Propos recueillis
en janvier 2004


DERNIÈRE SORTIE :
"Words Once Said"


SITE OFFICIEL :
celluloide.online.fr

LABEL :
www.boredomproduct.online.fr
Par Bertrand Hamonou  
Photos D.R.  

Après une pléthore de reprises toutes aussi inattendues et réussies les unes que les autres, les Français de Celluloide sortent ces jours-ci leur deuxième album, "Words Once Said". Malgré le mystère qu’ils entretiennent quant à leur véritable identité, ils nous confient les secrets de leur son si délicieusement rétro et identifiable.

Ce qui est à la fois marquant et touchant chez Celluloide, c’est avant tout l’utilisation de tous ces sons qui rappellent le "Speak and Spell" de Depeche Mode ou encore le "I Say I Say I Say" d’Erasure. Utilisez-vous des synthés "vintage" comme ceux utilisés au début des années 80 (Moog Prodigy, Roland Jupiter-4 et autres boîtes à rythmes Big Muff), ou tous ces sons proviennent-ils de matériel récent ?
Patryck Holdwem :
Oui, nous utilisons principalement des machines "analogiques". En fait le terme "vintage" est assez récent. Il est souvent utilisé pour se prévaloir d'une certaine légitimité.
Member u-0176 : C'est amusant que tu cites ces deux albums. Evidemment Vince Clarke est une référence pour notre son, et je considère que des titres comme Always ou All Through the Years sont des sommets dans le son pop électronique. Ta remarque est assez flatteuse pour nous.

Pourquoi ce parti pris d'utiliser des sons un peu rétro depuis le début de Celluloide ?
Patryck Holdwem :
Au début nous voulions refaire de la musique que nous aimons écouter, mais en essayant d'apporter quelque chose de nouveau.
Darkleti : Ce son typique du début des 80's a été assez vite abandonné par les maîtres du genre comme Depeche Mode, Soft Cell ou encore OMD.
Member u-0176 : C'est un peu dommage, car c'est probablement en quittant ce son que ces groupes on perdu beaucoup de leur intérêt. Nous pensions en quelque sorte que ce style n'avait pas été suffisamment exploité.

Savez-vous comment votre son va-t-il évoluer par la suite ?
Patryck Holdwem :
Oui, plus ou moins... Nous avons déjà pensé à faire évoluer notre musique vers un son plus lourd, plus moderne, mais nous ne voulons pas encore en dire trop.
Darkleti : Peut-être un peu plus dans l'esprit de groupes comme Melotron, avec des bases plus EBM.

Comment expliquez-vous l’engouement pour une électro pop un peu rétro et minimaliste, portée par un chant féminin, comme la vôtre ou celle de groupes comme Client, Asche, le dernier Goldfrapp, etc ?
Member u-0176 :
Je suppose que si nous avons senti ce besoin de rappeler ces sonorités rétro, il est probable que ces groupes l'aient ressenti aussi.
Patryck Holdwem : C'est peut-être une question d'âge et de génération.
Darkleti : Quand nous avons commencé Celluloide, nous n'avions aucune volonté d'appartenir à ce mouvement "revival". Au contraire, nous nous inscrivons plutôt dans la continuité de groupes synthpop des 90's comme Elegant Machinery, SPOCK ou encore Second Decay.

Concernant le "Naphtaline EP" qui est constitué de reprises de The Cure, Lush et autres Dead Can Dance, comment s’est opéré le choix des chansons ?
Darkleti :
Nous avons choisi des groupes qui n'étaient pas électroniques à la base. Ensuite, nous avons pris dans ces groupes majeurs des morceaux que nous aimions particulièrement. En fait, nous avions choisi d'autres titres encore, mais nous n'étions pas complètement satisfaits du résultat. Il se peut que nous les re-enregistrions plus tard.
Member u-0176 : Nous avions repris Alice des Sisters of Mercy en concert, et la réaction du public avait été positive. C'est vrai que c'était assez inattendu de notre part, et c'est justement ce qui était intéressant car il fallait s'approprier ces morceaux.

Et pourquoi en avoir fait un EP "virtuel" en téléchargement gratuit sur votre site ?
Darkleti :
Nous ne voulions pas commercialiser un album de reprises. Nous les avons faites sans but précis, puis nous avons décidé de les offrir pour faire patienter avant le nouvel album.

Vous avez enregistré ces reprises dans des registres très divers, de Lio à Sisters Of Mercy en passant par Lush ! Y en a-t-il d'autres que vous n'avez pas encore sorties, et allez-vous continuer à en faire ?
Darkleti :
Oui, il y a les titres que nous n'avons pas gardés pour "Naphtaline", mais il y a aussi d'autres morceaux, dont certains vont peut-être sortir sur des tributes.
Member u-0176 : Il n'y pas de raison d'arrêter de faire des reprises, tant que nous nous amusons à les faire. C'est une sorte de récréation pour nous. Nous sommes libres d'essayer de nouvelles sonorités et de faire des tests de mixage.
Patryck Holdwem : Et puis c'est un travail intéressant d'adapter des morceaux connus à notre propre style.

Concernant Amoureux solitaires de Lio, est-ce une façon de revendiquer une identité "variété française", ou de confirmer l’impression de légèreté qui se dégage en écoutant "Words Once Said" ?
Member u-0176 :
En fait, c'est le coté punk de ce morceau qui nous a séduit. Il y a quelque chose de décadent dans les textes et dans la ligne de basse. Il n'y a rien d'étonnant d'ailleurs, puisque la version originale avait été enregistrée par les Stinky Toys.
Darkleti : Et puis c'était un indice, car le premier titre de "Words Once Said" est lui aussi en français.

Vous avez aussi repris de manière plutôt étonnante et réussie le Somebody de Depeche Mode, sur la compilation française "Children of Depeche Mode : French Tribute". Comment vous est venue cette idée de mélanger Somebody avec Photographic ?
Member u-0176 :
Nous ne voyions pas trop l'intérêt de refaire un titre de Depeche Mode, du point de vue électronique, ça n'aurait rien apporté. Du coup nous avons choisi un morceau qui n’est pas électronique. Ensuite nous avons voulu l'adapter à ce qui se rapproche le plus de Celluloide dans Depeche Mode, c'est à dire "Speak and Spell". Photographic étant le morceaux le plus illustre de cet album, ça nous a semblé évident.
Patryck Holdwem : Je trouvais aussi très intéressant d'accélérer un morceau lent, sans en dénaturer l'esprit.

La plupart des chansons de votre dernier album auraient pu être enregistrées n’importe quand entre 1980 et aujourd’hui. Est-ce là le but de votre travail, créer quelque chose de presque intemporel ?
Patryck Holdwem :
Ce n'est pas le but recherché, mais l'idée d'intemporalité n'est effectivement pas déplaisante. D'un autre côté, nous ne revendiquons pas non plus de nostalgie des années 80.
Darkleti : Et puis même si le son de nos deux premiers albums est assez "classique", il est plus que probable qu'il y aura une nette évolution à l'avenir et un son plus moderne, sans trahir l'esprit synthpop.

Il y a sur vos disques des chansons en français et d’autres en anglais. S’agit-il d'une volonté de revendiquer votre identité française, un peu comme le faisaient les groupes de touching pop comme Little Nemo ou Asylum Party au début des années 90 ?
Patryck Holdwem :
En fait, il n'y a qu'un seul titre complètement en français. C'était plutôt une tentative pour écrire un texte en français, qui ne sonne pas comme ce qu'on connaît, avec des mots plutôt inhabituels. C’était un peu comme un exercice.
Member u-0176 : Nous sommes français, c'est un fait. Nous n'avons aucune raison de nous priver de cette langue, si nous pensons qu'elle est adaptée au morceau. En plus, de cette période touching pop, je ne retiens que Sunset de Mary Goes Round, qui eux ne chantaient quasiment qu'en anglais.
Darkleti : Nous écoutons beaucoup de groupes allemands et suédois qui chantent dans leur propre langue, et c'est aussi ce qui nous a donné envie de nous essayer au français.

Pensez-vous que votre musique peut se transposer sur scène, ou est-elle au contraire plus efficace sur disque ?
Darkleti :
L'intérêt des lives, c'est que nous tenons beaucoup à proposer des versions un peu différentes et adaptées aux concerts. Les mélodies sont jouées, et il ne s'agit pas de venir écouter les chansons de l'album comme si on passait un CD.
Patryck : C'est une réelle performance, avec un public qui réagit. Bien sûr nous avons une bande qui tourne car nous ne pouvons évidemment pas tout faire, mais comme nous sommes trois, ça nous laisse la possibilité de jouer pas mal de choses.

Des titres comme I Stay With You ou encore I Missed You sont remarquables d’efficacité et semblent pourtant très "simples". Comment composez-vous les titres de Celluloide ?
Patryck Holdwem :
Merci d'avoir cité les miens en priorité ! Ce qui est amusant c'est que ces deux titres n'étaient pas prévus pour Celluloide. Mais en réalité, ils étaient beaucoup trop dans l'esprit de "Words Once Said" pour ne pas les prendre.
Member u-0176 : En fait, nous n'avons pas de manière précise de travailler. Parfois l'un de nous arrive avec un morceau tout prêt, d'autres fois nous travaillons ensemble sur une mélodie de base, puis nous intégrons les textes de Darkleti. Il arrive aussi que nous retravaillions complètement un morceau apporté par l'autre pour en faire une nouvelle chanson.

On ne sait que très peu de choses sur les membres de Celluloide. Est-ce volontaire, afin de laisser plus de place à la musique ?
Patryck :
C'est pour laisser plus de place aux fantasmes des fans...
Darkleti : Nous suivons l'exemple de Kraftwerk.
Member u-0176 : Et surtout, quel est l'intérêt d'en savoir plus sur nous. Ca n'intéresse personne ; d'ailleurs personne ne nous pose jamais de question sur notre vie privée.
Patryck : Et ce n'est pas plus mal.

"Words Once Said" va-t-il subir le même traitement que "Naive Heart", dont chaque titre avait été retravaillé ?
Darkleti :
Non. Il s'agissait d'un concept unique pour le premier album, un exercice expérimental. Pour "Words Once Said" il existe aussi une version limitée, mais cette fois, les cent premières copies du CD vendues sur notre site web offrent une carte de membre avec un mot de passe permettant d'aller télécharger des titres bonus en mp3.
http://www.premo.fr
http://www.premonition.org
http://pages.premonition.fr