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|  | | Hunter Not The Hunted | |
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|  | | Après presque trente ans d'une carrière trop discrète, à l'image des deux frères Jones voguant tête baissée au gré de leurs inspirations sans que les affres du temps ne semblent avoir de prise, And Also The Trees livre son onzième album studio (on omettra à dessein "When The Rains Come", réorchestration acoustique de morceaux anciens). Si les quatre précédents nous enthousiasmaient moins que la période pré-"The Klaxon" (1993), ils recelaient néanmoins de très jolis passages et asseyaient encore davantage la beauté des textes de Simon Huw Jones. Mais qu'il s'agisse des aspirations americana bluesy d'"Angelfish" (1995) et "Silver Soul" (1998), ou des ballades en apparence doucereuses et pastorales pourtant nourries de romantisme noir de la décennie passée, And Also the Trees semblait assagi et ne provoquait plus guère qu'un respect et une admiration dus à une discographie sans réelle fausse note et un style unique. "Hunter Not The Hunted" se découvre donc avec l'appréhension propre aux nouvelles œuvres de formations adulées, à ceci près que cet album tout en élégance et profondeur renoue avec un souffle que l'on pensait éteint. D'entrée, le bouillonnant Only donne le ton avec son trémolo de guitare, son rythme enlevé, ses breaks emphatiques et ses crescendos tendus. À peine plus loin, Burn Down This Town et My Face Is Here In The Wild Fire rappellent les heures sombres du groupe période "Millpond Years" / "Farewell To The Shade", tout en retenue, épure et tension optimale, alors que Black Handled Knife se révèle comme l'un des morceaux les plus expérimentaux du groupe, surprenant et magnifique, pas si éloigné d'un Young Gods ambient avec ses boucles rampantes synthétiques. On citera également What's Lost Finds, ode sublime alternant volutes lancinantes, montées épiques et un chant toujours aussi habité et saisissant... à l'instar, en somme, des treize titres de ce "Hunter Not The Hunted", en tout point inspiré, émouvant et signant le retour en grâce d'un groupe définitivement précieux. |  | | Catherine Fagnot |  |
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|  | | 1975 | |
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|  | | Chaos Physique est le nouveau projet d’Amaury Cambuzat, qu’il développe en parallèle de son groupe principal Ulan Bator. Le français basé en Italie s’éloigne d’Ulan Bator pour se laisser aller à une musique plus basique alliant un certain psychédélisme teinté de krautrock à l’intensité, par exemple, d’un Suicide. Le titre “1975” n’a donc sans doute pas été choisi par hasard. Le trio, composé d’Amaury et des Italiens Diego Vinciarelli (Sexy Rexy) et du batteur Pier Mecca, compose à partir de boucles et de claviers extravagants et aliénés, des guitares éparses font aussi leur apparition tandis que la batterie maintient un tempo majoritairement hypnotique. Le titre éponyme est un instrumental assez lourd et bien prenant, mais Amaury donne aussi de la voix pour des morceaux plutôt mélodiques et accrocheurs tels Intuition ou Electric Dreams qui ont tous deux la carrure de singles, voire de hits potentiels. Des paroles simples et percutantes telles que “Electric dreams are running into your veins… City lights are flashing your brains hantent d’ailleurs à merveille ces beaux rêves électriques. Chainsaw Beauty mixe de manière assez improbable le son d’une tronçonneuse à une musique 70’s psyché tribale qui enchaîne sur la chanson Analphabet City, le titre le plus Ulan Bator de l’album et qui pourrait tout aussi bien être une composition de l’excellent Zëro ou de sa précédente entité, Bästard. Bunga Bunga est un peu trop long sans être évolutif, mais on s’imagine aisément que ce morceau ressemblant à du Swans s’essayant au Krautrock doit bien donner en live. Pas franchement “chaotique” (si ce n’est le tout dernier titre et ses longues digressions noise), mais pour le moins “physique” et inventif, ce disque fait du bien et offre un bel intermède à la riche discographie d’Ulan Bator. |  | | Yannick Blay |  |
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|  | | MMXII | |
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|  | | C'est ni plus ni moins qu'une troisième vie que s'offre Killing Joke depuis son précédent album, "Absolute Dissent", qui tourne encore sur nos platines alors que "MMXII" arrive déjà sans crier gare. Né en plein mouvement punk, le groupe de Jaz Coleman, Geordie Walker, Martin Glover et Paul Ferguson -qui se sont retrouvés trente ans après leurs débuts pour enregistrer "Absolute Dissent" en 2010- a pu commettre du très bon et du moins recommandable dans les 80s. En 1994 "Pandemonium" hausse le ton et redéfinit le son du groupe qui démarre alors une seconde vie qui se prolongera avec "Democracy", "Killing Joke" et " Hosannas from the Basement of Hell". Les disques sont de plus en plus lourds et mettent des années à voir le jour. Quant à la voix de Jaz, elle est devenue de plus en plus inquiétante voire malsaine, résultat probable d'abus récurrents et conjugués de cigares et de Brandy. Et voici désormais la troupe au grand complet aussi efficace et prolifique qu'elle pouvait l'être dans les 80s, enregistrant un album par an, peu ou prou. Cependant aujourd'hui le son de Killing Joke s'est étoffé et ne donne plus dans le compromis sucré de l'époque "Night Time" ou "Brighter Than a Thousand Suns" : trente années de carrière confèrent forcément un savoir faire et l'on est même surpris qu'un tel spectre sonore tienne sur un simple CD. Et c'est certainement avec fierté que les Anglais publient aujourd'hui "MMXII", tant ce nouveau disque est d'une perfection absolue : entre single imparable et titres dont la puissance de feu égale l'apocalypse qu'annonce "MMXII", il pourrait bien s'agir de l'ultime Killing Joke. Dans tous les cas, il s’agit de leur plus bel album à ce jour. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  | | Relapse | |
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|  | | Cela fait une éternité que les disques de Ministry ne nous passionnent plus ; vingt ans, très exactement. Depuis "ΚΕΦΑΛΗΞΘ" ("Psalm 69") qui clôturait une tétralogie de choix entamée avec "Twitch" en 1986, même si "The Dark Side of the Spoon" sorti en 1999 avait réussi également à nous satisfaire. Mais c'est au cours des années 2000 que la machine Ministry s'est emballée pour devenir incontrôlable et incontrôlée, Ministry lançant ses missiles à tête chercheuse à la face du monde sans l'avis de Paul Barker qui choisit de quitter définitivement le commando. Et pour cause : la recette est identique album après album, à savoir un mélange de riffs gras de guitares obèses et de hurlements métalleux lamentables sur des rythmiques clichées. Il est loin le temps béni des productions visionnaires d'Hypo Luxa et Hermes Pan (les pseudonymes de Jourgensen et Barker en tant que producteurs). Tant et si bien qu'Al Jourgensen semblait se lasser à son tour et annonçait prendre sa retraite anticipée après la sortie de "The Last Sucker" et de sa version remixée. Une retraite à laquelle personne ne croyait vraiment, même s'il allait jusqu'à confier les rênes des Revolting Cocks à trois hurluberlus qui se rebaptisent officiellement les RevCo. Et puis arrive, sans qu'on l'attende, le très bien nommé "Relapse", la rechute inévitable, énième disque insupportable semblable aux précédents, "Houses of the Molé" et consorts, et dont on ne retiendra que l'hilarant Ghouldiggers en introduction. Le reste n'a pas d'autre intérêt que celui de nous ouvrir les yeux : cette histoire de pré-retraite, ce n'était pas une si mauvaise idée tout compte fait. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  | | Post Gods | |
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|  | | Projet multimédia initié par le plasticien anglais David Michael Clarke, Post Gods est un quatuor conceptuel qui compte en ses rangs, outre l’artiste-chanteur, Sylvain Beorchia (guitare, synthé) du duo électronique expérimental 2tokiislands, Emmanuel Hubaut (basse, chant) ex-Tétines Noires/Lt-No et actuelle moitié de Dead Sexy Inc., et Cdrc Lchrz batteur du groupe d’improvisation Tchxx. Conformément au background très arty de ses créateurs, le groupe se présente plus lui-même comme une œuvre d’art, un symbole de groupe de rock plutôt que comme une réelle formation née d’un simple désir de musiciens : ce qui sous-entend que Post Gods est aussi bien à l’origine de moult produits dérivés que d’installations artistiques, de concerts-happenings… ou de cet album éponyme présenté dans un beau digipak. Mais au-delà du concept assez prégnant du combo, la musique est, heureusement, tout à fait appréciable en elle-même : influencées aussi bien par le post-punk que par l’electronica ou la musique industrielle, les six longues compositions du disque dévoilent un univers musical personnel, homogène et cohérent, qui n’est pas exempt d’influences, mais s’avère très convaincant sur la durée. Morceaux ambient aux sonorités liquides et aux lignes vocales particulièrement mélodiques (comme le voluptueux morceau d’ouverture Sincerely Yours ou le céleste Requiem), titres électro-pop-rock entêtants (Some Gods et son parfum Psychic TV, les percutants Mortality et Frederick Nietzsche), ou compositions plus expérimentales comme l’oppressant Thinking About Nothing, qui évoque les morceaux les plus inquiétants des Virgin Prunes (impression renforcée par le chant aux nombreuses intonations “Prunesques”) : derrière son apparence minimaliste et dépouillée, son économie d’effets et sa retenue, qui pourraient le faire passer pour anecdotique au premier abord, “Post Gods” s’avère remarquablement inspiré et étonnamment accrocheur, aussi précis qu’efficace. Qui a dit que l’art contemporain était ennuyeux ? |  | | Christophe Lorentz |  |
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|  | | Ssss | |
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|  | | "Blip... Blip Blip... Tac... Blip... Tac Tac... Blip", voilà à peu près à quoi peut se résumer cet album bien paresseux. Car disons le d'emblée, l'idée que Vince Clarke (Depeche Mode première époque, Yazoo, puis Erasure) s'associe avec Martin Gore (Depeche Mode) pour un album commun avait laissé naître depuis de nombreux mois les espoirs les plus fous tant les deux individus sont des dieux vivants dans l'univers de la pop électronique depuis plus de trois décennies. Et la déception est hélas à la hauteur de ces attentes. Car si certaines sonorités sont plutôt bien trouvées et que quelques arrangements sont bien réalisés, on s'ennuie ferme avec cette succession aussi insipide qu'indigeste de dix titres totalement instrumentaux, fabriqués quasi exclusivement pour le dancefloor vu le niveau très élevé de BPM. "SSSS" se revendique d'ailleurs être un album de techno minimaliste qui, s'il n'était pas doté de quelques sonorités industrielles rappelant les origines de Depeche Mode, pourrait être l'album de Monsieur tout le monde, composé dans son garage avec quelques machines, un ou deux bons logiciels, et un de ses copains qu'il ne verrait jamais, car lui-même dans son garage, avec peut-être d'autres machines et logiciels... et encore. L'ensemble s'apparente donc à une grosse escroquerie tant il est dépourvu d'âme et, j'ose l'écrire, de travail. Seuls quelques clubs berlinois en panne de nouveaux titres devraient y trouver un bien maigre intérêt. Vive Depeche Mode, vive Erasure ! Mais, de grâce, oublions vite cette vaste fumisterie de VCMG ! |  | | Stéphane Colombet |  |
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