Autechre
Draft 7.30
[Warp/PIAS]

Écouter un disque d'Autechre est toujours une expérience qui procure un plaisir intense et incomparable, tant pour l'esprit que pour l'ensemble des sens. Malgré leurs six albums et leurs huit EP, chaque nouvelle incursion dans leur environnement sonore procure invariablement le même étonnement et reste un exercice particulièrement difficile. Les deux Mancuniens Sean Booth et Rob Brown savent en effet, quand ils veulent, être particulièrement obtus, prenant fréquemment un plaisir vicieux à orienter leurs circonvolutions électroniques dans des directions toujours inattendues, imprévisibles. Xylin Room, qui ouvre l'album, en est d'ailleurs un parfait exemple. Le morceau rebondit, à trois reprises, et prend à chaque fois des directions totalement différentes. Si IV VV IV VV VIII semble insurmontable, à l'inverse, 6IE.CR est presque emphatique. Le morceau est construit crescendo et apparaît comme le titre le plus "logique" (la nôtre, pas la leur) de l'album. Les magnifiques Reniform Pulse et Surripere, ou encore Theme of Sudden Roundabout, P.:NTIL ou le presque dansant (!) V-Proc, sont d'autres petits moments de bonheur, expériences perpétuelles et toujours renouvelées que nous font partager le duo. Mais l'énumération des morceaux est difficile tant chacun d'entre eux est parfois constitué de multiples pièces qui de premier abord semblent parfois incompatibles. Si cet album offre plus de relief que "Confield", qui est peut-être leur record d'hermétisme, certains morceaux restent tout de même particulièrement difficiles, mais se laisseront découvrir au fil des multiples écoutes toujours nécessaires pour s'imprégner parfaitement d'une oeuvre d'Autechre. Si il semble que l'on n'atteindra jamais plus la folie et la clarté de l'EP "Gantz Graf", Autechre continue inlassablement à écrire l'Histoire de la musique électronique, et une fois de plus, "Draft 7.30" va s'imposer, laissant à une génération de suiveurs une nouvelle unité de mesure, sans le moindre indice, comme une mécanique nouvelle que l'on aborderait sans aucun manuel d'utilisation.

Christophe Labussière



Adult.
Anxiety Always
[Ersatz Audio]

Voilà maintenant deux ans que l’on attend fébrilement ce "deuxième" premier album de Adult. Effectivement, alors que "Resuscitation" était avant tout une compilation de singles plus excellents les uns que les autres, "Anxiety Always" est bien, lui, un véritable album, construit et enregistré d’une traite durant la seconde moitié de 2002. Adam Lee Miller et Nicola Kuperus, le couple à la ville comme à la scène qui se cache derrière Adult. (désormais plus connu grâce à la participation de Nicola aux derniers albums de Death In Vegas et Swayzak), avaient plusieurs fois souligné qu’ils voulaient "durcir" leur son pour ce disque. Mais là où l’on pouvait s’attendre à une musique encore plus froide, plus brute et surtout purement électronique, on découvre avec surprise la présence de… guitares ! Turn Your Back développe ainsi un ton électro punk évident, avec sa basse typique et sa voix plaintive à la Siouxsie. Glue Your Eyelids Together résonne quant à lui comme une reprise de Fuzzbox saupoudrée de l’humour pince sans rire si particulier à Adult. Un humour évident qui reste d’ailleurs de mise sur la plupart des titres, comme sur le très bon Kick in the Shin qui clôt l’album entre douceur chagrine et violence humoristique. Tout un programme… Et différence notoire par rapport aux deux morceaux cités précédemment, on baigne ici dans un univers totalement électro qui n’est pas sans rappeler les Kitbuilders, leur alter ego de Cologne.
Du reste qu’on ne s’y trompe pas : le duo n’a pas viré sa cuti puisque seulement trois des dix morceaux de cet album comportent des guitares. Adult. reste Adult. et des titres comme Nervous (wreck) sont là pour le rappeler. Ni rétro, ni futur, ni "no future", juste "The Forgotten Sounds of Tomorrow".

Carole Jay



Aereogramme
Sleep and Release
[Chemikal Underground]

Sur la pochette, une femme nue tient entre ses mains ce qui pourrait être un disque, ou une scie circulaire rouillée, ou peut-être les deux... On ne pouvait pas mieux illustrer ce qui se dégage de ce formidable nouvel album du quatuor originaire de Glasgow (Arab Strap, Mogwai, Belle and Sebastian, The Delgados). Leur rock sombre et extrêmement riche, mélange fou et improbable de sonorités électroniques, post-rock et même de métal dans ses éclats les plus orageux, oscille en permanence entre douceur et violence, fragilité et rage. Ainsi, un morceau a priori calme, acoustique et au chant posé peut à tout moment se transformer en orage de guitares et de cris, grâce à l'incroyable capacité de la voix de Craig B. de passer d'un extrême à l'autre (Older, Wood). Même si ces explosions sont finalement rares, il en résulte une intensité et une tension émotionnelle qui ne laissent pas indemne. L'album, heureusement, se termine sur une note calme et lumineuse avec un dernier morceau sans titre, quasi instrumental et tout bonnement irrésistible. Attention, disque dangereux.

Renaud Martin



Alpha
Stargazing
[Catalogue]

Petits protégés, avec Craig Armstrong, de l'ancien label trip-hop de Massive Attack (nommé Melankolik, et à l'amusante devise "Glad to be sad"), les bristoliens Corin Dingley et Andy Jenks nous ont déjà offerts deux très beaux disques, "Come from Heaven" (1997) et "The Impossible Thrill" (2001). Désormais sur le label français Catalogue (Sporto Kantes, Télépopmusik), le groupe nous livre un nouvel album qui reste de prime abord très proche de leurs précédents opus : mélodies mélancoliques, instrumentations subtiles et élégantes (violons, guitares, samples) qui touchent droit au cœur, le tout servi par les voix des habituels Wendy Stubbs, Martin Barnard et Helen White, rejoints pour l'occasion par Kelvin Swaybe (collaborateur d'Adrian Utley de Portishead). Si l'on n'observe donc pas de changement radical dans la forme, le talent et l'inspiration sont toujours là. "Stargazing" est un album classieux, envoûtant (on remarquera les morceaux A Perfect End, I Just Wanna Make You, Blue Autumn ou le très soul Elvis), et qui évite notamment grâce à des morceaux plus écrits et à la variété des voix, le piège de la monotonie qui se dégageait du précédent album. Une réussite.

Renaud Martin



Arab Strap
Monday at the Hug & Pint
[Chemikal Underground]

Il aura fallu attendre deux ans pour que les écossais d'Arab Strap donnent une suite au magnifique "The Red Thread", deux ans pendant lesquels on a heureusement pu patienter avec leurs projets solos respectifs. "Monday at the Hug & Pint" marque donc le grand retour d'Arab Strap et de ses chansons noires et ancrées dans la vie réelle, de ses chroniques mélancoliques et désabusées de la vie quotidienne. Sexe, jalousie, infidélité, trahison, alcool et autres substances sont les thèmes que le groupe aborde d'une manière très crue, au point de mériter sur ses disques le sigle "Parental advisory". Avec la participation de membres des groupes amis (Bright Eyes, Bill Wells Trio, Mogwai) et brillamment accompagnés de violons et violoncelles, Aidan Moffat (chant) et Malcolm Middleton (guitare) nous offrent ici treize morceaux qui explorent une nouvelle fois les biais et déviances que peuvent prendre les rapports avec l'autre, et dans lesquels on retrouve ce contraste entre un songwriting toujours aussi pesant et cru, et une subtile alternance (encore plus riche que dans "The Red Thread") de pop lancinante, ballades folk et morceaux aux rythmiques plus club. On ne saurait trop vous conseiller de vous plonger, voire de vous noyer dans ce "Monday at the Hug & Pint", probablement le plus abouti des albums de ce groupe à l'écriture unique.

Renaud Martin



Bip-Hop Generation v.6
Compilation
[Bip-Hop]

Sixième volume d’une série de compilations qui n’a plus à faire ses preuves, ce "Bip-Hop Generation" ne dépareille pas de ses prédécesseurs. Parmi les musiciens présents cette fois-ci, on trouve Alejandra & Aeron, le couple hispano-américain fondateur du label Lucky Kitchen, qui nous proposent une espèce de mix abstrait de cordes acoustiques. Le résultat est charmant mais un peu soporifique, et on comprend vite pourquoi quand on voit son titre (Listening to Radio Rioja Before Going to Sleep). On se rattrape heureusement très vite avec deux excellents morceaux de Scanner. Mélodies envoûtantes, ambiances fluides et aériennes ponctuées de voix "hachées" (et hackées), les compositions de Robin Rimbaud déçoivent rarement. BitTonic, alias Iris Garrelfs, enchaîne ensuite avec son mélange original de glitch et de drones aquatiques, enrobé de sa voix douce et rassurante. Le contraste qu’elle obtient ainsi est des plus saisissants... Le généreux Ilpo Väisänen nous offre quant à lui trois titres assez différents les uns des autres, mais qui restent dans la lignée minimale et hypnotique développée jusqu’alors par le Finlandais, nous rappelant ainsi qu’il n’est pas l’autre talentueuse moitié de Pan sonic pour rien. Battery Operated, un trio organisé autour de deux musiciens et d’un vidéaste, nous propose deux compositions originales. L’une est un compromis très étrange de structures chaotiques et de textures hybrides alors que l’autre (Kloppy) évoque irrésistiblement Dat Politics ou le Simple Funk de Gram. Un groupe à suivre qui devrait bientôt sortir un album en compagnie de Gescom. On termine en retrouvant une nouvelle fois Ilpo Väisänen, ici en collaboration avec Dirk Dresselhaus (Schneider TM) sous le nom trompeur de Angel. Trompeur car ce onzième et dernier morceau débute sur un bruit de marteau piqueur qui tend à confirmer que le chantier de ces deux terroristes sonores n’est pas prêt de s'arrêter. Tout comme les compilations Bip-Hop espérons-le.

Carole Jay



Cdatakill
Paradise
[Ad Noiseam]

C’est là un drôle de paradis que nous propose Zak Roberts. Son éden, ou en tout cas l’interprétation sonore qu’il en fait, évoque plus les flammes chaudes de l’enfer que les paysages niaiseux et cotonneux d’un quelconque paradis… et c’est tant mieux.
Sa musique est un compromis entre le matraquage de breakbeats et les nappes de fond légères et envoûtantes qui habillent ses morceaux en leur donnant une épaisseur et surtout une originalité évidente. Cdatakill renouvelle l’air de rien le genre breakcore en y incluant également les bribes d’autres styles musicaux, un peu à la manière de Venetian Snares. Certaines de ses compositions flirtent habilement avec la jungle, tandis que d’autres évoquent tour à tour des sonorités plus dark ambient, industrielles ou rhythmic noise.
À l’inverse le deuxième CD (car il s'agit d'un double album) contraste par sa quiétude, même s’il reste dans un registre musical très sombre... "Brazilian Nightmare", c'est son nom, est la réédition d’un CD-R sorti à seulement cent exemplaires l’année dernière sur le label américain Eupholus. Résolument plus ambient, il s’ouvre également à d’autres genres musicaux en intégrant par exemple de la musique classique (A Question of Purpose). Si vous ne connaissez pas encore Cdatakill, voilà donc un bon moyen de vous procurer toute sa discographie CD en une seule fois (!), le musicien étant jusque là plutôt habitué aux sorties vinyliques et notamment aux split singles, comme le prouvent ses déjà nombreuses collaborations avec Resurrector, Abelcain, Minion, Low Entropy ou bientôt Fanny. À noter que les deux disques sont agrémentés de trois remixes chacun, réalisés tour à tour par Somatic Responses (pour une relecture efficace de Cabrini Green, un des meilleurs morceaux de la triple compilation DHR "Don’t Fuck with Us"), Tarmvred, Detritus, Matt Demmon, Jason Snell et Stick.

Carole Jay



Communication Zéro
Transition
[Mark XIII/UWe]

Curieusement, c'est le même individu, le marseillais Pi, qui officie derrière Komplex et Communication Zéro. Si le premier projet a été une vraie découverte, particulièrement original dans son traitement de la voix, des mélodies et dans la construction des morceaux, le second cache derrière une électro "à la" Ant-Zen quelque chose de bien moins excitant. Comme trop souvent, la grosse artillerie tente de cacher la faiblesse de l'ensemble et le tout reste beaucoup trop emprunt de la forte influence de ses aînés. Néanmoins, les écoutes successives laisseront peut-être à Communication Zero la possibilité de s'imposer à nos oreilles, car l'ensemble, rythmé et terriblement roboratif, recèle par endroit des traitements de son particulièrement intéressants, quelques boucles industrielles et samples de voix bienvenus (Connected (Emotional Technology), Missing (You Killed Me) ou encore le remix par Sulphuric Saliva de Lose Kontrol qui termine l'album). Mais cela ne suffira pas à "Transition", qui ne devrait pas résister au temps. Tout au mieux, il nous donnera envie de retourner réviser certains classiques que lui semble connaître sur le bout des doigts.

Christophe Labussière



Electronic Cinema
Compilation
[UWe/Mk2]

Il y a des disques pour lesquels tout commentaire est superflu tant leur titre se suffit à lui-même. C'est ici le cas, avec cette collection de musiques électroniques utilisées pour le cinéma. Une remarquable sélection de morceaux, tous trop courts, ayant illustrés des films aussi variés que "Pi", "Matrix" ou "Basic Instinct" (seul vrai bémol cinématographique de la compilation). Quelques titres sortent véritablement du lot, en particulier le magnifique Summer Overture de Kronos Quartet (extrait de la BO de l'incroyable "Requiem for a Dream"), Stem, de DJ Shadow ("187 : Code meurtre"), A Pure Person de Lim Giong ("Millennium Mambo") ou encore le lancinant Clubbed to Death signé Rob D. ("Matrix"). L'ensemble est absolument splendide, de bout en bout, et nous offre l'occasion de nous replonger dans des films exceptionnels (dont "Pi" ou "Requiem for a Dream", pour ne citer qu'eux), qui ont bien évidement tous en commun d'avoir une bande-son soignée. L'ensemble est fluide et particulièrement digeste et a été réalisé par les mains expertes du label UWe et de Mk2 Cinéma. Indispensable.

Christophe Labussière



Ellen Allien
Berlinette
[Bpitch Control/Ping Pong]

Depuis l'excellent "Stadtkind", premier album sorti en 2001, la berlinoise Ellen Allien s'est offert un tour du monde électronique en mettant le feu à bon nombre de dancefloors autour de la planète. Une expérience l'ayant semble-t-il profondément enrichie tout en renforçant son attachement à sa ville, auquel le titre de ce nouvel album rend aujourd'hui hommage. "Berlinette" semble plus expérimental et destructuré que "Stadtkind", mais tout aussi homogène. La fondatrice du label BPitch Control affine ici son esthétique sonore en livrant une fois de plus une électro groovy et intelligente, entrecoupée de breaks, de crépitements acides (Abstract Pictures), le tout élégamment saturé par des grésillements et autres bruissements électroniques. L'exigeante DJette semble aussi avoir pris un plaisir évident à utiliser sa voix comme un instrument : trituré, brouillé ou simple souffle voilé, son chant n'avait jamais autant été mis en avant. Traversées par des rais de lumière (Augenblick) ou relevées ici et là par la présence de guitares (accords arachnéens sur Open, riffs bruitistes sur Thrash Scapes), les rythmiques élastiques de "Berlinette" laissent également poindre sérénité (Secret) ou douce mélancolie (le single Wish). Ellen Allien a en effet le don de créer une intimité et une émotion palpables sur certains titres (Sehnsucht). Loin de surfer sur la très inégale vague electroclash, "Berlinette" est un condensé d'électronique subtile et irrésistiblement efficace, habité par la présence délicate de sa créatrice.

Nathalie Peronny



Fin De Siècle
Sans Titre
[Divine Comedy]

Nouvelle signature du très méritant label marseillais Divine Comedy, (à qui l'on doit le premier album de Land, "Opuscule"), ce "Sans Titre" du duo français Fin De Siècle ravira les amateurs d'ambiances clair-obscur et mélancoliques. Nostalgiques et automnales, les treize titres de ce (déjà) troisième album esquissent en effet avec finesse les paysages d'une autre époque, souvenirs jaunis d'un temps que n'auraient pas encore troublés les grands conflits du XXème siècle. Un piano, quelques samples, des claviers, constituent la fragile ossature de ce recueil de souvenirs intimistes qu'une voix atonale vient parfois animer d'un souffle de vie. Évoquant l'enfance et la nature, Fin De Siècle effleure le dramatique sans jamais tomber dans un pathos abyssal, préférant les soupirs feutrés d'un spleen discret qui n'est pas sans rappeler (dans le fond plus que dans la forme) les premiers Collection d'Arnell-Andrea. Un travail mûr et remarquablement exprimé à côté duquel il serait fort dommage de passer.

Stéphane Leguay



The Gathering
Souvenirs
[Psychonaut/M10]

Latente depuis "How to Measure a Planet?" en 99 et "If_Then_Else" il y a trois ans, la rupture entre The Gathering et son passif métal, annoncée l'hiver dernier par le maxi "Black Light District", est aujourd'hui consommée. Voilà pour ce qui est de la forme, le fond restant quant à lui dans la fameuse veine atmosphérique et lumineuse intronisée par les Hollandais sur leur mythique "Mandylion" en 1995. Mature et sûr de son art, le quintette nous livre un septième album, "Souvenirs" qui ne peut que laisser admiratif devant la maîtrise acquise au fil des années par le groupe. Une maîtrise que l'on retrouve bien entendu dans les mélodies, policées et doucement enivrantes (You Learn About It) ainsi que dans l'élaboration d'ambiances ouatées et éthérées (We Just Stopped Breathing). Un parti pris dépouillé qui confère à cet album un petit cachet intimiste, les quelques influences pop et trip-hop ayant fait ici largement leur œuvre. Une ouverture qui ne dénature pourtant en rien la touche The Gathering et ses atours les plus emblématiques, la belle voix d'Anneke Van Giersbergen restant plus que jamais la clef de voûte de cet album-écrin. Malgré une production plutôt sophistiquée quoique discrète, des guitares très en retrait, le groupe s'est néanmoins aménagé quelques espaces de puissance (Monsters) pour mieux replonger dans les eaux calmes et mélancoliques d'un "Souvenirs" qui brille tant par la finesse de ses compositions que par la magie intrinsèque qui l'anime de bout en bout.

Stéphane Leguay



The Kills
Keep on Your Mean Side
[Domino]

Encore un nom qui commence par "The", encore un couple qui à lui seul fait le bruit d'un groupe entier (White Stripes, êtes-vous là ?), encore des prétendus sauveurs du rock'n roll... Le (vrai, cette fois-ci) couple anglo-américain de The Kills formé par VV et Hotel (aka Alison Mosshart et Jamie Hince) ne serait-il qu'un groupe de plus à rejoindre cette fameuse nouvelle vague de rock ? Pourtant, à l'écoute de cet album au délicieux titre et de son rock monochrome, sale et primitif (qui évoque pêle-mêle Royal Trux, Cramps, Mazzy Star, PJ Harvey ou Sonic Youth), il faut reconnaître que l'ensemble a sacrément de la gueule. Et puis, quand on a réussi à trouver pour son groupe le nom qui tue (on se demande d'ailleurs pourquoi personne n'y avait pensé avant), qu'on nomme ses chansons Fuck the People ou Fried My Little Brains, on n'a pas le droit d'être mauvais. Ces The Kills sont même franchement bons, et avec ce premier album au rock brut dans toute son essence, il rejoignent leurs camarades des Strokes et des White Stripes dans le trio de tête de cette nouvelle scène rock de ces années 00, qui, qu'on le veuille ou non, existe bel et bien.

Renaud Martin



Oil 10
Arena
[Brume]

Alors que certains s'échinent à travailler leurs sons tels des orfèvres, leur donnant une forme précise, abrasive, rugueuse, toujours finement ciselée, Oil 10 se permet en toute désinvolture de rendre les siens malléables, élastiques, sorte de bulles de savon en apesanteur mais dont le mouvement serait totalement maîtrisé. Le résultat fait ainsi fî de tous repères et se débarrasse avec aisance de toutes les étiquettes et appelations connues. On pourra s'essayer à qualifier "Arena" d'electronica, mais le ton est bien plus ludique que ce à quoi le genre nous a habitué, et va, l'air de rien, puiser dans des sonorités new wave et synthétiques labellisées 80's. Avec Dernier Jour et Lost in Metropolis, l'album prend un virage et nous entraîne vers des ambiances cinématographiques SF aux sonorités en apparence désuettes, mais sur lesquelles les ombres de Carpenter et Kraftwerk planent sagement. Gille Rossire joue avec une aisance déconcertante avec des ambiances captivantes et, si les clins d'œils et références que recèlent l'album sont nombreuses, il faut justement y pénétrer comme dans une immense arène, dont chaque recoin est parfaitement maîtrisé par notre hôte. Un quatrième album plus personnel que jamais, et bien trop court.

Christophe Labussière



Placebo
Sleeping With Ghosts
[Hut/Delabel]

Plus tendu, plus sombre et plus punchy que "Black Market Music", qu'on aurait eu plutôt tendance à bouder, ce quatrième album renoue avec une énergie qu'on avait cherchée en vain après leur premier chef-d'œuvre éponyme. Comme pour brouiller toute piste d'emblée, Placebo nous immerge dans un instrumental enragé : Bulletproof Cupid, qui rappellera les meilleurs passages de leurs débuts, de même que This Picture, Second Sight, l'entêtant Plasticine ou The Bitter End, single tornade dont l'efficacité n'est plus à prouver. Mais "Sleeping With Ghosts" n'est pas pour autant une resucée améliorée des anciens albums du groupe. Même si l'on perçoit ici et là des sons glanés de diverses expérimentations sonores esquissées sur "Black Market Music" ou avec Trash Palace pour quelques nappes électro (voir l'intro d'English Summer Rain, Sleeping With Ghosts ou le subtilement Depeche Modien I'll Be Yours). Cet album nuancé recèle aussi des morceaux plus intimistes de la trempe de Without You I'm Nothing où Brian Molko, visiblement très à l'aise, nous livre des textes particulièrement personnels, comme les splendides et sombres Special Needs (que les Curistes sauront apprécier) Protect Me from What I Want ou Centrefolds, ballade épurée mais dense amenée par un piano presque larmoyant. Comme un point d'orgue à cet album mêlant rage et gravité, à une fragile mélancolie. Un Placebo à consommer sans modération, quitte à ne plus devenir que l'ombre de vous-même.

Catherine Fagnot



Sexypop
Access to the Second Floor
[Edith Sample Records]

Pour ceux qui croyaient la scène noise française moribonde depuis le split des Thugs, Sexypop arrive à point. Quand on vous dit trio angevin, un premier maxi enregistré dans les studios Black et Noir, un ingé son qui se nomme Olivier Fournier (Hint, La Phaze), quelques fantômes ne vous titillent pas ? Jetez-vous donc alors sur ce premier album d'excellente emo-noise-power-pop (sic), qui déploie en trente minutes un concentré d'énergie à la fois familière et enthousiasmante. Après une intro à la Near Death Experience, Broken Window arrive en douceur pour exploser au bout de quelques mesures et s'imposer comme une évidence. Évidence de puissance nuancée qui n'est pas sans rappeler Drive Blind pour le chant, Second Rate ou les Portobello Bones pour les guitares et certaines mélodies, forcément. L'album déboule vite, très vite, trop vite, avec ses compos de trois minutes trente en moyenne. Pourtant la subtilité est là et l'espace est habité intelligemment, oscillant entre riffs décoiffants et trouvailles mélodiques imparables. Peu de repos entre tous ces potentiels tubes noise (Prayer, Access to the Second Floor, The Counter pour ne citer qu'eux) hormis le dubesque et non moins excellent Kate Too, cousin lointain du So What de Ministry, ponctué d'un "Attention, on a un style, hein. S'il ne veut pas le comprendre, il va se faire foutre lui !" qui en fera sourire probablement plus d'un(e) mais qui sonne aussi comme la relève d'une scène vitale dont Sexypop pourrait bien être les fers de lance. C'est tout le mal qu'on leur souhaite.

Catherine Fagnot



Skinny Puppy
Back and Forth Six
[Subconscious]

Dommage qu'il faille attendre que les groupes se séparent pour pouvoir ainsi profiter de leurs trésors. Sixième volume de la série "Back and Forth", c'est une véritable mine d'or dans laquelle nous permet de pénétrer cEvin Key lui-même. De Meat Flavoured Factor, premier morceau écrit sous le nom de Skinny Puppy à Hardset Head, enregistré au Doomsday Festival en 2002 et malencontreusement absent du volume 5 (mais disponible en MP3 sur le site du label Netwerk), le CD regorge de morceaux inédits, dont l'origine est toujours sobrement commentée sur le livret. Une série de raretés, mais pas de déchets. On trouve en effet de vraies perles telles Brassy Excellence avec ce petit côté Front 242 ou encore The Poison Mouth et son chant particulièrement curieux, l'excellent Subskull ou encore Morphous. Une nouvelle occasion de se rendre compte de la splendeur de ce groupe majeur, le plus sombre et le plus créatif que la scène électro indus ait jamais eue l'occasion de nous offrir. Ce petit bijou est bien entendu destiné uniquement aux fans, les autres pourront aller tranquillement puiser dans la discographie exceptionnelle du groupe. Et si le packaging est nettement moins excitant que les volumes précédents de la série, le livret contient néanmoins une série de photos inédites, toutes précisément créditées. À consommer en attendant le second album de ohGr, celui de cEvin Key et surtout, l'inespéré nouvel opus de Skinny Puppy, successeur à l'excellentissime "The Process".

Christophe Labussière



Solitary Experiments
Advance into Unknown
[Out of Line]

Deux ans après "Paradox", le trio allemand Solitary Experiments semble vouloir passer à la vitesse supérieure dans sa conduite du bolide de dark-électro que constitue ce "Advance into Unknown", troisième album du groupe. Bien sûr, les grandes références demeurent les mêmes depuis la création du groupe en 1993, de Skinny Puppy à Evil's Toy en passant par Leaether Strip, mais la production a gagné en densité et la construction des morceaux en diversité. Au programme, certes rien de très original : de la musique synthétique morbide et agressive, des couplets-refrains entêtants, des sonorités profondes, parfois très claires, presque cristallines, une oscillation de rythmiques martiales ultra-rapides et de ballades désespérées. Tout ceci accompagné d'une imagerie gothico-futuriste affligeante, digne des pires heures de feu le label Celtic Circle. Rien de véritablement excitant donc si ce n'est que l'alternance des voix triturées et des voix limpides est habilement utilisée entre couplets et refrains (histoire de pouvoir au moins comprendre le refrain pour le chanter en chœur...) et que quelques jolies mélodies, presque neuves, peuplent ça et là un album qui échappe ainsi à la monotonie. Pas un must, mais un bel effort qui ravira tous les fans des groupes précités, à l'exception peut-être de quelques puristes.

Stéphane Colombet



Téléfax
Des courbes et des choses invisibles
[Dora Dorovitch]

Pour commencer, une question reste à éclaircir. Comment se fait-il que Diabologum, qui nous a offert trois albums aussi délirants que délicieux, ait réussi à marquer aussi durablement nos esprits ? Un peu à la manière des films de David Lynch, de ceux qui ont cette faculté à pousser notre inconscient à y revenir sans cesse, au hasard d'un détail anodin. Car l'univers unique qu'a créé ce groupe toulousain n'est pas mort avec sa disparition. En effet, dès 2001 et les premières mesures d'Expérience (la formation de Michel Cloup), le rejeton le plus fidèle, ou de Programme (le groupe d'Arnaud Michniak) en 2000, l'excroissance la plus malade, et aujourd'hui de Téléfax, on replonge toujours aussi brutalement dans cet univers si particulier. Et si avec Téléfax il n'y a pas vraiment de connexion directe, Francisco Esteves, bassiste, a néanmoins collaboré au premier album d'Expérience. La filiation est sommaire mais essentielle. Toute la folie et la dureté des sus-cités est ici présente, bercée d'un peu plus de grâce, en particulier lors des apparitions, trop rares, de Marielle (chanteuse du groupe Playdoh), sur Our Talk et Rose. Sonorités électroniques et instrumentation post-rock cohabitent dans la plus grande perversion, offrant des moments de grande intensité où le chant, toujours déclamé, sert de guide à des compositions polymorphes. Bourré d'émotion, tourmenté, dépressif mais jamais pesant, "Des Courbes et des choses invisibles" est véritablement un disque attachant, presque émouvant.

Christophe Labussière



Tiga
DJ-Kicks
[!K7]

Tiga, oui ce cher Tiga Sontag, celui qui nous a infligé avec son compère Zyntherius (alias Jori Hulkkonen) la reprise de l’'insupportable Sunglasses at Night, celui pour qui l'étiquette electroclash semble avoir été inventée nous revient sur !K7 pour un DJ Kicks en dents de scie. Le mix qu’il nous propose est un mélange de bonnes, voire très bonnes surprises (Carl Finlow, Crowdpleaser, St Plomb, Swayzak ou l’excellent Charles Manier) et de fautes de goût rédhibitoires, comme la présence d’un saxophone énervant entre Chromeo et 2raumwohnung, d’un vieux morceau de Soft Cell (…So) pas très opportun, et de quelques relents italo-disco qu’on aimerait fuir comme la peste et qui gâchent parfois l’écoute de ces 24 titres, pourtant plutôt bien mixés. En dehors de ces erreurs de parcours, on remarquera la présence de deux remixes signés Black Strobe et d’un morceau de Volga Select (point commun Ivan Smagghe) ou du Deceptacon de Le Tigre (le groupe de l’ex-Bikini Kill Kathleen Hannah), qui risque ainsi de se coltiner encore longtemps l’étiquette électro qu’on lui colle abusivement à la peau, et notamment depuis la sortie du disque de remixes dont est issu ce morceau. On notera également que le CD débute avec une relecture efficace de Jolly Music par Adult., gage de bon goût s’il en est (les remixes réalisés par ce groupe étant rarement mauvais), et qu’il se termine avec la célèbre reprise par Tiga lui-même de Madame Hollywood (le morceau de Felix da Housecat interprété à l’origine par Miss Kittin). Finalement voilà un disque destiné à nos pieds autant qu’à nos oreilles, alors malgré les quelques maladresses citées précédemment, dansons gaiement, ce sera toujours ça de gagné sur la morosité ambiante.

Carole Jay



White Stripes
Elephant
[XL Recordings]

Le couple terrible du rock en rouge et blanc formé par Meg et Jack White (mari et femme divorcés, ou frère et soeur, selon les versions) est toujours là et n'est pas prêt de baisser la garde puisque les Whites Stripes, leader avec les Strokes et les Hives de ce renouveau du "rock à guitares" auquel apparemment on ne peut échapper, sortent ici leur quatrième album, successeur très attendu de "White Blood Cells", le disque qui les a révélés ici. Pas de bouleversements à l'horizon, puisque à part quelques nouveautés comme l'apparition d'une basse dès les premières mesures de l'excellent premier morceau (et single) Seven Nation Army et de quelques rares synthés, leur musique reste fidèle à ce qu'elle était pour les trois opus précédents, c'est à dire ce garage rock décapant teinté de blues et de country. On remarquera malgré tout la reprise d'un classique de Burt Bacharach et Hal David I Just Don't Know What to Do With Myself, et surtout le très drôle dernier titre It's True that We Love Each Other dans lequel Jack et Meg, accompagnés de Holly Golightly, poussent la chansonnette en ironisant sur leur fameuse relation qui intrigue tant de monde. "Elephant", à défaut d'être novateur, reste un disque diablement brut, efficace et qui consacre définitivement le rock du duo de Détroit comme ce qu'il se fait de mieux dans le genre... Rock'n roll !

Renaud Martin



Wolfsheim
Casting Shadows
[Strange Ways]

Wolfsheim a été au cours de la dernière décennie l'un des groupes phares de la vague électro pop dark allemande. Les auteurs du désormais classique The Sparrows and the Nightingales ont suivi leur petit bonhomme de chemin sans jamais vraiment s'écarter du sentier qu'ils ont battu aux côtés de groupes comme Deine Lakaien ou Girls under Glass. Sauf que le duo a sans doute été le plus prompt à tirer son épingle du jeu en remportant un vrai succès commercial outre-Rhin. Succès qui ne devrait pas être démenti par ce sixième album. Le successeur de "Spectators" offre un nouveau lot de ballades très lisses et quelques morceaux aux beats plus dansants, servis par une production carrée, confiée cette fois-ci à Axel Breitung (producteur de dance ayant à son actif Dj Bobo (Chihuahua) ou Lou Bega) et Andreas Herbig (A-ha). Bien que parfois à la limite du doucereux, la voix de miel de Peter Heppner et les mélodies mélancoliques de "Casting Shadows" attrapent facilement l'oreille et se fredonnent rapidement. Calmes, clean mais entraînantes, les chansons du duo teuton ont tout pour plaire aux amateurs de A-ha (période "Lifelines") ou De/Vision. Force est de constater qu'au rayon synth pop, Wolfsheim reste une valeur sûre.

Laure Cornaire



Zombie Commandos
From Hell!
Compilation
[Geska]

"Zombie Commandos From Hell!" est à l’origine une bande dessinée (en langue anglaise) réalisée par un canadien, Stéphane Dumais. L'auteur est par ailleurs graphiste illustrateur, responsable, entre autres, des pochettes d'Assemblage 23 ("Failure", "Addendum", "Defiance") ou encore de Negative Format ("Static"). Mais ce n'est pas de ces travaux, ni du troisième volume récemment paru de la série dont il est question ici, mais de ce qui se présente comme la bande-son idéale pour en accompagner la lecture. Une compilation réalisée par Stéphane Dumais lui-même (qui a enregistré de sa propre voix des extraits de la bande dessinée qui ont été utilisés sur plusieurs morceaux) et masterisé par Millenium Studios (Mlada Fronta). On retrouve une fois encore la jeune génération, familière des ambiances électronico-EBM, émergeant de part et d'autre de l'Atlantique et entourée de quelques valeurs reconnues. Et le résultat est un parfait sans faute. La compilation est en effet d'une homogénéité exceptionnelle, exploit assez étonnant quand on connaît la personnalité de chacun des intervenants. Une œuvre "entière", particulièrement logique, qui pourrait presque être un nouveau side-project de Bill Leeb et Rhys Fulber (croisement exquis entre Front Line Assembly, Noise Unit et Intermix...) tant chacun use avec dextérité des sonorités et ambiances cybernétiques et cinématographiques propres au duo canadien. Une finesse omniprésente et une créativité déroutante qui permettent d'apprécier pleinement la compilation sans connaître la bande dessinée, mais qui raviront sans aucun doute les inconditionnels de l'univers dévasté et ravagé de Stéphane Dumais.

Christophe Labussière

Express

La scène métal-indus francophone semble plutôt bien se porter puisque dans le sillage de Y Front, Sin et autre Punish Yourself, une flopée de jeunes groupes vient en ce début 2003 pointer le bout de son nez. Fraîchement incorporés dans les rangs du label québécois Geska, Jailbird et Foetal Void sortent tous deux leur première production. L’album "…Inside Nonsense" des Français Jailbird dévoile un travail relativement intéressant qui, malgré de trop évidentes influences (Young Gods, Treponem Pal) révèle ses aspects les plus efficaces aux travers de ses compositions les plus lentes (Go Insane). Une production soignée et de bonnes trouvailles sonores devraient achever de ravir les amateurs de crossover cérébral. Plus synthétique que son camarade d’écurie, Foetal Void propose un maxi 7 titres, "Know Ep", dont la chanson moteur éponyme (et ses trois remixes) brille par son refrain entêtant et ses astucieux synthés, les mélodies semblant par ailleurs constituer la grande force de ce combo belge dont le premier album "Involuntary Human" est prévu avant la fin 2003. À suivre donc.
Métal-indus toujours avec les lyonnais de Porn qui sortent un premier EP 4 titres à la prod particulièrement soignée. Un son très propre qui laisse entrevoir là encore un bon potentiel mélodique (Recycle), à condition toutefois que le quatuor sache se débarrasser dans le futur de ses encombrantes influences (Marilyn Manson et Nine Inch Nails en tête). Une mixture cyber-porno pas franchement innovatrice mais somme toute assez agréable à écouter. Sombre et envoûtant, l’univers du duo nivernais Re_Org (ex-Tambours Du Bronx, Punishment Park, Fingered) oscille entre électro glaciale mid-tempo, crossover tribal et des cadences qui seraient presque dansantes si ce n’était l’épaisse chape de plomb présente tout le long des onze titres de cet album (exception faite d’un ultime morceau en forme de blague). Un premier essai plutôt réussi. Enfin la palme du bruit sidérurgique revient sans conteste à un autre duo français, Muckrackers. "Nous produisons des hymnes industriels pour pistes de danse
bombardées", la formule peut prêter à sourire mais elle s’avère finalement une très bonne définition du son Muckrackers : "#2", deuxième production du groupe ne fait en effet pas dans la dentelle et martèle violemment les discours engagés et politiques du groupe (Massoud – ist Tot) à grands coups d’allemand scandé, de guitares en charpie, de beats meurtriers et de samples très à propos. Un terrorisme sonore quelque part entre Ministry et Bile savamment maîtrisé et redoutable d’efficacité. Une expérience extrême à tenter.

Stéphane Leguay