|  Propos recueillis en février 2004
DERNIÈRE SORTIE : "Summer Make Good" |
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|  |   |  |    | | Par Anthony Augendre | | Photo D.R. |
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|  | Les trois garçons et filles de Múm (Örvar, Kristín et Gunnar) sont de tendres rêveurs élevés dans l'amour de la programmation informatique, l'étude du piano et du violoncelle. "Summer Make Good", leur nouvel opus, conjugue un "field recording" naïf avec une pop électronique radieuse. Discussion avec Örvar, économe de ses mots néanmoins limpide dans ses propos.
Selon vous ce disque représente-il une sorte de progression logique ou une avancée radicale dans votre processus créatif ? Ce n'est ni logique, ni radical. Je pense qu'il s'agit plutôt d'une progression naturelle et inconsciente. Comme lorsque l'on tourne les pages d'un livre et que l'on aborde un nouveau chapitre sans savoir où l'histoire va nous mener.
L'atmosphère de l'enregistrement est très profonde. Votre production a-t-elle été influencée par des bruits naturels tels que les sons de tempête ? Dans certains cas les sons qui nous entourent nous ont probablement influencés. Ils trouvent naturellement leur place dans notre musique. Nous avons enregistré le vent et la mer sur ce disque et aussi la baignoire de notre studio.
Vous connaissez alors certainement le travail de field recording de Chris Watson ? J'ai lu récemment un article sur lui et j'ai écouté quelques-unes de ces pièces. Je m'intéresse à présent beaucoup à son travail, je vais essayer de trouver ses disques. J'aimerais également réaliser mes propres field recording. J'ai séjourné au sommet d'une montagne l'été dernier, je ne pouvais entendre rien d'autre que la mer au loin. Un oiseau s'est posé à côté de moi, j'aurais aimé enregistrer ça.
Le style electronica est censé qualifier vos œuvres, n'est-ce pas un peu restreint ? Je n'en ai aucune idée mais les journalistes semblent à l'aise avec ce style. C'est plus intéressant d'écouter les idées des autres personnes à ce sujet, plutôt que d'imposer notre point de vue.
Êtes-vous satisfaits par les remixes de Please Smile My Noise Bleed? Etait-ce une bonne expérience ? Oui c'était vraiment bien. Nous étions déjà fans de tous les artistes du label Morr et intrigués par la façon dont tout cela prendrait forme. Ce fut tellement plaisant de recevoir les remixes par la poste, un par un. La version d'ISAN est toujours ma préférée parce qu'ils ont vraiment trouvé quelque chose dans notre son. Quelque chose que nous recherchons et que nous n'avons toujours pas trouvé. Cette sensation est plutôt croustillante.
Allez-vous continuer à confier vos compositions à d'autres remixeurs ? Qui sait ? Nous avons songé à remettre une partie de nos sons à une personne et voir si elle est capable de nous offrir une pièce d'une vingtaine de minutes ou une version remixée de la totalité de l'album. Nous ne sommes pas encore sûrs de le faire.
Y a-t-il un thème principal qui soutient ce nouvel album ? Si c'est le cas, ce thème est profondément caché quelque part dans l'ensemble de la musique et je ne suis pas capable d'en parler. Par contre, je peux vraiment souligner quelques éléments de ce disque comme la mer, l'espoir, la peur, le poids de l'attente, la culpabilité, les images qui prennent contrôle de nos esprits, les rêves qui persistent toute une journée, les images imprécises, les sensations que l'on ne comprend pas.
Mélodies claires et enfantines sont les genres d'adjectifs souvent utilisés pour décrire vos compositions. Êtes-vous d'accord avec ça ? Oui. En même temps je sens que nos mélodies sont en passe de devenir de moins en moins claires et de plus en plus imprécises.
La mélancolie tient-elle une place importante chez vous ? Oui parfois et cela peut devenir un élément très puissant.
L'intégralité de votre album sonne comme une session live. Comment créez-vous cet équilibre entre des éléments bruts et des arrangements sophistiqués ? Cela provient du fait que nous façonnons et nous mijotons nos morceaux pendant un long moment. Nous procédons à des ajouts, des retraits. Nous sommes même partis en tournée en plein milieu de la période d'enregistrement. Nous avons pu jouer chaque soir devant un public nos nouvelles compositions, ce fut une très belle expérience.
Êtes-vous surpris par l'accueil du public européen ? Nous sommes reconnaissants bien plus que surpris.
Nous autres les journalistes nous sommes souvent focalisés sur vos origines islandaises, mais ne pensez-vous pas que vous pourriez composer la même musique si vous étiez Japonais ou Français ? Oui, nous concevons les choses comme une musique personnelle qui touche l'intériorité des personnes. C'est plus une question de personne que des histoires de liens avec l'environnement, les montagnes. Nous aimerions réaliser un disque au Japon et en France, ça serait chouette. Les endroits magnifiques sont partout, nul besoin de chercher très loin. Il suffit juste de garder les yeux ouverts. |  |  |  | | |  | |
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