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Algernon Woodcock L'Oeil Fé #2 | | Guillaume Sorel/Mathieu Gallié [Delcourt]
Le premier tome de cette série fantastique en deux parties imposait dès ses premières pages deux éléments très particuliers. D'une part le dessin de Guillaume Sorel, véritables peintures utilisant des palettes de couleurs très particulières, orangées pour illustrer des intérieurs confinés et faiblement éclairés, et de splendides variations bleues pour les extérieurs nocturnes. Deux ambiances propices au mystère dans lesquelles les personnages, aux traits assez curieux, plus proches de la peinture que de la bande dessinée telle qu'on y est habitué, évoluent. D'autre part le mode de narration et l'atmosphère qui en résulte évoquent immanquablement l'œuvre de Lovecraft. Le narrateur entreprend en effet de nous raconter quelque chose qu'il a vécu, que l'on sent empreint de fantastique et de mystère, mais qu'il prendra le temps de nous conter depuis son commencement, nous en dévoilant les éléments les uns après les autres... Il sait, mais nous ne savons pas encore. On est en 1800 en Écosse, un jeune diplômé fraîchement sorti de l'école de médecine prend son premier poste en remplacement d'un médecin de campagne. Pour cette première expérience, il se fait accompagner de son ami, étudiant et jeune diplômé en médecine lui aussi, Algernon Woodcoock, personne de toute petite taille, ne mesurant pas plus de 4 pieds de haut. Ce à quoi ils vont être confrontés par la suite était à découvrir dans le premier tome de "L'Oeil Fé" paru l'an passé, et la lecture de ce petit bijou était un véritable plaisir, tant pour les yeux que pour les méninges. La frustration de devoir quitter cette intrigue palpitante et de devoir attendre le second volume pour en connaître le dénouement en était d'autant plus grande. C'est donc avec bonheur que l'on retrouve ces personnages séduisants et que l'on aborde les premières pages de ce second tome. L'immersion dans ces ambiances mystérieuses se fait tout naturellement et les premières pages se dévorent sans coup férir. Mais la surprise est de taille, après une première partie aussi captivante que le premier volume, la "conclusion", délayée sur des dizaines de pages est à la fois trop simple et beaucoup trop confuse... Difficile d'en dire plus sans gâcher l'histoire, mais il y a une vraie rupture dans le ton, le rythme, et les personnages n'ont plus ce côté malin qui les rendait attachant... Au final, on vous conseillera tout autant de vous précipiter sur ces deux volumes, regroupés ensemble dans un coffret, que l'on avouera notre déception à la lecture de ces dernières pages. À vrai dire, le premier tome aurait très bien pu s'achever avec une dizaine de pages de plus. Dommage.
Christophe Labussière |
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