| Voilà une jolie surprise en cette fin d'année ; elle est d'autant plus jolie qu'elle vient de chez nous, ce qui, dans l'univers étroit de l'electropop, est assez rare pour être remarqué et salué. Le franco-américain Yan Wagner est un Parisien passionné de new wave synthétique (Depeche Mode, Joy Division, etc.) et cela s'entend. Son electro à lui est un habile mélange de vieux et de neuf, de Jacno et DAF à DJ Hell et Blackstrobe (Arnaud Rebotini a d'ailleurs produit son disque) en passant par Underground Resistance et Hot Chip. Après avoir écumé les boîtes branchées, dont le Baron, Yan Wagner s’est révélé en 2010 aux critiques et au public avec le single Recession Song, petit bijou de pop électronique. Après des premières parties prestigieuses (dont Air et Goldfrapp) et des remixes malins (Étienne Daho, Blackstrobe (, Thieves Like Us, etc.), le jeune Wagner s'est mis à composer pour lui-même pour écrire au final une douzaine de titres bien fichus, peut-être un peu cheap à la première écoute (sons de vieux synthés minimalistes obligent…) mais qui, en réalité, fonctionnent parfaitement après plusieurs passages. Et ce premier album est un vrai disque d'electropop comme peu de Français osent en sortir. L'âme d'ailleurs est assez nordique et l'on pense parfois, au-delà de Kraftwerk, à des groupes plus jeunes comme Covenant ou même Seabound, oscillant donc entre Suède et Allemagne, pour nous offrir une technopop froide mais pas totalement déshumanisée. Car Yan Wagner chante, et même assez bien. C'est un peu déconcertant parfois, car sa voix varie beaucoup d'un morceau à l'autre et ses textes en anglais sont portés le plus souvent par un étrange accent. Mais l'ensemble est plutôt harmonieux et même addictif, comme l'a été Mohini Geisweller l'an passé. À l'instar de The Only One, duo bilingue très dansant auquel s'est prêté avec succès Étienne Daho, comme un hommage aux les tubes synthétiques qui ont fait les succès de ses débuts ; comme aussi Forty Eight Hours et ses mélodies très new-orderiennes. Avec cet arsenal électronique, Yan Wagner devrait aller loin cet hiver, certainement plus loin que Lescop. Mais ça, c'est une question de goût. À vous d'en juger. |