Tonikom
Found and Lost
[Hymen]
Troisième album pour Tonikom, alias Rachel Raloney, et troisième sans faute. Il s’en est pourtant fallu d’un cheveu pour que ce disque ne voie pas le jour, ou plutôt que Rachel abandonne le projet. À la fin de sa tournée européenne en 2009, l’Américaine a en effet perdu le lien qui la connectait à sa propre musique. Certains parlerons de crise personnelle, d’autres de surmenage ou encore de burn out, allez savoir... Le fait est qu’il lui aura coûté une remise en question et une traversée du désert en terme de créativité avant de retrouver ce qui fait la force et la pertinence de Tonikom, sans conteste l’une des signatures les plus intéressantes et les plus douées de ces cinq dernières années chez Hymen Records. Et si cette musique électronique instrumentale si riche, si variée, si chaude, si vaste, et si précise à la fois, pouvait parler, elle raconterait cette période de doute, ainsi que le retour de l’étincelle, celle qui donne un sens aux cinq autres, celle qui réconcilie avec l’inspiration. "Found and Lost", le nom choisi pour cet album résume ce qu’a vécu Rachel entre 2010 et 2012. Les titres sont d’ailleurs suffisamment évocateurs pour qu’il n’y ait aucun mal entendu : Hope, Stumble ou encore This is What She Felt, autant de clés pour comprendre la raison d’un silence trop long entretenu depuis "The Sniper’s Veil", paru au début 2009. Ceux qui sont déjà familiers avec son travail se réjouiront immédiatement de son retour aux affaires, et se délecteront de ce son et de son mélange toujours de bon aloi de breakbeat, d’IDM, d’ambient et de techno, tout en finesse et toujours avec justesse. Les autres, ceux qui ne connaissent pas encore, devraient sans plus attendre se jeter sur ses trois albums les yeux fermés et les oreilles bien ouvertes, en commençant par celui-ci.
Bertrand Hamonou