| Repéré en 2010 grâce à son premier opus éponyme, ce quatuor anglais (qui tire son patronyme d’une chanson de Nick Cave) s’était distingué d’emblée par un son empruntant au rock gothique et à la cold wave tout en s’inscrivant dans l’esprit du rock indé contemporain (tendance "revival post-punk"). Il y avait surtout la voix bien particulière de Tobias O’Kandi, crooner black d’outre-tombe entre Nick Cave (justement) et Ian Curtis. Malgré un tube entêtant (Dead Disco Dancer) et deux ou trois autres grands moments (Malo, Ruins), cet effort initial, tout en étant prometteur, ne laissait pourtant pas vraiment présager la réussite éclatante de ce deuxième album. Car si le groupe a laissé entrer de la lumière dans sa crypte et mis des mélodies pop langoureuses dans son dark-rock épique, il n’a pas pour autant renié les éléments qui nous avait séduits à l’origine : basse abyssale, guitares gorgées de spleen, rythmes pesants, chant profond, chœurs désabusés… Mais c’est l’alliance entre une sensibilité goth flamboyante et une dynamique pop enjôleuse (à moins que cela ne soit l’inverse) qui mène ici O.Children au niveau supérieur. Si le groupe avait trouvé un son bien marqué dès ses débuts, il lui a désormais associé des compositions qui le nourrissent idéalement –et qu’il sublime en retour. Sans se compromettre et en évoluant intelligemment, les quatre Londoniens jouent désormais dans la même cour qu’Editors, Interpol et She Wants Revenge. Difficile également d’isoler un titre en particulier dans cette œuvre d’une totale homogénéité et qui aligne presque autant de chansons marquantes que de pistes sur le CD ! Intense et évocateur, enveloppant et addictif, "Apnea" porte bien son nom : il offre en effet une descente "en apnée" dans un univers liquide aux nombreuses nuances de noir, de violet, de gris et de pourpre. |