée au pied levé par Katrina Philipps, qui enregistre deux singles et part en tournée avec Skeletal Family avant que l’aventure ne s’achève en 1987.
Mais aujourd’hui le vieux squelette ressort de son placard, avec (presque) tous ses membres originaux. Après un concert de reformation à Leeds en décembre 2002, Stan Greenwood (guitare), Roger "Trotwood" Nowell (basse), Martin Henderson (batterie), Karl Heinze (clavier) et Katrina Philipps (chant) confirment la résurrection de Skeletal Family avec un CD et un DVD live, des concerts à venir et de nouvelles compositions en projet... Les principaux acteurs de ce retour nous en disent un peu plus et reviennent sur quelques moments clés de leur carrière.

Lorsque vous avez créé Skeletal Family en 1982, quelle était votre motivation ? Y avait-il une sorte de concept derrière votre musique ?
Stan Greenwood :
Notre seule motivation était de jouer la musique que nous aimions, en espérant que c’était aussi la musique que les autres avaient envie d’entendre ! De plus, nous sentions que nous pouvions le faire aussi bien, voire mieux, que beaucoup d’autres groupes qui existaient à l’époque.
Roger Trotwood : Notre groupe était au départ The Elements, mais nous avions le sentiment que nous n’allions nulle part et que nous avions besoin de changement. Nous nous sommes réunis un soir et nous avons sorti une liste de nouveaux noms. Il n’y avait pas de réel concept derrière tout cela...

Le nom Skeletal Family est tiré du titre d’une chanson de David Bowie. Quelles étaient vos autres références musicales à l’époque ?
Roger :
C’était moi le grand fan de Bowie de la bande, et je trouvais ce nom très cool. Stan était fan de Roxy Music et de The Sweet. On peut donc dire que nous étions influencés par le glam-rock des années 70...
Stan : Le groupe avait une grande variété d’influences, même si le punk était une référence majeure, avec des artistes comme Killing Joke ou The Cure. En ce qui me concerne, c’est vrai que j’adorais The Sweet et aussi Be Bop Deluxe, bien que mon groupe favori soit The Damned.

Au niveau des textes, quels étaient les thèmes généralement développés dans les chansons de Skeletal Family ?
Stan :
J’étais à l’origine de la plupart des idées musicales du groupe et c’est Trotwood qui se chargeait des textes. Une grande partie de ses paroles provenait ainsi des idées suggérées par la musique et portait sur ce qui se passait dans nos têtes à ce moment là.
Roger : J’écrivais sur ce qui se déroulait dans ma vie d’alors, sur mes petites amies, l’amour, la haine... Promised Land, par exemple, est une chanson d’amour pour la mère de ma fille Sarah.

En 1985 les relations entre Anne-Marie Hurst et le reste du groupe devinrent assez tendues. Etait-ce pour des raisons artistiques ou personnelles ?
Stan:
C’était sans doute un mélange des deux. Je pense que nous étions tous un peu désabusés, que nous n’avions plus le même enthousiasme. Nous étions déçus de la façon dont le groupe évoluait. Quelque chose devait casser et je crois que la séparation était inévitable.

Quand Anne-Marie a quitté Skeletal Family pour former Ghost Dance, quel était l’état d’esprit du groupe ?
Roger :
Pour être franc, j’avoue que j’étais assez déprimé, bien que je comprenais parfaitement sa décision : je pense que j’aurais fait la même chose à sa place. On peut dire que c’était une grande perte pour le groupe. En même temps, nous nous y étions préparé et une fois le nouveau line-up en place, nous avons composé ce qui compte probablement parmi nos meilleures chansons.
Stan : L’état d’esprit du groupe en général était quand même très positif, et suite à l’arrivée de Katrina nous sommes devenus un quintette avec l’addition du guitariste John Clarke et de Kevin Hunter à la batterie. Cela a rendu le son de Skeletal Family plus mélodique et nous a donné plus de latitude pour expérimenter. De plus, Katrina écrivait elle-même sa musique et ses textes, ce qui nous offrait un nouvel angle de travail.

Katrina, comment en es-tu arrivée à rejoindre Skeletal Family en 1986 ?
Katrina Phillips :
J’ai simplement répondu à une petite annonce dans le Melody Maker. Vu que le groupe avait une tournée prévue peu de temps après, j’avais un grand nombre de chansons à apprendre dans un très court laps de temps. J’ai donc passé les trois semaines précédant la tournée avec un walkman collé sur les oreilles !

Dans quel état d’esprit te trouvais-tu alors ?
Katrina :
J’étais déterminée à maîtriser toutes les chansons. Je n’avais de toute façon pas le temps de penser à quoi que ce soit d’autre et je ne réfléchissais pas vraiment à long terme. En fait, j’ai rencontré par hasard Anne-Marie dans le train alors que je me rendais à une répétition. Je me suis présentée à elle parce que je l’avais reconnue d’après les photos que j’avais vues. C’est la seule fois où je l’ai rencontrée.
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