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| Nick Cave and the Bad Seeds | |
|  | | Dig!!! Lazarus, Dig!!! | |
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|  | | Soyons honnêtes : malgré l'admiration que nous avons pour Nick Cave depuis au moins vingt ans, et malgré ses prestations live toujours enthousiasmantes, son numéro de crooner avachi sur son piano et son manque flagrant d'inspiration avaient fini par avoir raison de notre indulgence ces dernières années. Disons que depuis l'ennuyeux "The Boatman's Call" (certains remonteront même jusqu'à "Murder Ballads"), on n'était plus guère excités par les disques des Bad Seeds. En dépit de quelques bons moments, il manquait toujours à ces albums l'intensité, la fièvre, la rugosité et l'atmosphère hantée qui rendaient "Tender Prey" ou "Henry's Dream" si puissants. L'an dernier, pourtant, le très bon album éponyme de Grinderman avait redonné un peu de baume au cœur à tous les nostalgiques de Birthday Party, à travers une série de titres torturés, électriques et convulsifs comme on n'en avait plus entendu chez Cave depuis belle lurette. Sans doute dopé par cette salvatrice expérience, le "vieux Nick" revient avec le meilleur album des Bad Seeds depuis la fin des années 90. Sans atteindre les sommets de Papa Won't Leave You, Henry ou From Her to Eternity, les onze compositions de 'Dig!!! Lazarus, Dig!!!' évitent néanmoins le piège de la ballade mielleuse ou de la chansonnette rock sans saveur, pour offrir des atmosphères un peu plus tendues et enlevées que précédemment. Même si les mélodies sont globalement pop, et que les atmosphères sont parfois plus lumineuses qu'à l'accoutumée, quelques incartades soniques, voire limite industrielles -comme sur les très bons Night of the Lotus Eaters, We Call Upon the Author ou Midnigth Man- ainsi que le phrasé plus déclamé que chanté de Nick Cave, nous rassurent sur sa santé musicale. Même les titres plus lents, comme Hold On to Yourself ou Jesus of the Moon, sont suffisamment denses et bien écrits pour nous toucher profondément. Au final, "Dig!!! Lazarus, Dig!!!" est prenant de bout en bout, souvent exaltant et inspiré, et en tout cas jamais ennuyeux. Et ça faisait des années que l'on ne pouvait plus dire cela d'un disque de Nick Cave ! |  | | Christophe Lorentz |  |
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|  | | Untrue | |
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|  | | Burial est un ovni qui nous vient d'Angleterre. Ovni, car personne ne sait très bien qui est cet anonyme solitaire qui réussit à charmer tant de monde avec "Untrue", son second album. La musique et la démarche de Burial ont quelque chose de magique, quoique difficiles à cerner. L'Anglais découpe -avec des logiciels que l'on imagine d'une simplicité enfantine- d'obscures disques que l'on a tous l'impression de connaître, afin d'en insérer de minuscules échantillons dans ses créations vagabondes, pour un résultat grandiose sans aucune surcharge inutile, tout en tact et retenue, comme de minuscules coups de pinceau tout juste perceptibles. Armé d'ingéniosité et d'une quantité impressionnante de bonnes idées, "Untrue" fait partie de ces disques qui impliquent l'auditeur tout au long de l'écoute, délivrant un flot continu de mélodies plus souvent suggérées qu'imposées. Puisant à la fois dans l'électro minimale et le dubstep allégé, cet album à la pochette triste et belle est en fin de compte un véritable rayon de soleil matinal pour les oreilles, rafraîchissant et pourtant réellement nébuleux. "Untrue" n'est pas tellement différent de son précédent album éponyme déjà sorti en 2006 sur le jeune label spécialisé londonien Hyperdub, mais possède indéniablement la marque de fabrique d'un artiste avec lequel il va désormais falloir compter. Si son précédent opus pouvait être la bande-son d'une errance nocturne au coeur d'une métropole endormie, celui-ci en serait le prolongement jusqu'au premier rayon de soleil du matin. Recommandé. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  | | Tohuvabohu | |
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|  | | Vu la régularité avec laquelle KMFDM sort ses productions (un album tous les deux ou trois ans, sans parler des compilations, lives, EP, remixes, etc.), et sa constance en ce qui concerne le visuel et le travail sur la qualité globale, il serait tentant de dire que le groupe n’évolue guère et propose finalement la même chose à chaque fois, sous un packaging à peine différent... Mais, au final, une écoute un peu attentive révèle au contraire que Sascha et sa bande explorent, dans chacun de leurs disques, différentes palettes de sons et de styles, tout en conservant leurs spécificités et une grande cohérence. La preuve en est que, si l’on ne s’ennuie pas une seconde à l’écoute des 11 titres de ce "Tohuvabohu", ce n’est pas parce que KMFDM accélère sans cesse le rythme ou balance des guitares brutales à tout bout de champ ; c’est au contraire parce que le groupe germano-américain dévoile à nouveau toute l’étendue de son talent, qui va de la pure agression électro-punk à des mélodies pop/trip-hop musclées (portées par la voix féline de Lucia), en passant par du disco trash (la solide reprise du Los Ninos Del Parque de Liaisons Dangereuses) ou du rock industriel pur jus. Sans jamais abandonner ses éléments de base, KMFDM parvient toujours à retenir l’intérêt, voire à surprendre, incorporant subtilement de nouvelles sonorités sans risquer de décevoir ses fans. Et tout le monde ne peut pas en dire autant après vingt-quatre ans de carrière... |  | | Christophe Lorentz |  |
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|  | | Rosary | |
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|  | | Dans les années 80, Parade Ground faisait danser le parterre bruxellois sur des tubes new wave, élégantes conjonctions de rock et de techno-pop qui n'avaient rien à envier aux fredaines de New Order ou Section 25. Il faut signaler que la capitale belge était liée historiquement à la Factory de Manchester, ceci explique sans doute cela. Une poignée de maxis, un album, des collaborations avec Colin Newman (Wire), Bruno Donini (Siglo XX, Trisomie 21), Daniel Bressanutti (Front 242), Gilles Martin (Tuxedomoon, Minimal Compact), des radios européennes (souvenez-vous Oüi Fm) qui jouaient Strange World, Gold Rush et puis, plus rien. Un silence de vingt ans s'est écoulé entre la sortie du dernier disque des frères Pauly et ce "Rosary". Un retrait mystérieux de la scène un temps rompu par l'écriture du "Up Evil" de Front 242 en 1993. Pourtant, Pierre et Jean Marc Pauly n'ont jamais abandonné la composition comme en témoignent les trente titres qui constituent la bande originale de "Rosary". Passé le choc d'une première écoute, cet ultime cri dévoile toute l'intensité de son propos. Il n'est plus question ici de pop, ni de dance. Les structures traditionnelles ont volé en éclats. Ainsi, les tessitures suffocantes, à peine caressées par le falsetto de Jean Marc Pauly et les traitements électroniques de Patrick Codenys de Front 242, retentissent telle une complainte. On pourrait fuir face à ce poème violent, effrayé par la peinture d'un univers mental meurtri, cependant la fascination prend le dessus. Le magma développé sans fioriture évoque la radicalité des Swans, la noirceur spirituelle de Coil et la douleur que vomissait Antonin Artaud. Parade Ground publie un disque essentiel, son propre théâtre de la cruauté. Attendrons-nous encore 20 ans pour le suivant ? |  | | Anthony Augendre |  |
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|  | | The Last Days Of Rome | |
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|  | | La sortie d'un nouvel album de Snog est toujours un petit évènement. Déjà, grâce à sa pochette, car, il faut le préciser, l'association systématique de David Thrussel aux peintures de Chris Woods est un choix dont on ne se lasse vraiment pas, et qui est maintenant devenu indissociable de chacune de ses productions. On est donc ici, comme à l'accoutumée, en confiance et prêt à faire une nouvelle incursion dans l'univers déjanté, mais pourtant clairement balisé, de l'Australien. Mais finalement,"The Last Days of Rome" augure un virage inattendu qui éloigne David Thrussel de la voie dans laquelle il avait lui-même tracé de superbes ornières. L'ambiance est moins électronique que jamais, tout au moins son utilisation est on ne peut plus classique, donnant à l'ensemble du disque une couleur plus "rock", avec des sonorités de guitares, électriques ou acoustiques, omniprésentes, un ton plus classique, les habituelles ambiances folk glissant vers des choses parfois plus country. David ne lâche par contre pas prise en ce qui concerne les textes de ces "Derniers jours de Rome" aux couleurs australiennes, toujours fortement imprégnées de conspirationnisme et d'anti-consumérisme, à un degré dépassant parfois toute raison. Même si quelques titres (Vaguely Meloncholic, Christmas Everyday...) se dégagent de la vingtaine que compte l'album, on a malgré tout au final un petit sentiment de déception, comme si ce "The Last Days of Rome" était le fruit d'un nouveau side-project du garçon, une sorte de lubie finalement pas assez aboutie. |  | | Christophe Labussière |  |
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|  | | Epoch | |
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|  | | On a rarement entendu un son à la fois si ample et si précis, bourré de détails et pourtant incroyablement volumineux. Et c’est le travail d’une seule femme, l’Américaine Rachel "Rocktard", authentique surdouée dès lors qu’il s’agit de créer et d’associer des rythmes et des ambiances en accord parfait. Son travail méticuleux aboutit donc à cet album instrumental impeccable et 100% électronique, visitant drum’n’bass, break beat et ambient sans jamais lasser l’auditeur. Tonikom avoue être influencée par des formations aussi prestigieuses que Meat Beat Manifesto, Underworld, The Orb, Leftfield, Front Line Assembly, Fluke, Download et Coil, et nous ne pouvons que la croire sur parole. Mieux : nous serions tentés d’en rajouter d’autres comme les regrettés Gridlock. "Epoch" est le genre d’album que l’on aimerait faire écouter à tout son entourage pour en faire son principal sujet de conversation et ainsi trouver une raison de l’écouter rien qu’une fois de plus. Tout y est judicieusement calculé, depuis les nappes mélancoliques jusqu’aux boucles drum’n’bass voire complètement aléatoires comme sait les créer cEvin Key au sein de Download. Déjà responsable d’une poignée de CDs autoproduits sous le sobriquet de Tonik, la New-yorkaise passait à la vitesse supérieure en 2006 avec l’album "Tonikom Killed Tonik" : mourir pour renaître encore plus vive. C’est aujourd’hui chose faite avec "Epoch", concentré d'excitant et de sédatif dans une même pilule, et qui s’impose très simplement comme la surprise de la fin de l’année passée. À découvrir absolument. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  |  |  |  | |  | Les disques de Ben Fitton, alias This Unique Museum, se suivent et se ressemblent beaucoup, depuis leur titre jusqu'à leur contenu. Chapter One: A Catalogue of Madness & Melancholy [SkyEyeSea], qui porte très bien son nom, fait suite à "A Collection of Short Stories" (2006) et rassemble la même ambiance très intimiste et son lot de titres à rallonge qui mettent en scène le poids du monde que le jeune anglais porte sur ses épaules. Un poids qui devrait s'alourdir à chaque saison puisque "Chapter Two: Caught Between the Devil and the Deep Blue Sea" est déjà annoncé pour ce printemps. Les chapitres suivants seront composés de titres sélectionnés par les fans de cette pop mélancolique acoustique doucement électrique depuis le site www.thisuniquemuseum.com.
Après un retour inespéré avec leur plus bel album en 2003 ("Sensor"), Camouflage s'offre un petit retour en arrière avec la double compilation Archive #1 [Polydor/Universal]. De conclure qu'une suite est à venir est peut-être prématuré, toujours est-il que si le contenu n'attirera pas forcément les fans qui possèdent déjà tous les maxi-singles, il reste cependant un témoignage fidèle de l'histoire de ce groupe toujours aussi populaire auprès des amateurs de synthpop de qualité. Piochant dans leur collection de maxis officiels, promos ou mystérieux collectors jamais publiés, Heiko Maile a réuni vingt-six titres parmi la quantité de remixes et faces B que le groupe a pu enregistrer depuis The Great Commandment en 1988. Même s'il eut été de bon ton d'inclure Pompeji, leur première face B, il faut bien admettre que le choix a certainement été difficile bien que les singles extraits de "Relocated", leur dernier opus, aient été purement et simplement rayés de la liste. Après tout, ils sont peut-être prévus au menu d'"Archive #2".
Darrin Huss aime brouiller les cartes et proposer une discographie en forme de jeu de piste. Celui qui commença sa carrière avec Psyche il y a plus de vingt sous le pseudonyme de Evan Panic utilise aujourd'hui son nom complet Darrin Campbell Huss pour publier son premier EP solo intitulé Radio Melancholia [Psyche Enterprises]. On n'est pas si loin de ses récents travaux avec Lounge dont il reprend ici Sunday Afternoon, ainsi qu'une version éthérée du Heaven in Pain de Psyche. Trois élégants et reposants inédits viennent compléter ce que l'on perçoit comme le début d'une nouvelle ère pour le chanteur. À quand l'album ?
A Home [Quantico Records/Believe Digital] est le déjà troisième album de Kuta, le projet solo de Sébastien Pietrapiana. Si son premier album éponyme de 2000 nous avait laissé un agréable souvenir, ce nouvel opus -sans doute plus réfléchit, plus mûrit, mais moins passionnant aussi- n'aura pas l'effet escompté. Il s'agit certainement d'un tournant dans la carrière de l'ex-chanteur de Corpus Delicti qui a réussi à faire participer Mike Garson, le pianiste de David Bowie sur plusieurs titres, mais cet album si personnel trouvera difficilement une place dans nos coeurs. Dommage. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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