Propos recueillis
en mai 2003

DERNIÈRE SORTIE :
"Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts"


SITE OFFICIEL :
www.ilovem83.com

LABEL :
www.labels.tm.fr
Par Delphine Payrot  
Photos D.R.  

Derrière ce nom de galaxie, se cache un jeune duo originaire d’Antibes, pratiquant une musique spatiale, à mi-chemin entre pop et électronique. Après un premier album éponyme paru en 2001 sur le label Gooom, M83 achève de conquérir son public en enchaînant les prestations scéniques. Sur scène, les guitares saturées se mêlent aux machines à sons pour nous entraîner dans un univers sonore très personnel. Le deuxième opus du combo voit le jour en 2003, après la signature d’un contrat de licence chez Labels. À quelques heures de leur passage à la Boule Noire, Anthony et Nicolas nous racontent leur parcours.

Comment est né M83 ?

On a commencé par jouer dans un groupe de rock influencé par Sonic Youth et Mogwai. On s’est petit à petit mis à l’électro et on a commencé à faire des maquettes que l’on a envoyées à quelques labels parisiens. On a finalement signé avec Gooom.

Qu’est-ce qui vous a motivé à passer d’une musique rock à une musique plus électronique ?
La musique électronique nous a ouvert de nouvelles portes. Elle permet de créer des sons que tu ne peux pas avoir dans un groupe de rock. À l’époque on écoutait énormément de musique allemande des années 70 comme Tangerine Dream. Des musiques assez planantes. Le premier album que l’on a sorti est plutôt ambient avec des morceaux plus longs que le second.

Qu’est-ce que vous utilisez comme instruments ?
Des synthés, des boîtes à rythmes, des machines à sons et des guitares. On n’est pas un groupe purement électronique. À l’avenir, on va essayer de rajouter de plus en plus de guitares et d’instruments acoustiques.

Vous venez de sortir votre deuxième album "Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts". Quel était le fil conducteur ?
L’idée était de faire des morceaux et de les agencer de façon à ce que cela forme un tout pour que tu puisses écouter le disque du début jusqu’à la fin, sans t’arrêter sur un morceau en particulier. On a essayé de créer un album qui soit une véritable entité.

D’où proviennent les voix sur l’album ?
À la base tous les titres étaient instrumentaux mais il y en avait qui se prêtaient plus que d’autres à des voix. On ne chante pas nous-même, les voix sur les morceaux sont le fruit d’une collaboration avec d’autres artistes : Cyann & Ben du label Gooom, Villeneuve et ses chanteuses. Montag, également du label Gooom, a participé aux arrangements de cordes sur certains morceaux. On a essayé de travailler en famille.

Comment définiriez-vous votre musique ?
C’est un peu un mélange de toutes nos influences, la scène Krautrock allemande des années 70, la musique noisy et la musique pop. On a fait un mix de tout ça, en essayant de trouver un son qui nous était personnel. On est plus inspiré par des vieux groupes que par la scène actuelle. D’ailleurs on n’écoute pas tellement de musique électronique.

Comment construisez-vous vos morceaux ?
C’est une démarche assez intuitive. Tout part d’une base mélodique et chacun ajoute ensuite ses pistes. C’est une création très naturelle et spontanée.

À quoi ressemblent vos prestations scéniques ?
On essaie de faire une version un peu différente de celle du disque mais il n’y a pas vraiment d’improvisation. Pour notre concert de demain, il y aura en plus des guitares et des claviers, un batteur et un bassiste.

Avez-vous fait beaucoup de scène ?
Oui, pas mal. On s’est produit au festival Aquaplaning, il y a deux ans, la Route du Rock, le festival Sonar à Barcelone l’année dernière, le Printemps de Bourges... On a fait quelques dates en France, des premières parties, dont quelques salles parisiennes. On est aussi allé jouer à Montréal. Le concert de demain, à la Boule Noire est le premier concert où nous sommes en tête d’affiche.

Vous êtes toujours basés à Antibes?
Oui. Le fait d’être dans le sud nous permet de prendre du recul. Il faut dire que là-bas, il n’y a pas vraiment de scène électronique ou rock.

Quels sont vos projets à venir ?
Pour le moment on va se consacrer au live. Cet été on a prévu beaucoup de festivals. On va aussi partir à l’étranger, en Europe essentiellement.
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