|  Propos recueillis en juin 2003
DERNIÈRE SORTIE : "Draw a Bot" |
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|  |   |  |        | | Par Christophe Labussière | | Photos D.R. |
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|  | Si un jour vous rencontrez Like A Tim vous ne risquez pas de l'oublier. Sur scène, affublé d'immenses lunettes, le musicien hollandais s'entoure de ses propres dessins, recréant ainsi un environnement visuel qui accompagne parfaitement sa musique minimaliste et déjantée. Un univers intriguant dont lui seul a les clefs.
Tu es venu jouer au Batofar à Paris il y a quelques mois, la soirée s'est-elle bien passée ? Oui, ça c'est bien passé. Je suis venu avec deux artistes de Rotterdam, Phako et Alden Tyrell. Et c'était d'ailleurs la première fois que je jouais à Paris.
Comment le public a-t-il réagi ? Je pense que la plupart des gens ont aimé... Il y a néanmoins une personne qui m'a ennuyé au début de mon set en me demandant de jouer une autre musique... Mais en fait il t'arrive souvent des trucs comme ça quand tu joues de la musique électronique !
Que signifie Like A Tim ? C'est un surnom que me donnaient les autres gamins à l'école. Ils m'appelaient Lijke-Tim, ce qui signifie "macchabée" en hollandais, parce que j'avais l'allure d'un cadavre. Et phonétiquement, en anglais, ça avait un sens. J'ai donc gardé cette forme anglaise.
Tu as vraiment un son typique. De quelle façon composes-tu ? C'est différent à chaque fois. Parfois je pars d'une mélodie, d'autres fois d'un rythme. Si dès le départ j'ai une idée générale, je la développe avec différents sons et avec des choses que je vais au final supprimer si ça ne me semble pas fonctionner comme ça devrait. Et je vais ensuite accentuer ce qui sonne bien. C'est bizarre que tu parles d'un "son typique" parce que pour différentes raisons tout ce que je fais essaye de ne pas aller dans ce sens, j'essaye toujours de faire des choses différentes. Et c'est d'ailleurs ce que les gens me disent souvent.
Tu n'utilises pas de laptop sur scène... Effectivement, je préfère utiliser des machines plutôt que des logiciels, et même si ça a souvent ses limites j'essaye justement de les pousser à leurs limites. Chez moi non plus je n'utilise pas d'ordinateur, je me sers d'un MPC Akai et d'un tas de synthés, samplers et boîtes à rythmes.
Sur ton dernier EP tu précises que tu as utilisé des Roland 202, 303, 707, 808 et 909 ! J'aime le son de ces machines. Je les ai toutes depuis plusieurs années et comme je ne les avais pas utilisées depuis longtemps j'ai trouvé marrant de m'en servir à nouveau.
Peux-tu me parler de tes dessins ? J'ai toujours aimé dessiner, et j'ai commencé dès que j'ai été capable de tenir un crayon, du moins c'est ce que m'a dit ma mère. J'ai donc trouvé normal de commencer à dessiner mes pochettes moi-même. J'ai d'ailleurs réalisé celles de mon dernier disque, "Draw a Bot", exclusivement à la main, au feutre et à la bombe.
Est-ce que ta musique est dépendante de tes dessins ? Ils contiennent les mêmes éléments abstraits. Tous deux sont un moyen d'expression, de création, et pour moi Like A Tim c'est la musique ET les dessins.
Les projettes-tu toujours derrière toi en concert ? Oui bien sûr. La première fois que je les ai utilisées de cette façon c'est au festival Transmediale à Berlin. Depuis j'emmène toujours avec moi une bande pour les projections.
Es-tu avant tout musicien ou dessinateur ? Actuellement je me considère d'abord comme un musicien. Mais peut-être que dans le futur j'arrêterai la musique et je continuerai seulement à peindre, je ne sais pas... Comme je te l'ai dit, pour moi Like A Tim est une combinaison des deux.
Peux-tu me parler de tes étranges lunettes ? Que signifient-elles ? La plupart de mes dessins ont des grandes mains ou des lunettes. Il y avait sur la pochette du "Boogie EP" qui est sorti en 1995 un dessin de moi avec ces grosses lunettes. Je me suis ensuite fabriqué des lunettes sur ce modèle et je les porte en live... Mais ça ne veut rien dire !
Quelle réaction souhaites-tu provoquer dans le public ? Des rires, de l'incompréhension, de la surprise ? Tu veux dire pendant un concert ? Les trois je pense. Je ne me pose pas trop de questions par rapport à ça, pour moi la chose la plus importante est la musique qu'il y a sur mes disques.
Est-ce que ta reprise de I Want a Hit in America t'a permis d'en avoir un ? Oui, ça a été un gros hit. Je suis maintenant multimillionnaire comme je l'avais espéré. Bien que je doive reverser 50% à Leonard Bernstein pour lui avoir volé la mélodie.
Quelles sont tes références en matière de musique électronique ? Je n'écoute pas vraiment de musique électronique à part bien sûr Kraftwerk, la early techno de Detroit et la house de Chicago.
Et en dehors de la musique électronique ? J'aime tous les styles de musique, du rock'n'roll des années 50 à la pop ou au hip hop des années 80.
Tu es extrêmement productif, sais-tu combien de chansons tu as déjà enregistrées? "Très productif", je ne sais pas. J'ai commencé à sortir des disques en 1991 et j'en ai sorti environ vingt depuis, ce qui ne fait pas plus de deux par an. Et la plupart d'entre eux étaient des EP. C'est vrai que faire de la musique est quelque chose d'essentiel pour moi, et à chaque fois je prends autant de plaisir à créer un nouveau disque.
Avec qui as-tu déjà travaillé ? Je n'ai pas travaillé avec beaucoup d'autres artistes. J'ai simplement travaillé avec Gina D'Orio (Cobra Killer, Ec8or) il y a quelque temps. C'est en fait la seule fois où j'ai vraiment travaillé avec quelqu'un.
Et avec qui rêverais-tu de le faire ? Personne en particulier, si ce n'est avec des artistes comme Prince ou David Bowie avec lesquels ce serait magnifique de faire quelque chose. Mais ça ne restera effectivement qu'un rêve. |  |  |  | | |  | |
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