Propos recueillis
en août 2003


DERNIÈRE SORTIE :
"Hex Angel (Utopia Dystopia)"


SITE OFFICIEL :
www.velvetacidchrist.com

LABEL :
www.dependent-records.de
Par Renaud Martin  
Photos D.R.  

Les origines de Velvet Acid Christ remontent au début des années 90, quand Bryan Erickson crée avec deux amis les groupes Cyber Christ et Toxic Coma puis sort sous le nom de Velvet Acid Christ ses premiers CD démos nommés "Fate", "Pestilence" (tous deux en 1994), et "Neuralblastoma" (1995). Alors que les relations entre les trois amis se dégradent, Bryan décide de tenter le tout pour le tout en donnant ses démos à son idole Bill Leeb lors d'un concert de Front Line Assembly à Denver. Elles finiront dans les mains de Thorsten Stroht qui réussira à convaincre Stefan Herwig de signer le projet de Bryan sur leur label allemand Off Beat. La première véritable sortie du groupe sera CHURCH OF ACID (Off Beat, 1996), une compilation de ces trois albums dans laquelle on retrouve déjà la recette Velvet Acid Christ (samples, morceaux progressifs, paroles violentes à la Skinny Puppy) dans des hits dark électro (Futile, Dead Flesh) mais aussi des morceaux extrêmement sombres où la voix de Bryan prend des intonations surprenantes qui rappellent parfois celle de Robert Smith. L'album suivant, CALLING OV THE DEAD (Off Beat, 1998), résultat d'un an et demi de travail, de fortes tensions internes et d'une réécriture totale, est probablement le chef-d'oeuvre de Velvet Acid Christ : sombre, puissant, Bryan y mélange avec brio dark électro, goth et sonorités technoïdes dans onze morceaux redoutables entre furie dancefloor (The Hand, Bsat2) et pièces plus lentes (Timeless Visions ou le célèbre Pucking Freak et ses samples de "Seven"). Suivront l'excellent "Remix Wars 4" (duel de remixes livré ici contre les allemands de Funker Vogt), une compilation NEURALBLASTOMA (regroupant des morceaux remasterisés des trois premières démos), un impeccable single "Fun With Drugs", et enfin l'album FUN WITH KNIVES (1998). Sorti chez Metropolis aux USA et sur le tout jeune label Dependent en Europe (fraîchement créé par Stefan Herwig et qui comprend dans ses rangs à cette époque Covenant, VNV Nation et Suicide Commando), cet album est, pour reprendre les mots de Bryan Erickson, le disque "let's kill goth" de VAC. Bénéficiant d'une production de première classe dans laquelle transe, goa et même triphop jouent à égalité avec l'électro-dark des précédents opus et faisant une certaine apologie des drogues et de la violence (qui lui vaudra par la suite sa relativement mauvaise réputation à ce sujet), l'album est une nouvelle fois une réussite totale et remporte un grand succès aussi bien au niveau des critiques que des ventes. C'est deux ans après, ayant claqué la porte de Dependent et en pleine dépression, que Bryan Erickson, désormais seul et unique membre de Velvet Acid Christ, sort TWISTED THOUGHT GENERATOR (Metropolis, 2000), son album à la fois le plus personnel et le plus transe à ce jour, dans lequel il nous livre ses angoisses dans des morceaux sombres, torturés, hantés par Skinny Puppy et par la descente de MDMA (la molécule pyschoactive de l'ecstasy) interminable dans laquelle il est enfermé. "Twisted Thought Generator" n'a pas le succès mérité mais confirme une fois de plus la dominance de VAC sur la scène dark électro mondiale. Il s'en suivra une longue période de silence (malgré une sortie tardive du single "Dial8"), et c'est pas moins de trois ans après que Velvet Acid Christ ressort de l'ombre avec l'annonce prometteuse de son retour chez Dependent, la sortie d'un très bon single "Pretty Toy" puis de l'album HEX ANGEL (UTOPIA DYSTOPIA), deux nouvelles réussites pour Bryan Erickson dont le parcours ressemble de très près à un sans fautes.