Propos recueillis
en juillet 2003


DERNIÈRE SORTIE :
"Killing Joke"


SITE OFFICIEL :
www.killingjoke.com

LABEL :
Zuma Records
Par Frédéric Thebault  
Photos D.R.  

À l’aube des années 80, "KILLING JOKE", premier album éponyme du groupe, défraie la chronique : mur du son, voix déformée, chant psalmodié, batterie tribale, et surtout quelques morceaux incroyables, épileptiques et cataclysmiques à souhait : Wardance, The Wait, Complications… En 1981, le second album, "WHAT’S THIS FOR", sans doute conçu trop rapidement, déçoit quelque peu, même si l’on retrouve les ingrédients du premier : hyper-violence, bruit à outrance. Avec "REVELATIONS", paru en 1982, on perçoit une (légère) tendance à l’apaisement : moins de bruit, plus d’étrangeté, l’album est superbe et, s’il rebute (déjà !) les fans de la première heure, il n’en demeure pas moins inaudible pour le commun des mortels. FIRE DANCES", qui paraît en 1983, confirme la tendance : le son s’épure, les mélodies s’affinent et la production est plus léchée. Contre toute attente, 1985 est l’année du succès. Killing Joke, qui revient de loin (Jaz Coleman a pété les plombs et s’est exilé un temps en Islande), n’échappe pas à son époque, alors en pleine explosion new wave. Deux titres fabuleux, Love Like Blood et Eighties, font de "NIGHT TIME" l’album le plus commercial du groupe, mais aussi une incontestable réussite. Ce succès signifie aussi le début de la débandade pour Killing Joke. "BRIGHTER THAN A THOUSAND SUNS", sorti en 1986, n’offre que deux singles potables, toujours très "new wave", sur un album ramollo et gentillet. Passons sur "OUTSIDE THE GATE", sorti en 1988, crédité Killing Joke mais œuvre solo d’un Coleman toujours plus flingué, en pleine dépression mystique. Alors que plus personne ne mise un kopeck sur le groupe, Killing Joke se reforme à la surprise générale en 1991 pour un éclatant "EXTREMITIES, DIRT AND VARIOUS REPRESSED EMOTIONS" qui renoue avec le bruit des débuts. Mais les fluctuations continuent, et il faut attendre 1995 pour que sorte un nouvel album. "PANDEMONIUM" ne précède plus son époque, mais la suit dans le bon sens : des guitares enragées au son incroyablement puissant, mâtiné de techno, personne ne croirait que ces gars-là frisent la quarantaine. Paru l'année suivante, "DEMOCRACY" retourne aux fameuses mélodies de l’époque "Night time", sans pour autant délaisser les grosses guitares. C'est ensuite le silence radio, à nouveau, silence ponctué de toute une série de compilations plus ou moins dispensables, remixes techno, live ou inédits sortis des archives, la meilleure restant "Laugh ? I Nearly Bought One !". "KILLING JOKE", le dernier album, bien que plus enragé que jamais, donne surtout envie, avouons-le, de réécouter leurs précédentes productions.