Red Temple Spirit
Dancing to Restore an Eclipsed Moon
[Infrastition]
Red Temple Spirit
If Tomorrow I Were Leaving for Lhasa, I Wouldn't Stay a Minute More...
[Infrastition]
Infrastition réédite les deux albums d'un groupe américain étrangement oublié : Red Temple Spirits. Formé à Los Angeles en 1987, le quartet mêle alors post punk intense et rock psyché, et trouve son nom dans une chanson de Roky Erickson (13th Floor Elevator), Two Headed Dog (Red Temple Prayer). Pour enfoncer le clou, ils reprennent alors justement Rollercoaster du même 13th Floor Elevator, mais aussi Pink Floyd avec de très belles versions de Nile Song et Set The Controls…. Les compositions des Californiens sont dans cette veine psychédélique, et sont surtout empreintes de mystère autant que de mysticisme. Ils prennent souvent le temps de poser les ambiances (Exorcism/Waiting for the Sun, Liquid Temple, le superbe et romantique Bear Cave ou encore le magique et Doorsien Light Of Christ/This Hollow Ground), mais vont parfois droit à l’essentiel (Nile Song, Dark Spirits, le tubesque Soft Machine ou le magnifique Dreamings Ending et ses volutes de flûte obsédantes). La batterie est plutôt tribale, les accords de guitares ont un son généralement éthéré ou lancinant, voire death rock sur le génial A Black Rain ou encore, offrent comme une réminiscence au génie d’And Also The Trees sur Alice. Les basses sont, on s’en doute, on ne peut plus cold wave, et le chant est des plus envoûtants, le tout enveloppé dans des atmosphères exoti-psycho-déliques. Bref, si vous trouvez que Gene Loves Jezebel a malheureusement toujours manqué d’inspiration, que les Black Angels et les Warlocks sont les derniers bons groupes dignes de ce nom, et que vous avez envie d’écouter un Savage Republic sous alcaloïde isomérique lorgnant vers The Cure période "The Top" ou "Kiss Me", ces deux disques sont faits pour vous.
Yannick Blay