|  Propos recueillis en avril 2003
DERNIÈRE SORTIE : "Anxiety Always" |
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|  |   |  |        | | Par Carole Jay | | Photos Nicola Kuperus |
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|  | C'est après les expériences plutôt prometteuses de Artificial Material, Le Car (projets de Adam Lee Miller) et Plasma Co. (première mouture du groupe avec Nicola Kuperus) que naît Adult. en 1997. Après 6 ans d'existence, ce duo attachant commence enfin à se forger une petite réputation dans le monde fourre-tout de l'électro, autant grâce à son label Ersatz Audio, qu'à son style original, sans qui des formations comme Miss Kittin & the Hacker n'auraient sans doute jamais trouvé autant d'inspiration... À Detroit, il n'y a pas que des voitures, de la techno et du rock vintage, il y a aussi Adult.
Pourquoi avoir choisi d'intituler cet album "Anxiety Always" ? C'est un titre très personnel. Quand nous avons sorti notre premier CD, "Resuscitation", nous n'étions pas encore très connus et de ce fait nous n'avions aucune pression, mais au fil du temps, ce disque s'est vraiment très bien vendu pour un petit label underground comme le nôtre ; dès lors nous savions que nous allions être attendu au tournant et ça nous a vraiment rendu anxieux. Nous avons également dû planifier notre plus grosse tournée américaine en tant que tête d'affiche, 20 villes en 26 jours, alors que nous étions toujours en train de travailler sur l'album, ce qui a augmenté cette anxiété ! Et puis nous aimons beaucoup ce titre parce qu'il peut être utilisé pour plein de sujets différents, comme celui concernant l'état politique actuel dans le monde. D'ailleurs, nous voudrions nous excuser pour tous ces stupides Américains qui nous ont bien embarrassés dans leurs relations avec la France ces derniers temps. Nous pensons que la France est merveilleuse et nous ne partageons pas les points de vue de certains de nos compatriotes, ni leur stupidité. Quelles sont les principales différences entre "Resuscitation" et "Anxiety Always" ? "Resuscitation" n'était pas vraiment un album, mais une collection de nos quatre premiers maxis, "Anxiety Always" est notre véritable premier album. Nous l'avons réalisé d'une seule traite, de septembre à décembre 2002, en essayant d'unifier plus précisément les thèmes du début à la fin.
Je vous suspecte d'avoir intégré des guitares sur quelques morceaux pour agacer tous ceux qui vous assimilent à la scène electroclash... C'est un des avantages que nous a apporté l'emploi de guitares, mais ce n'est pas la raison pour laquelle nous les avons utilisées. La basse est le premier instrument d'Adam, il en jouait dans un groupe punk en 1986. Et puis il y en a déjà un petit peu dans "Resuscitation", sur des chansons comme Nausea, Skinlike et Contagious. Utiliser une basse nous permet d'écrire nos chansons d'une manière différente et d'évoluer tout en expérimentant de nouvelles choses.
Pratiquement aucun des artistes étiquetés electroclash ne s'en réclame. Il est sûrement très désagréable d'être intégré à une scène alors qu'on n'a rien demandé mais avec le temps, n'avez-vous pas peur d'y être forcément lié ? Ça ne serait pas grave d'être lié à une scène si cette scène était de qualité, basée sur l'expérimentation, la communication des idées, etc. Mais pour nous la musique "electroclash" est avant tout basée sur la mode, le sexe et la drogue... C'est en tout cas ce qui se passe ici, en Amérique. Est-ce que c'est la même chose en France ?
Je pense qu'ici les gens le prennent comme un simple courant musical, quand ils entendent "electroclash" ils pensent "électro + revival années 80". À ce propos, un des titres de l'album, Glue your Eyelids Together, sonne vraiment comme une reprise d'une chanson des années 80. N'avez-vous pas peur d'être accusés de piller cette époque ? Nous dirions en tout cas que c'est la chanson la plus pop de cet album, mais il n'y a rien de mal à piller les années 80. Il y a tellement de groupes qui se tournent vers le passé pour trouver leur inspiration. Les White Stripes pillent les années 60, le label DFA pille le post-punk de la fin des années 70, Madonna pille la techno et l'électro des années 90, etc. Il n'y a aucune honte à avoir de ce côté-là.
Pensez-vous que certains styles musicaux peuvent être intemporels ? Je pense que certains groupes peuvent l'être, mais pas les styles, car ils sont créés par les médias et la musique est créée par les groupes. Nicola, tu fais de la photo de mode, Adam tu es également peintre, est-ce que vous avez tous les deux étudié l'art ? Est-ce que ces activités sont pour vous aussi importantes que la musique ? Oui, nous avons tous les deux fréquenté la même école d'art à Detroit, qui s'appelle le "Center for Creative Studies". Adam : En ce qui me concerne, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour travailler sur mes peintures durant ces dernières années, mais ce n'est pas grave. Mes peintures étaient très géométriques et composées de logos, donc le design graphique du label me satisfait de ce côté là. Nicola : Oui ils sont tous les deux importants, mais je pense qu'en ce moment faire de la musique l'est plus pour moi que faire de la photo.
Nicola, tu a participé au prochain album des Chicks on Speed. Comment en es-tu arrivé à travailler avec elles ? Nous nous sommes rencontrées il y a très longtemps à Munich et l'on s'est toujours débrouillées pour rester en contact depuis lors. Ce sont des filles très cool qui ont plein de bonnes idées. Je pense que faire quelque chose avec elles était tout naturel, malheureusement je n'ai toujours pas entendu ce que donne la chanson terminée.
Est-ce que vous pensez que Adult. est maintenant plus connu grâce à toutes les contributions vocales de Nicola (Death in Vegas, Swayzak...) ou plutôt grâce à vos nombreux remixes ? Je pense qu'à chaque fois que quelque chose sort avec notre nom dessus, ça nous aide. Évidement, certaines collaborations sont plus efficaces que d'autres. Par exemple, la chanson de Death in Vegas sur laquelle Nicola chante (Hands Around my Throat -ndlr) est montée jusqu'à la 19e place dans les charts anglais, donc ça nous a beaucoup aidé. À côté de ça nous pouvons réaliser des remixes qui ne sortiront qu'en vinyl sur de petits labels indépendants, peut-être qu'on pourrait s'en passer mais ça nous donne autant de satisfaction.
Est-ce que vous aimez vraiment faire des remixes ? Nous en avons fait peut-être deux pour l'argent, mais la plupart du temps nous le faisons parce que nous aimons le groupe et que nous voulons être impliqués dans le projet. Mais depuis juin 2002 nous avons rejeté toutes les demandes car nous avions besoin de nous concentrer sur notre musique. Nous continuerons bien sûr à faire des remixes à l'avenir, mais seulement quelques uns par-ci par-là, pas autant que les 23 que nous avons réalisés jusqu'à maintenant.
Nicola, quand nous t'avons vue au Rex Club à Paris l'année dernière, tu donnais l'impression d'être enfin à l'aise sur scène. Je peux dire trois choses à ce propos. La première est qu'au fil du temps je me suis effectivement améliorée de ce côté-là. C'est un concept très étrange que d'être le "front man" dans un groupe, d'autant plus si c'est quelque chose que tu n'aurais jamais imaginé faire. Deuxièmement, je ne suis qu'un être humain, avec ses bons jours, ceux où tu te sens tout à fait sociable, et avec ses mauvais jours, ceux où tu serais bien content de rester chez toi... Et pour finir, je pense que si nous jouons dans un club sombre et enfumé, l'ambiance sera totalement différente de celle d'un festival en plein air. Il est beaucoup plus facile de se "donner" dans l'obscurité qu'à la lumière du jour.
Est-ce que ce n'est pas difficile de faire de la musique en tant que couple marié ? Vous devez parler travail 24/24h... Nous ne pensons pas que ce soit difficile, mais alors pas du tout. Quand nous voulons travailler sur notre musique, nous n'avons pas à planifier les dates de répétition, quand nous sommes en tournée nous découvrons le monde ensemble, ce qui est vraiment très, très bien. Et oui, nous parlons travail tout le temps, mais nous adorons notre travail. C'est tout de même beaucoup mieux que deux personnes qui détestent leur boulot et qui rentrent chez elles tous les soirs, chacune de leur côté et qui se plaignent à propos de combien elles détestent ce qu'elles font, et qui dînent et regardent la télévision parce qu'elles n'ont plus rien d'autre d'intéressant à se dire. Dernière question, est-ce que j'ai vraiment tort si je ne mets pas un point à la fin de votre nom ? Et bien pour nous si tu l'oublies c'est comme si tu orthographiais ton prénom "Carol", on peut trouver tous nos conseils grammaticaux à ce propos au bas de cette page : http://www.ersatzaudio.com/html/disco/ezcd26.html |  |  |  | | |  | |
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