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|  | | Immortel | | [Hau Ruck!/Tesco Organisation] | |
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|  | | Elles sont pour le moins malignes les mélodies sur lesquelles est construit "Immortel". Les définir comme addictives laisserait à peine entrevoir leur portée véritable. Pourtant loin d'être évidentes, elles parviennent en un tournemain à s'installer pour ne plus jamais lâcher l'auditeur. Des mélodies entêtantes qui cohabitent harmonieusement avec une ambiance froide, qui, lorsqu'elle se laisse apprivoiser, sait devenir rassurante. Avec ce nouvel album de Dernière Volonté, Geoffroy D. est sur le chemin de la rédemption, comme s'il souhaitait se racheter de ses péchés d'antan. On est ici bien loin des expérimentations industrielles et des affections martiales qui caractérisaient jusque-là le projet Dernière Volonté : le ton est plus proche d'une pop synthétique, et les obsessions du passé n'apparaissent aujourd'hui qu'en filigrane, comme de simples relents, maintenant sereins, judicieusement disposés en arrière-plan, protecteurs, et autorisants Geoffroy à s'embarquer aujourd'hui dans une nouvelle voie bien plus fréquentable. Une très très belle surprise. |  | | Christophe Labussière |  |
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|  | | Void(); | |
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|  | | Les albums d’Access to Arasaka sont énigmatiques. Énigmatiques et beaux. L’Américain a en effet inventé tout un univers de science-fiction autour de la beauté des mathématiques, et l'a basé sur l’esthétique du code des programmes informatiques. Non seulement Rob Lioy s’inspire-t-il des algorithmes, mais aussi se nourrit-il de toute la rigueur nécessaire à ce que les programmes ne plantent jamais. "METAX", "Oppidan" et aujourd’hui "Void();" sont des albums qui ne laissent aucune place aux erreurs ni à l’improvisation, tout y est minutieusement calculé, un peu à la manière de ce que fait Proem, un autre super calculateur. À y regarder de plus près, les titres sont eux-mêmes suffisamment éloquents : array[0..8191], syslog_ident ou encore sys.argv[1:]. En tout, seize morceaux énigmatiques que votre ordinateur personnel est peut-être le seul à pouvoir déchiffrer. Si l’on devait rajouter une dose de référence à la définition de la musique d’Acces to Arasaka, il faudrait sans aucun doute citer Gridlock dans leur période "Formless. Les mélodies ne sont certainement pas évidentes, mais la vérité est ailleurs : la musique d’Access to Arasaka demande une immersion totale de la part de son auditeur. Mieux, elle lui demande une participation active. Comme ses prédécesseurs, "Void();" requiert une implication, un abandon complet à ces rythmes triturés et ultra serrés, à ces séquences qui tournent, escaladent les partitions, s’arrêtent puis repartent de plus belle. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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Berceuses et légendes de Brocéliande | |
|  | | Compilation | |
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|  | | Le label nantais Prikosnovénie a pour lui l'éclectisme et le goût pour une certaine originalité. Celle-ci caractérise ce livre-CD qui offre quatorze chansons apaisantes, d'obédience celte, et de provenances diverses, entre Autriche et Canada en "bifurquant", entre autres, par l'Australie et la Moldavie. Purs, sobres et incitant à l'introspection, les titres servent de bande-son à une série de petites histoires poétiques, destinées à tous et joliment illustrées. L'envoûtement naît de ces chants graves ou plus enjôleurs, de ces sonorités trouvant leur source dans un passé déjà "daté", et de l'association entre le livre et la musique, qui à eux deux créent un petit monde unique. La seule réserve à apposer à ce bel ouvrage tient dans la linéarité stylistique qui y est liée, mais le contenu des morceaux proposés est assez bon, assez varié pour maintenir l'intérêt, et Prikosnovénie fait une nouvelle fois preuve d'initiative et de bon goût. En outre, le label complète et étoffe son catalogue, fourni et attrayant, dont on ne peut dire à l'avance quel thème il développera sur sa prochaine sortie, s'agissant des livres-CD, mais qui, avec l'oeuvre décrite en ces lignes... donne l'envie d'en entendre, et d'en lire, davantage. |  | | William Dumont |  |
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|  | | Joy | | [Le Son du Maquis/Harmonia Mundi] | |
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|  | | Ayant mis fin, il y a trois ans, à l'épopée Venus, Marc Huyghens s'acoquine ici avec deux musiciennes et crée Joy. Ce faisant, il réinstaure le rock fiévreux, parfois agrémenté d'un violoncelle (Cold and Storm ), de son ancienne formation, sur un rythme qui se déploie lentement comme sur l'excellente entrée en matière que constitue Empire. Des guitares plombées, dans la retenue, mais réellement marquantes, appuient le propos du groupe avec efficacité, de même que les chants, dissociés ou entremêlés, et l'ensemble, de caractère, livre neuf titres sans faille. Qu'il opte pour un procédé modéré ou qu'il taille dans le vif d'un rock bourru, Joy démontre un savoir-faire et une cohésion qui est l'apanage des plus grands et ne surprend guère au vu du parcours de Huyghens. Et comme le Joy, parfum crée en 1930 par Jean Patou, couturier et parfumeur français dont Marc a récemment découvert la biographie, la musique du groupe s'avère précieuse, de celles qu'il faut "aller chercher", qui ne se dévoilent pas à la première écoute, mais révèlent, au fur et à mesure des écoutes, d'innombrables richesses.Superbe ouvrage donc, racé et singulier, d'un trio déjà au sommet de son art, à la fois pur et insoumis. |  | | William Dumont |  |
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|  | | Here is Why | |
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|  | | Les albums solos de Pieter Nooten sont rares. Certains d'entre nous se souviennent tout de même du magnifique "Sleeps With the Fishes" enregistré en compagnie du guitariste Michael Brook et sorti sur 4AD en 1987. Mais il est vrai que ce membre cofondateur de Clan of Xymox n'a depuis donné que très peu de signes de vie, jusque récemment, en 2006 avec l’album "Ourspace". Une compilation "Collected", coproduite par Anka Wolbert (elle aussi fondatrice du célèbre Clan et disparue après l’album "Phoenix" en 1991) sortira deux ans plus tard. Et contre toute attente, "Here is Why" nous surprend cet automne, intime et mélancolique. Responsable des chansons plus lentes et émotionnellement les plus fragilessur les albums mythiques "Clan of Xymox" et "Medusa" de son groupe d'origine (Equal Ways, After the Call), le chanteur-compositeur distille une ambient le plus souvent chantée, chaude et calfeutrée, belle et douce comme les feuilles qui tombent en cette saison. Enregistré avec un violoncelliste, "Here is Why" utilise massivement les cordes, qui ajoutent de la chaleur à cette musique planante et inspirée, et qui rappellera rapidement les fabuleux albums de This Mortal Coil à... ceux qui s'en souviennent encore. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  |  |  |  | |  | Second album spectaculaire pour Undermathic, le jeune prodige polonais signé chez Tympanik Audio l'an dernier. 10:10pm [Tympanik Audio] s'écoute d'une traite, sans jamais faiblir, très influencé par le In The Nursery de la dernière décennie, pour les nappes et les accords plaqués), et Aphorism pour les beats et traitements appliqués aux séquences rythmiques. Savoir-faire oblige, "10:10pm" est plus lumineux que son prédécesseur "Return to Childhood", plus orienté soundtrack, plus méditatif et terriblement beau.
Après les récentes rééditions à tout va de leur back-catalogue, après la remasterisation de la totalité de leurs maxis sur les trois imposants volumes d’"Extra", voici que KMFDM nous fait le coup du Best Of improbable, version calembour avec ce Greatest Shit [Metropolis] tout bonnement exceptionnel. Dix-neuf (le double pour l'édition limitée) perles de rock industriel mâtiné d'électro que l'on ne présente plus. Si vous vous êtes perdu il y a fort longtemps au milieu de leur discographie gigantesque, voici l'occasion inespérée de revenir sur vingt-cinq années d'activisme sans concession d'un groupe de première classe bourré d'humour et qui crie lui même "KMFDM sucks!" (KMFDM craint !).
Les temps sont durs pour les groupes à guitares tristes tels qu'iLiKETRAiNS. Dépositaires d'un son hors des modes, mais pas des saisons (l'automne leur va si bien), les Anglais sortent eux-mêmes leur second album He Who Saw the Deep [ILR/Talitres] sur leur propre label créé pour l'occasion. Mélancolique, avec un phrasé qui flirte plus avec le spoken words que le chant conventionnel, iLiKETRAiNS se distancie de la pop et propose, en costume trois-pièces, un rock lent, introspectif, sans frime et avec beaucoup de classe.
Un brin plus énervés, mais quoi que dans un registre suffisamment proche, les Écossais de Broken Records publient eux aussi leur deuxième opus. Plus chanceux, voire carrément vernis, c’est chez 4AD que sort Let Me Come Home [4AD], un bel album qui bénéficie au passage d'une pochette créée par Vaughan Oliver, excusez du peu. "Let Me Come Home" s’inscrit dans la lignée des disques qui ne révolutionnent pas le genre, mais dont on apprécie particulièrement la bipolarité, la douceur, et la rage contenues dans un même morceau. Le prestige de la maison de disque aidant, il y a fort à parier que la vague Broken Records secoue comme l’a fait celle de The National un peu plus tôt cette année.
Les meilleures choses ne prennent jamais vraiment fin. C'est particulièrement vrai pour le projet très regretté Gridlock, le groupe de Mike Wells et Mike Cadoo. Ce dernier vient de remettre en marche son projet solo Dryft -dont le premier et précédent album date de 2000- pour accoucher d'un second LP Ventricle [n5MD], hautement recommandé, qui prolonge l'expérience Gridlock, stoppée net en 2003 après la sortie de "Formless". Déjà bien affairé avec son groupe shoegaze Bitcrush, l'Américain retrouve enfin les machines qu'il utilisait du temps de sa collaboration avec Mike Wells et qu’il a eu tendance à délaisser au sein de sa nouvelle formation. Pas de doute possible : les rythmiques semblent familières, tout comme les sons clairs et amples ; on ne peut s’y tromper : Gridlock est mort, vive Dryft.
Pas de révolution de style ni de son sur Tonatiuh [Ant-Zen], le troisième et impeccable album de Tzolk'in qui succède à "Haab'" sorti il y a déjà deux ans. Gwenn Trémorin et Nicolas Van Meirhaeghe continuent l’exploration de l'histoire du peuple aztèque avec des titres très suggestifs (Quetzacoatl, Xipe Totec, Tezcatlipoca) au moyen d’un crossover electro-ambient très fouillé et ethnique, jamais lourd ni oppressant. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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