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|  | | Stir The Blood | |
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|  | | Quand sort en 2005 le premier album éponyme de The Bravery, il est alors difficile de ne pas reprocher au groupe son utilisation abusive de tous les clichés du genre... jusqu'à ce qu'on s'enthousiasme finalement sans retenue pour leurs mélodies parfaites et leur énergie débordante. Des clichés, peut-être, mais d'une rare efficacité. Et puis, il y a eu un deuxième album, "The Sun and The Moon", grosse déception, sans vie et sans émotion, à mettre vite fait au panier. On s'est alors dit que c'en était fini de The Bravery. C'est dire si ce "Stir The Blood" est une surprise. On aurait même pu passer à côté, s'y plonger avec réticence, se demandant s'ils allaient s'enfoncer dans la médiocrité, comme l'ont fait avant eux les Killers et leur new-wave néo-hippie boursouflée. Mais dès les premières notes de ce disque, quelle claque, les cinq New-Yorkais ont retrouvé l'inspiration des débuts, et ils sont même allés plus loin : encore plus de clichés, et encore plus d'efficacité. La basse "hénaurme", les synthés, les gimmicks des séquenceurs, et même la voix, qui pourrait faire penser à un Robert Smith très énervé, tout ici est fait pour vous secouer le corps et le cerveau. Comment résister à des morceaux comme Hatefuck, Song for Jacob ou I Have Seen the Future sans avoir une envie irrésistible de se mettre à danser, comment ne pas chantonner ces mélodies toute la journée ? The Bravery est comme un sachet de fraises Tagada : une fois qu'on en a mangé une, on ne peut plus s'arrêter et il faut finir le paquet. Mais là c'est encore mieux, parce que le paquet, on peut le remplir dès qu'il est fini et réécouter ainsi en boucle, encore et encore, ces onze morceaux qui n'auront pas fini de vous obséder dès que vous y aurez jeté une oreille. |  | | Frédéric Thébault |  |
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|  | | Controlling Crowds Part IV | |
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|  | | Quelle surprise ! À peine plus de six mois après la sortie de "Controlling Crowds Parts I-III", Archive fait le coup du deuxième album dans la même année. Pas de remixes à l’horizon, pas même un concert "unplugged" et encore moins un disque live, c'est bien un véritable album de onze titres que le groupe a décidé de nous offrir. Réalisé avec le même personnel que pour les parties I à III (Maria Q., Dave Pen et Pollard Berrier alternent au chant), cet ultime assaut reprend les choses où elles s’étaient arrêtées. Tant et si bien que l’on se demande finalement pourquoi ce poids lourd n’est pas sorti sous la forme d’un double CD dès sa sortie en mars 2009, car il ne fait aucun doute que ces "nouveaux" titres furent enregistrés tout de go avec ceux livrés au printemps. Il y a très certainement un savant plan marketing derrière tout cela, mais après tout, peu importe, ces sorties différées ont permis de distiller et de digérer les excellentes compositions contenues sur ce monument qu’est désormais "Controlling Crowds", en plus d’être un pied de nez aux détracteurs qui disaient le groupe fini depuis le départ de Craig Walker, parti lancer sa carrière solo avec l’aide de Bardi Johannsson (Bang Gang, Lady & Bird). Après, il est vrai, une traversée du désert (le plutôt moyen album "Lights" en 2006), Archive semble avoir trouvé une formule et une compagnie créative que rien ne semble pouvoir arrêter en ces temps où cette rivalité renforcée avec UNKLE et Massive Attack a tout de passionnant. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  | | Compass | |
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|  | | Difficile de faire mieux. On le savait d'ailleurs depuis longtemps maintenant, depuis presque dix ans. Tom Shear, comme Ronan Harris de VNV Nation, fait partie de ces petits génies de l'électro indus, baptisée autrefois "future pop", qui ont savamment digéré tout ce qui faisait de mieux dans les années 80 et 90, entre Depeche Mode et Front 242. Le grand Tom, seul aux commandes de son studio de Seattle, remet tous les deux ans environ les pendules à l'heure pour rappeler qui est le patron en la matière. Et à chaque fois l'on se dit que son nouvel album est encore meilleur que le précédent. "Compass" n'échappe pas à cette règle, bien au contraire, le disque regorgeant de morceaux de bravoure, le plus souvent ultra-rythmés, aux mélodies accrocheuses à souhait, à l'instar de Smoke qui ouvre le bal, et de Greed qui pousserait presque à la crise d'épilepsie. La nouveauté 2009 est sans aucun doute l'utilisation de quelques rythmiques purement techno, qui pourtant trouvent une place remarquable au sein de morceaux électro, comme sur Collapse ou le single Spark. Impermanence permet à Tom Shear de replonger dans des sonorités bien eighties, mais qui là encore s'adaptent parfaitement à ses mélodies, et Leave This All Behind, Alive ou Angels & Demons (avec ses subtils samples de guitare) laissent entrevoir le grand potentiel pop d'Assemblage 23, bien au-delà du seul registre électro. How Can You Sleep? et The Cruelest Year sont les deux hits "calmes" de l'album, avec des refrains parfaitement inoubliables et des textes bien écrits, qui font d'une certaine façon penser aux meilleurs titres d'Iris. Au total, "Compass" s'impose comme un nouvel album incontournable, et on peut se demander où ce génial musicien va bien pouvoir s'arrêter. On ne peut que lui adresser un immense "Chapeau !" ! |  | | Stéphane Colombet |  |
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|  | | The Golden Thread | |
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|  | Nous possédons en France un nombre certain de labels aux productions originales, dépaysantes ou décalées. C'est le cas, par exemple, de ATRDR à Pau, Effervescence à Nantes ou Ici d'Ailleurs à Nancy, et, Prikosnovénie, basé à Clisson près de Nantes, s'inscrit également dans cette optique singulière, diablement attrayante. Ce troisième album de Stellamara, Américains oeuvrant dans un registre orientalisant, porteur d'effluves balkaniques, ou encore turques ou indiennes, constitue l'un des exemples les plus enivrants et élégants de l'orientation de ce "label des musiques sensibles", comme il s'auto-définit très justement. En effet, il se dégage des neuf titres exécutés par Stellamara sur cet opus une beauté semblable à celle des paysages qu'elle évoque : majestueuse, tourmentée, bigarrée, forte d'un caractère affirmé et incitant autant à la danse qu'à l'introspection. Virtuoses, mais aucunement démonstratifs, les musiciens élaborent des vignettes sonores de toute beauté, dont Yemen Turküsü au violon magnifique, et parviennent à séduire sur la durée, comme sur Odam Kireç ou Element, qui dépassent la dizaine de minutes. En outre, la richesse du panel instrumental, et la sobriété de l'usage qui en est fait, permettent à Sonja Drakulich, chanteuse à l'organe vocal garantissant un voyage musical sans fin, d'y trouver le plus beau des habillages musicaux. Et si notre préférence va à Miskolc remuant et gentiment saccadé, c'est ici l'intégralité du rendu qu'il importe de mettre en avant, dont ce Prituri se Planinata haut perché, débarrassé ou presque de tout apparat instrumental. Une réalisation magnifique, à l'image du catalogue Prikosnovénie, et irrémédiablement captivante. |  | | William Dumont |  |
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