Lambwool
A Sky Through the Wall
[OPN]
Il ne sera jamais assez dit combien un disque doit à une pochette réussie : les prestigieux labels Factory et 4AD ont d'ailleurs, en leur temps, réussi à les élever au rang d'oeuvre à part entière dépassant largement la fonction qui leur revenait au départ : habiller un son et permettre de vendre l'immatériel, de matérialiser l'impalpable. Dans le cas d’"A Sky Through the Wall", le quatrième album de Lambwool, les photos de Jérôme Sevrette vont encore plus loin tant elles sont l'exactitude même des images mentales que l'auditeur se fait à coup sûr tout au long de l'écoute de ces sept titres. À bien y réfléchir, il s'agit d'un vrai coup de maître, d'une adéquation parfaite, tant ces photographies capturent et cristallisent à merveille ces lentes avancées laborieuses dans la pénombre, entre chien et loup. L’ambient organique de Cyril Laurent peut s’avérer "flippante" mais jamais malsaine, comme l’est, à sa façon, la musique d’Atrium Carceri. L’on jurerait d’ailleurs que l’homme de Lambwool a construit "A Sky Through The Wall" comme une longue et lente marche vers la lumière : progressivement les morceaux sombres, voire lugubres, du début du disque laissent peu à peu la place à la timide lumière du matin sur les forts bien nommés Don't Fall Asleep et A Sky Through the Wall, laquelle lumière finit, triomphale, par illuminer cette porte en ruine, ce vestige stoïque en proie à une érosion pourtant sans alternative. Une très belle réussite à tous les points de vue.
Bertrand Hamonou