Première bande originale intégrale pour Ben Lukas Boysen aka Hecq, qui avec "Restive" publie un disque moins surprenant qu'à l'accoutumée. Car même si l'album remplit parfaitement le cahier des charges de la bande originale, il ne parvient malheureusement pas à nous épater comme ont su le faire par le passé "Night Falls" ou "Steeltongued". La patte sonore reconnaissable de l'Allemand se retrouve plus diluée, plus étouffée par des règles imposées d’un exercice de style qui lui laissent moins de latitude et de degré de liberté qu'on aurait pu le penser. Disque claustrophobe et angoissant au possible, "Restive" manque cependant de matière, à moins que ce ne soit volontaire ; après tout, il s'agit d'une bande-son censée accompagner un film (ou le contraire), et l'écouter au casque les yeux fermés est peut-être l'erreur qu'il ne fallait pas commettre. On lui préférera cependant une autre bande originale, celle de "AUN – The Beginning and the End of All Things", confiée à Christian Fennesz par le réalisateur Edgar Honetschläger. Plus chaleureuse et probablement plus intimiste, à une échelle plus humaine aussi, cette bande originale suit rigoureusement le même cahier des charges que celui cité plus haut, avec un petit supplément d’âme et de poésie. Oppressant, mais sans trop, le côté ambient/expérimental du disque se voit contrebalancé par des notes de piano fantomatique attribuées à Ryuichi Sakamoto, venant ça et là éclairer le bruit blanc d’un téléviseur non réglé. Deux disques à réserver pour celles et ceux qui aiment s’angoisser au casque. |