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Marshall #2 Maître Hisaya | | Filippi/Tello [Soleils]
Dès le premier contact que l'on a avec "Marshall" on est frappé de voir à quel point l'univers qui est développé par ses auteurs est une espèce hybride plutôt curieuse. On découvre en effet au fil des pages un métissage étonnant... Derrière un nom aux consonances "western", le dessin, s'il n'est pas franchement orienté manga (bien qu'il en reprenne des composantes dynamiques essentielles dès qu'il s'agit d'action), est clairement japonisant. D'autre part, alors que l'histoire se déroule dans un futur SF, on rencontre au hasard des pages, des jonques ou des personnages en apparat, des sabres de samouraïs ou des habitations en bois, aussi bien que des aéronefs ou des robots... Car ici tradition et modernité cohabitent, et c'est l'essence même de cette série. Vous l'aurez compris, l'univers est très particulier, mais il est surtout incontestablement charmeur, et Filippi et Tello nous le dépeignent en douceur, l'affinant un peu plus à chaque page. Le dessin alterne entre un "simple" crayonné et une profusion d'éléments extrêmement précis dans des décors souvent très fouillés. Le travail sur les couleurs donne un ton et une chaleur étonnante à l'album et les personnages sont séduisants. C'est véritablement un sans faute. La mise en place de l'histoire est carrée et elle s'avère rapidement riche en rebondissements. Après l'éviction des Marshall (les responsables du maintien de l'ordre dans ce monde futuriste), Hisaya et son apprenti Tetsu prennent la fuite et tentent de protéger leur famille et de libérer leurs compagnons. Ils vont ainsi découvrir que ce n'est pas seulement leur caste, mais l'avenir de la planète tout entière qui est en jeu... S'il était au départ nécessaire de rester attentif pour suivre le déroulé de l'histoire, la lecture se fait sans trop de difficulté dans ce nouveau volume tant l'intrigue est menée de façon efficace. Avec ce second épisode, "Marshall" poursuit dans la même voie et avec la même aisance, et s'il y a bien une chose de sûre, c'est que l'on a toutes les chances d'avoir affaire à une grande série.
Christophe Labussière |
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