| La première apparition de Paul Banks en solo datait de 2009, dissimulé alors derrière son pseudonyme de début de carrière, "Julian Plenti", qu'il ressortait pour l'occasion du placard dans lequel il l'avait rangé plus de dix ans auparavant. Aujourd'hui, le chanteur d'Interpol assume enfin ses origines en officiant pour ce second album solo sous son vrai nom : et cela s'entend. Si son premier disque, "Julian Plenti Is...Skyscraper", aurait dû à l'époque faire la surprise, il s'avérait finalement d'une fadeur vraiment déconcertante pour un disque réalisé par un chanteur qui s'émancipait alors pour la première fois d'un groupe avec lequel il allait tout juste réaliser son meilleur disque, le quatrième, paru quelques mois plus tard. "Banks" nous fait aujourd'hui oublier (et confirmer) ce faux départ ; pas vraiment un album d'ailleurs malgré une durée de 40 minutes et pas moins de dix titres, mais plutôt un EP de luxe avec cinq morceaux exceptionnels, pas si personnels qu'attendus (au vu de la prégnance du son Interpol)... mais pas trop "Interpol" non plus (moins sombres peut-être), bien qu'on ne pourrait en fait les attribuer à personne d'autre qu'aux New-Yorkais (Paid for Yhat, la guitare de No Mistakes, le chant de Summertime is Coming...). Une belle brochette de morceaux, accompagnée d’une paire d'instrumentaux et de quelques titres "secondaires" (Arise, Awake, Young Again, I'll Sue You), qui feront la différence avec ce que Paul Banks aurait pu faire entouré de ses camarades. L'essai est donc, contre toute attente, transformé et nous fera patienter avec plaisir jusqu'au prochain album... d'Interpol. |