
|  |
|  | | Devotion | |
|
|  | | Duo originaire de Bordeaux, Kap Bambino fait depuis trois albums dans une électro bardée de sons malins, large dans le style, et dont le rendu s'avère toujours attrayant. C'est une fois encore le cas sur "Devotion", entre écarts presque dream-pop et électro plus "classique" aux réminiscences rock, mais délibérément synthétiques, qui balisent efficacement le parcours de Caroline Marial et Orion Bouvier. L'album évoque un autre duo, Unison, avec son côté spatial, ici plus rythmé que chez Julien et Mélanie, plus pluriel aussi dans les genres abordés et les cadences imposées. Ainsi, on peut passer d'une bombinette d'obédience punk-rock à un tempo apaisé plus aérien de façon naturelle, sans que cela ne vienne altérer la qualité de "Devotion". Aucun titre n'est négligeable et des essais plus club, mais déviants, en nombre restreint, épicent le tout qui bénéficie en outre d'un chant attractif,Caroline encanaillant l'ensemble de ses vocaux parfois remontés, parfois plus sucrés. L'atout valorise le disque et le distingue de bon nombre d'autres sorties instrumentales trop répétitives, faisant de cet album un incontournable qui s'écoute avec grand plaisir et se vivra intensément sur les planches d'une scène de concert. |  | | William Dumont |  |
|  |

|  |
|  | | Strange Cargo | |
|
|  | | Près de cinq ans après "Nihil", un premier (presque) album fort prometteur, mais qui était quasiment passé inaperçu, Nico Janse Van Rensburg fait revivre Acretongue pour nous offrir "Strange Cargo", et sa dark electro atmosphérique, froide, belle, angoissante parfois, émouvante souvent. À l'instar de Dragonfly, superbe morceau mid-tempo à la production sophistiquée et à la mélodie entêtante, "Strange Cargo" et ses dix morceaux conçus comme autant de voyages inter-galactiques démontrent toute la dextérité de ce garçon originaire d'Afrique du Sud (chose peu courante dans le milieu électro) dans le maniement des claviers, des samplers et des vocoders. Tout ceci au service d'une pop synthétique planante et très cinématographique. On pense beaucoup à des Skinny Puppy assagis, jusque dans le chant fort bien maîtrisé, trafiqué, mais jamais braillard. Des groupes aussi talentueux et reconnus que Haujobb, Seabound ou encore Edge of Dawn ne s'y sont d'ailleurs pas trompés en confiant à Acretongue le soin de remixer avec une originalité certaine quelques' un de leurs meilleurs titres... un très bon signe. À découvrir donc sans la moindre hésitation. |  | | Stéphane Colombet |  |
|  |

|  |
|  | | 15th P | |
|
|  | | Le monde se divise en trois catégories. Il y a ceux qui connaissent les Polysics et qui en sont dingues (on les retrouve sur la page Facebook "ceux qui aiment très beaucoup les Polysics", ils sont deux dont votre serviteur) ; il y a ceux qui les connaissent, mais qui n'ont pas compris leur formidable génie et qui vivent dans l'erreur la plus totale, et pour finir, il y a bien sûr les malheureux qui ne les connaissent pas encore. À l'attention des deux premières catégories, nous dirons que cet album est le même que les précédents : brillant d'intelligence, d'énergie et de folie et qu'il faut se précipiter. Précisons quand même qu'il s'agit d'un disque-anniversaire (les quinze ans du groupe) sur lequel on été conviés de nombreux invités, hélas trop court avec ses 28 minutes. On y trouve notamment un titre qui réussit le tour de force de glisser en cinq minutes d'innombrables gimmicks tirés de toute la discographie du groupe, un second a cappella (le premier de leur carrière !) absolument barge, et un troisième sur lequel est invité Mark Mothersbaugh, ex-Devo, l'idole absolue de Hiro Hayashi (fondateur, chanteur et guitariste des Polysics). Pour la troisième catégorie, présentons brièvement les Polysics : il s'agit du meilleur groupe japonais de tous les temps, dont la musique, très fortement teintée de növö-rock, genre inventé par Devo en 1976, consiste à alterner trois genres : les titres mêlant punk et synthé Mario Bros sur fond de hurlements hystériques, les morceaux mêlants new-wave kitsch des années 80 et tubes imparables (du genre les Buggles et leur Video Killed The Radio Star), et enfin, le grand n'importe quoi inclassable qui part dans tous les sens. Le tout est joué le plus vite possible, ponctué de riffs de guitares torturés offrant un ensemble profondément déstructuré. N'oublions pas les voix vocodées à l'excès, les paroles incompréhensibles (forcément, souvent en japonais) et un élément indispensable pour appréhender leur folie furieuse : les vidéos-clips, tous génialissimes. Ceci était une chronique toute en retenue, sans aucun parti-pris, que nous conclurons en reprenant un slogan du groupe : POLYSICS OR DIE !!! |  | | Frédéric Thébault |  |
|  |

|  |
|  | | Orgasmurder | |
|
|  | | Satanismo Calibro 9 nous embarque dans une sorte de train de l’enfer où règne la plus profonde morbidité. Le groupe milanais emboîte diverses sonorités angoissantes et oppressantes, quelques notes de guitares éparses et diverses psalmodies ou incantations, afin de réaliser ce disque oscillant entre death ambient et indus rituel et sacrificiel. "Orgasmurder", le deuxième album des Italiens si l’on excepte leurs deux K7 en éditions limitées, exhale des odeurs de satanisme putride et impose une noirceur telle que les pires images de films d’horreur et autres slashers vous viennent à l’esprit. Il Numero 666, un titre évoquant à n’en pas douter le fameux tableau de William Blake, convoque d’ailleurs la bête qui est en chacun de nous sur fond de samples vocaux effrayants et de distorsions à priori plus anales que logiques. On imagine même Baphomet plantant ses cornes dans la trompe de Ganesh et lui faisant subir les pires outrages à l’ombre d’une lanterne noire dans l’anti-cosmos. Cauchemardesque et pour le moins malsain. |  | | Yannick Blay |  |
|  |
| |
|  |  | |  |