
 |  | Blue Bob [Soulitude Records]
Entité bicéphale, Blue Bob est le fruit de la collaboration entre David Lynch (est-il encore besoin de le présenter ?) et John Neff, vieux routard du blues-rock et requin de studio. Evidemment, ce premier album est plus marqué par la patte très particulière de Lynch que par celle de Neff. Si l’on est loin des atmosphères cotonneuses des deux albums de Julee Cruise que Lynch avait co-produit et co-écrit avec Angelo Badalamenti, on retrouve néanmoins chez Blue Bob les ambiances nocturnes capiteuses, les sonorités industrielles et les bruits parasites (sirènes, craquements, grésillements électriques) qui caractérisent les bandes-son des œuvres du génial cinéaste. Musicalement, Lynch et Neff délivrent ici un blues électrique lancinant et surréaliste, tantôt bruyant, tantôt marécageux, évoquant une alliance contre-nature entre Robert Johnson et Sonic Youth. Fidèle à ses obsessions, David Lynch détourne une fois de plus un cliché typiquement américain (le bon vieux blues de Chicago) pour le pervertir et le plier aux exigences de son univers intemporel et angoissant. Comme toujours chez l’auteur de "Twin Peaks", la normalité apparente (l’auditeur peu attentif n’entendra ici qu’un simple disque de blues un peu sombre) cache un dérèglement total : textes bizarroïdes, effets sonores déconcertants, voix trafiquée, mélodies nauséeuses, structures insaisissables... Le (trop court) concert de Blue Bob au festival des Inrockuptibles a d’ailleurs montré le goût de Lynch pour les mises en scène décalées, contrepoint savoureux au jeu très carré de ses musiciens. Ou comment détourner une figure de style ultra populaire pour faire une créature monstrueuse, à la fois fascinante et inquiétante...
Christophe Lorentz |
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| Beth Gibbons & Rustin Man | | Out Of Season [Go Beat]
Certaines rencontres sont d'utilité publique. Celle entre Beth Gibbons, chanteuse de Portishead, et Paul Webb, bassiste du groupe des années 80 Talk Talk, en est une. Même si elle date de plus de dix ans, à l'occasion d'une audition pour le nouveau groupe de Paul O'Rang en 1990, ce n'est qu'aujourd'hui qu'elle se concrétise sous la forme d'une petite merveille réalisée en commun, un disque magnifique qui rivalise sans complexes avec les meilleurs moments de "Dummy", chef-d'œuvre de Portishead. Plus acoustique et dépouillé que ce dernier, ce "Out Of Season" porté par la voix fragile et tellement troublante de Beth Gibbons est une suite de dix chansons intimes, mélancoliques et romantiques qui nous entraînent inévitablement dans un spleen d'hiver et de pluie. Du single Tom The Model au franchement sublime Funny Time Of Year, l'album de Beth Gibbons et The Rustin Man (le curieux pseudonyme qu'a pris ici Paul Webb) est une œuvre rare et précieuse, l'un de ces disques amis qu'on écoutera encore dans des années.
Renaud Martin |
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 |  | Survivor [SPV/Synthetic Symphony]
Même s’il semble que ce soit d'usage, il n'est pas vraiment décent de critiquer aujourd'hui plus qu'hier un nouvel album de Funker Vogt. En effet, il faut reconnaître au combo allemand le mérite de ne jamais avoir faibli, proposant invariablement, album après album, une électro musclé à l'efficacité toujours incontestable. Souvent considéré comme le parent pauvre de la scène électro allemande, Funker Vogt, qui pourtant décline de façon bien plus riche que ses collègues les rythmes eurodance et les mélodies dignes des standards de la techno italienne, offre ici un album tout à fait honorable. "Survivor" est dans la droite lignée de ses prédécesseurs, caractérisé une fois de plus par un talent incontestable à croiser mélodies futiles et voix agressives, un crossover dont eux seuls ont le secret. Si Tragic Hero reste l'hymne incontournable de ce commando de choc, on trouvera ici quelques titres (Final Thrill, Red Queen...) tout aussi efficaces, au gimmick entêtant (pour ne pas dire aliénant), et à la rythmique imparable. Au résultat cohabitent une belle brochette de "tubes" de cet acabit entourés de morceaux plus "sérieux", dont en final (sur la version américaine uniquement) un Refugees de 12 minutes, étonnamment calme et apaisé. Hormis ce dernier titre, l'album ne recèle rien de véritablement spectaculaire, juste une nouvelle preuve de cette faculté, qui avec le temps impose le respect, à invariablement utiliser les mêmes ingrédients, années après années ; "sport national" de la scène électro actuelle.
Christophe Labussière |
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Godspeed You! Black Emperor | | Yanqui U.X.O. [Constellation]
Chef de file du label canadien de post-rock underground Constellation, le collectif de Montréal Godspeed You! Black Emperor nous livre ici un magistral troisième album nommé "Yanqui U.X.O", titre qui, comme l'explique le livret, évoque un dangereux arsenal de mines et d'armes de guerres. Dans cet album de plus de 70 minutes, composé de trois longs morceaux découpés en cinq chapitres, les canadiens de Godspeed nous assènent, à coups de guitares, violons et batterie, ce rock instrumental progressif, électrique, sombre et orageux qu'ils ont inventé. Une musique puissante, chargée d'images et de paysages mais aussi de sens et de revendications. Et c'est là que Godspeed You! Black Emperor se démarque de beaucoup de groupes puisque même sans chant, tout son univers et son discours, des films projetés lors des concerts aux pochettes et aux livrets de ses disques, dénonce une société devenue totalement inhumaine et dans laquelle les hommes, perdus dans des villes aseptisées et saturées de centres commerciaux, ont perdu la raison. On trouvera ainsi dans "Yanqui U.X.O" la photo d'un formulaire de l'administration américaine permettant de dénoncer une personne que l'on imagine dangereuse, ainsi qu'un schéma édifiant montrant les liens entre les différentes majors et les industries d'armement américaines. Mais les membres de Godspeed You! Black Emperor ne font pas que de la politique, ils restent avant tout des musiciens d'exception capables de créer cette musique unique et immense que l'on retrouve dans cet album tout bonnement magnifique.
Renaud Martin |
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 |  | Melke [Smalltown Supersound]
Kim Hiorthoy est un authentique génie, issu de la nouvelle génération de musiciens électroniques des pays du grand nord (Mùm, Thomas Knak, Pansonic) qui fait fantasmer les popeux, jusqu'à leur faire perdre leurs guitares (leurs clichés, parfois leurs cheveux). Souvenez-vous comment Radiohead a succombé aux vagues electronica de Boards Of Canada ? Cette progéniture a été éduquée à base de travaux pratiques, d'assemblages logiques, initiés par la manipulation de pièces de Lego, de Mako moulage, de Clipo, de Mecano. Une jeunesse gavée de films d'animation en pâte à modeler, de dessins animés baba écolos et de mangas violents. Tant d'éléments épars qui forment un esprit décomplexé, à la fois rationnel et lunaire. Kim Hiorthoy est donc un cinéaste doublé d'un graphiste à ses heures perdues. Lorsqu'il s'atèle à la composition musicale, il détourne les principes de mise en scène de la vidéo "faite maison" pour les appliquer à ses morceaux. Il bricole des mélopées mécaniques à base de percussions métalliques, dignes d'un Pierre Bastien. Sur l'ensemble de ce second album qui fait suite au fameux "Hei", surtout reconnu en Angleterre, il bredouille des onomatopées sonores à la limite du lo fi mais ne sombre jamais dans l'expérimentation ardue. Bref il s'amuse comme un gamin, à croire qu'un centre aéré imaginaire s'est ouvert entre l'Angleterre et la Norvège et que des Richard D James et autres Tom Jenkinson en herbe y gambadent en tirant la langue aux tenants des musiques difficiles. Alors oui, la pop a un avenir quand elle est malmenée par des Kim Hiorthoy.
Anthony Augendre |
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 |  | All The King's Horses All The King's Men [Caciocavallo Soleilmoon / Roir]
C'est avec bonheur que nous avions appris, après le passage des Legendary Pink Dots à la Maroquinerie de Paris en mai dernier, que nous allions retrouver à la rentrée la plupart des morceaux inédits qu'ils nous avaient joués ce soir là sur deux nouveaux albums. Et c'est avec le même bonheur que nous découvrons aujourd'hui "All The King's Horses" et "All The King's Men", deux nouvelles pierres complémentaires à l'édifice labyrinthique qu'est la discographie des Pink Dots. Avec des textes écrits pour la plupart après les attentats du 11 septembre 2001, Edward Kaspel nous invite dans ces deux disques frères à réfléchir sur le thème très sérieux qu'est l'avenir de notre fragile petite planète. Et que les quelques inquiets se rassurent, car comme on pouvait s'y attendre, les Pink Dots ont évidemment évité le danger de sombrer dans des ambiances pompeuses et mélodramatiques à 30 centimes d'euros. Comme il le fait depuis vingt ans, Edward Kaspel continue à nous murmurer et nous fredonner ses pensées avec subtilité et malice, alternant chansons aux mélodies enfantines et morceaux expérimentaux plus inquiétants. Même si "All The King's Horses" et "All The King's Men" ne surprendront pas les connaisseurs, ils ont au moins le mérite d'être la preuve que le meilleur groupe du monde est toujours là, pas très loin, à veiller sur nous. Que demander de plus ?
Renaud Martin |
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 |  | Fragmente 2 [Memento Materia]
Suite à la compilation "Fragmente", parue en 98, Mesh sort aujourd'hui "Fragmente 2", second volet qui complète le premier avec des remixes, b-sides et autres raretés. Il est évident que ce double CD s'adresse d'abord aux fans, mais il résume aussi la production du groupe de leurs débuts à leur avant dernier album "The Point At Which It Falls Apart". C'est donc une bonne occasion de découvrir l'électro pop de ces digne héritiers de Depeche Mode qui officient depuis une dizaine d'années sur la scène électrogoth et qui connaissent aujourd'hui un vrai succès en Allemagne où ils s'affichent en tête des charts. Outre le lot de singles remixés par le groupe lui-même (You Didn't Want Me, Trust You, Scares Me, People Like Me), on trouve aussi sur cette compilation quelques bijoux parus originellement en faces B comme Safe With Me ou This Without You. Ces titres moins connus justifient à eux seuls la publication d'un telle compilation et font de "Fragmente 2" un complément aux albums digne d'intérêt. Toutefois, ceux qui suivent le groupe de plus près, et qui possèdent déjà la totalité de la collection de singles du groupe, n'auront que quatre remixes (sur 24 titres) à découvrir.
Laure Cornaire |
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| Morgan Caney & Kamal Joory | | Magic Radios [City Centre Offices]
Kamal Joory tombe le masque en délaissant le pseudonyme Geiom sous lequel il signait une electronica fine et complexe, promue par les labels spécialistes que sont Neo Ouija, Nature et Skam. L'initiative semble heureuse tant il est difficile à présent de qualifier ce premier album "Magic Radios" du sobriquet de "musique Skamesque". Détachés donc des archétypes du genre, (il n'y a aucune trace de "crunchy beats", de "nu breaks", de "drill'n bass", de "breaks autechriens", de "crispy rhythms" sur cette collection éclectique surprenante), Kamal et son compagnon de route, un certain Morgan Caney, imaginent une bande sonore inédite qui débute par des fréquences microscopiques, défile sur des canevas de cuivres, effleure le jazz contemporain, s'approche de l'electroacoustique pour amerrir vers des contrées timidement dansantes. Certains y entrevoient une mutation génétique entre l'écriture imagée d'Ennio Morricone et l'ambient de Boards of Canada. On pourrait parfois reprocher le manque d'unité de ces plages abstraites, colorées, mais vous l'avez saisi, le duo se joue des chapelles. Un véritable cauchemar pour les journalistes en mal d'étiquettes, un délice pour les esprits libres. À déguster d'urgence, bien avant que les suiveurs se mettent en position de clonage automatique.
Anthony Augendre |
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 |  | Symbole Of Life [Gun/BMG]
Au grand soulagement d'une majorité de ses fans, "Believe In Nothing" avait en 2001 marqué le retour de Paradise Lost vers un genre métal moins hermétique que les expérimentation électroniques de "Host" (99). Neuvième réalisation du quintette d'Halifax, "Symbol Of Life" parachève ce demi-tour stylistique et apparaît d'entrée comme leur album le plus réussi depuis le très acclamé "One Second" en 98. Empruntant à ce dernier la simplicité et la clarté de ses compositions, tout en tirant du cultissime "Icon" (94) une noirceur toute spleenique, Paradise Lost accouche ainsi logiquement de toute une ribambelle de nouvelles perles métal-goth. Erased, Self-Obsessed, Symbol Of Life, difficile de ne pas succomber à la beauté glaciale de ces nouveaux brûlots baroques qui viennent ainsi nous rappeler combien, malgré quelques années d'errance, le groupe reste encore aujourd'hui une référence absolue en la matière. Bien équilibrés entre des guitares soutenues et des claviers discrets, les onze nouveaux titres apparaissent là dans leur plus simple appareil sonore, le combo ayant ici judicieusement gommé les arrangements souvent très chargés des derniers opus au profit d'une production (Rhys Fulber, ex-Front Line Assembly) bien plus humble. Album brillant et passionnant, "Symbol Of Life" s'achève dans le quasi-punk Channel For The Pain, surprenant d'agressivité et de virulence : "...My existence is a channel for the pain", une ultime sentence en forme de résumé qui conclu magistralement ce très grand album. Il est à noter que l'édition limitée contient une reprise du Smalltown Boy de Bronski Beat ainsi qu'une admirable ré-interprétation du Xavier de Dead Can Dance !
Stéphane Leguay |
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 |  | A New Morning [Epic]
Suede fait partie de ces trop rares groupes qui, grâce à une régularité exemplaire, n'ont jamais déçu leur public. Adulés par la presse anglaise à la sortie d'un excellent premier album éponyme en 1993, le groupe a depuis résisté aux années, aux critiques et aux changements de line up (notamment au départ après "Dogman Star" de Bernard Butler, guitariste et alter ego de Brett Anderson). Ce nouvel et cinquième album est produit par Stephen Street, connu pour avoir été le producteur attitré d'autres grosses pointures anglaises comme Blur et surtout les Smiths. Malgré un titre qui suggère quelque renouveau, ce sont bel et bien toujours les mêmes thèmes que Brett Anderson y rabâche, un mélange de spleen, d'errances nocturnes et de mélancolie pour héros des classes moyennes. Le son du groupe reste lui aussi le même, plus sobre malgré tout que sur l'album précédent "Head Music". Mais comment reprocher à Suede de faire du... Suede ? Car reconnaissons-le, ces dix morceaux, grâce à la voix d'un Anderson maîtrisant parfaitement son sujet et à la qualité de leur production, sont quasi irrésistibles. "A New Morning" est ainsi une sorte de synthèse de tout ce qui a fait et continue de faire de Suede un groupe incontournable du rock anglais.
Renaud Martin |
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 |  | American Supreme [Blast First/Mute/Labels]
De DAF à Add N To (X) en passant par The Sisters Of Mercy et Dive, nombreux sont les artistes chez qui l’influence de Suicide est palpable. Pourtant, à l’inverse de Kraftwerk, ce séminal duo proto-punk n’a jamais connu de vrai succès public, sa musique radicale et lancinante le condamnant plutôt à être un objet de culte pour un cercle restreint d’initiés et une référence récurrente chez les journalistes zélés. Trop rock’n’roll pour le public électro et trop électro pour le public rock, trop intello pour les punks et trop punk pour les intellos, le binôme Martin Rev-Alan Vega bénéficie d’un certain respect dans les milieux underground mais sans jamais déchaîner un enthousiasme massif. Ainsi, ceux qui vénèrent Suicide seront comblés par ce nouvel album, tandis que ceux qui sont hermétiques aux ahanements de Vega et aux synthés aliénants de Rev ne changeront pas d’opinion. Entièrement produit par les deux compères, "American Supreme" se teinte de sonorités hip-hop (Televised Executions, Wrong Decisions), techno-indus (Death Machine) ou house (American Mean) pour dénoncer avec une virulence inédite la politique américaine. Mélodies exsangues, synthés chevrotants, vocaux noyés dans la réverb’, rythmes hypnotiques, sons répétitifs... Le style Suicide est bien là, mais avec une touche de modernisme et d’éclectisme supplémentaire. Un disque à la fois contemporain et intemporel, disponible dans une édition limitée double CD comprenant un live dantesque enregistré à Londres en 1998, qui témoigne du caractère chaotique et intense des prestations scéniques des new-yorkais. Ce que les spectateurs de leur performance au Centre Pompidou le 8 novembre dernier peuvent d’ailleurs confirmer...
Christophe Lorentz |
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 |  | Compilation [A Different Drum]
Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas envisagé une compilation comme un produit autre que purement promotionnel. C'est pourtant le cas du dernier disque d'A Different Drum, label américain désormais parfaitement incontournable pour tout fan de pop synthétique. Il faut dire que Todd Durrant, producteur de la compilation, DJ renommé dans le milieu et boss du label, connaît ce qui se fait de mieux sur cette scène musicale de moins en moins underground à mesure que le revival eighties progresse. Ce n'est donc pas réellement étonnant que cette compilation soit un sans faute. Non seulement les quinze artistes sélectionnés sont excellents, de Echo Image à Neuroactive en passant par The Nine ou encore Neuropa, mais les versions remixées pour les clubs -comme le titre de la compilation l'indique- par d'autres artistes talentueux du label tels qu'Iris ou DJ Ram, sont particulièrement soignées (comprenez qu'ils ne se sont pas seulement contentés d'ajouter des infra-basses et de charger la boîte à rythme...). Ainsi des titres presque anodins tels que le Spellbound de Moulin Noir, Autumn Leaf de Merge ou encore Beyond Here And Now de Neuropa deviennent de véritables hymnes technopop qui vous rappelleront vos meilleures soirées de musique synthétique. Un seul regret peut-être : l'ensemble de ces remixes ne sont pas inédits mais déjà présents sur les maxis des titres phares. Mais qu'importe puisque ce condensé musical est une crème savoureuse de ce qui se fait de mieux dans le genre.
Stéphane Colombet |
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 |  | Installed [A Different Drum]
Voilà enfin une initiative un peu neuve dans le milieu de la technopop. Après avoir remixé les plus grands noms actuels de cette scène musicale et plus particulièrement les artistes américains du label A Different Drum, le jeune artiste russe DJ Ram sort son premier véritable album, précédé de deux maxis déjà remarqués par la qualité de leur production. En près d'un an, après s'être longuement fait attendre, DJ Ram a tiré le meilleur parti de ses petits concurrents pour se mettre en quête et découvrir quelques mélodies vraiment nouvelles, dans le registre couplet-refrain à la Depeche Mode. Mais, contrairement à d'autres, le résultat n'est pas assimilable à une simple copie, voire à un pauvre clône du groupe anglais. Car, sans doute dépourvu de dons en matière de vocalises et plutôt que de maltraiter ses chansons, DJ Ram a préféré confier ses compositions aux voix des autres. Ses choix, aussi bien féminins que masculins, se révèlent plus que pertinents, notamment ceux de No Comment, Beborn Beton, Blue October ou de The Echoing Green. L'impression d'ensemble est plus qu'agréable car l'effet d'hétérogénéité semble naturelle, la musique faisant le lien entre tous les morceaux et permettant d'éviter un effet compilation désagréable. Quelques jolis tubes devraient retenir l'attention et notamment les titres Why (Would I), Divide et Wide Awake. Les amateurs de groupes tels que Mesh ou De/Vision apprécieront... À noter que pour les plus rapides, l'édition limitée de l'album est un pur joyau qui contient un second CD composé de remixes survitaminés (dont le magnifique Save Me remixé par Michael Balch, ex-producteur de Front Line Assembly) et de deux titres inédits.
Stéphane Colombet |
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