|  Propos recueillis en mars 2003 |
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|  |   |  |    | | Par Christophe Labussière | | Photo D.R. |
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|  | Première tentative en langue française de recensement des musiques gothiques, industrielles et new wave, "Carnets Noirs" est un projet ambitieux mais à la qualité inégale. La prochaine édition devrait corriger les nombreuses erreurs inhérentes à ce type d'entreprise et permettre à cet ouvrage de s'installer définitivement comme une référence. C'est tout le mal qu'on lui souhaite. Prémonition a choisi de rencontrer celui qui, discrètement, est à l'initiative de ce projet. Alex Drosne, responsable parisien de magasins et de bars, l'Enklave, le Katabar, le Black Dog, organisateur de soirées, de concerts, d'expos... est une fois encore au premier plan de la scène gothique.
Comment est né le projet "Carnet Noirs" ? Un jour j'ai rencontré Guy, qui est éditeur, et qui s'occupait essentiellement de comics et de manga. On a organisé ensemble plusieurs soirées thématiques au Katabar pour le lancement de certaines de ses BD, et il a découvert de cette façon là le milieu gothique. Au départ, j'avais l'envie de sortir quelque chose sous forme de bande dessinée. J'en avais d'ailleurs longuement discuté avec Fab ("Le Crobard", caricaturiste gothique -ndlr) que je connaissais bien depuis des années. De son côté, Guy s'étonnait que rien n'ait jamais été écrit sur ce milieu. On a énormément discuté, et on s'est dit, pourquoi ne pas faire un vrai livre qui traiterait de ce sujet... Nous nous sommes associés sur ce projet, et ma première tâche a été de constituer une équipe. C'est comme ça que s'est monté "Carnets Noirs", autour d'un collectif de rédacteurs, Christophe Lorentz, Stéphane Leguay, Mario Glenadel, etc. Tous avaient un passif dans la presse. Et petit à petit, l'équipe a grossi, en fonction des besoins et des limites de chacun.
Concernant le choix des groupes référencés, des étiquettes musicales recensées, ça n'a pas été trop difficile ? Si, on a eu beaucoup de difficultés pour choisir quels devaient être les groupes phares sur lesquels on devait s'attarder. Certains groupes ont déjà des livres qui leur ont été consacrés, pour lesquels il y a plein de choses qui ont été faites, et en trente lignes tu ne peux pas vraiment rentrer dans le détail. "Carnets Noirs" traite d'environ un millier de groupes sur 250 pages. Il y a 16 chapitres, et l'idéal aurait peut-être été de consacrer un livre entier à chaque chapitre. Mais dans un premier temps ce n'était bien entendu pas réalisable. Mais on verra comment ce projet va se développer, ce qu'on fera par la suite.
Tu t'es investi dans l'écriture ? En fait, au début, j'ai essentiellement regardé ce qui se passait au niveau du chapitrage, quelle partie allait être abordée, quelle était la liste des groupes choisis et de quelle façon ils allaient être répartis. Mais n'étant pas moi-même rédacteur, je ne suis pas intervenu sur la rédaction. De leur côté, ça a été un vrai travail d'équipe, ils se sont réunis un nombre de fois incroyable. Le travail d'écriture s'est étalé sur sept mois. On aurait aimé leur laisser encore plus de temps, pour leur permettre de peaufiner, mais on leur a déjà accordé trois mois de plus que ce que l'on avait prévu sur le planning initial.
Personnellement, es-tu satisfait du résultat ? Oui, je suis très content du travail fourni par l'équipe. Ils ont eu peu de temps, et au final "Carnets Noirs " est une énorme collecte d'informations. Je suis assez content du résultat, même s’il y a des erreurs, je suis d'ailleurs le premier à le reconnaître. Et c'est vrai que le style n'est pas forcément fluide, parce qu'il y a des collaborateurs qui viennent de milieux très différents.
Vous ne deviez pas consacrer une partie du livre à la scène française ? On avait effectivement prévu d'aborder la scène française. Mais ce qui s'est passé, c'est que la partie internationale prenant de plus en plus d'importance, on commençait à ne plus avoir assez de place, et on ne voulait vraiment pas réduire celle destinée aux groupes français. On a donc décidé de l'aborder dans un second tome pour pouvoir y accorder suffisamment de place.
Et du côté des ventes, ça se passe comment ? Le premier tirage est presque totalement épuisé, on va le rééditer et en profiter pour corriger les erreurs qui ont pu se glisser dans la première édition. Dès le départ l'idée était de faire une suite, un deuxième volume consacré à la culture gothique et à l'évolution des looks. La partie consacrée à la scène française prendra place dans ce deuxième volume. On n'aura d'ailleurs plus du tout le droit à l'erreur, parce que les groupes, on les connaît et il sera bien plus facile de les contacter. Il y aura aussi une partie culture qui n'est pas du tout évidente à faire... qu'est-ce qui est goth, qu'est-ce qui ne l'est pas, de quel film tu peux parler... ce n'est pas si évident que ça.
As-tu d'autres projets ? On ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Il y a de fortes chances que l'on sorte un livre qui s'appellera "Métro Burlot Dodo", consacré entièrement à des photos prises par Stéphane Burlot, mais qui seront autres que ses éternelles photos de groupes, ce sera un travail purement artistique. Ensuite, je pense qu'on se développera en sortant des bouquins sur des groupes importants, mais qui ne le sont pas "suffisamment" pour avoir déjà eu des livres qui leur aient été consacrés, comme les Young Gods. Un autre projet qui m'intéresserait, c'est faire la même chose que Carnets Noirs, mais sur les scènes black et death. Ce n'est encore qu’un projet, mais l'idée est jetée... Le monde de l'édition est quelque chose qui m'a toujours passionné et je commence à bien voir de quelle façon ça fonctionne. Si on peut faire d'autres choses dans ce domaine, je le ferai. |  |  |  | | |  | |
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