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Andy Partridge & Peter Blegvad | | Orpheus - The Lowdown [Ape House Ltd]
Bel objet que cet "Orpheus - The Lowdown", résultante de 25 années d’amitié et de travail entre Andy Partridge, leader de XTC, et Peter Blegvad, guitariste de Slapp Happy, groupe de rock progressif d’avant-garde des années 70, puis artiste aux multiples collaborations (la plus connue restant celle de son premier album solo en 1983, "The Naked Shakespeare", avec Andy Partridge à la production). "Orpheus - The Lowdown", est donc un album conceptuel, décrit par ses auteurs comme un voyage initiatique à travers la tragédie, la comédie, la poésie et l’angoisse. La meilleure façon de l’écouter ? Être mort, car cet album "contient des sonorités uniquement audibles par les morts". Tout un programme ! Mais un programme court, pour un album enregistré en pointillés sur une période de treize années : seulement 32 minutes... Douze morceaux, composés de spoken words sur fond de musique purement expérimentale, planante mais tendue, bruits discrets, synthés, sons en tous genres, peu de rythmes, le tout constituant un univers étrange, bande son idéale d’un film d’art et d’essai : voilà ce qui vous attend. Ce genre de travail est périlleux, car beaucoup trop intellectuel pour être appréhendé comme un disque de rock. Les afficionados de musique contemporaine, musique nouvelle et autres exercices de style tendance musique industrialo expérimentale du début des années 80 (voir les Résidents) constitueront donc un public privilégié. Qui plus est, si vous ne maîtrisez pas parfaitement la langue anglaise, il vous sera impossible d’accrocher aux paroles, spoken words comme précisé plus haut, c’est-à-dire longs textes monocordes, sans doute très intéressants, très poétiques, mais fatigants pour des Français qui parlent seulement français... Reste la musique, parlons plutôt de fond sonore, et ma foi tout l’intérêt réside là : elle n’a pas été baclée au profit du texte, elle reste même très agréable à écouter, on flotte parfois dans des contrées explorées par Death In June ou autres SPK et consorts. "Orpheus - The Lowdown" est donc ce qu’il a l’air d’être : un disque très anecdotique, mais pas inintéressant. Pour fans ou curieux en mal de changement d’horizons sonores.
Frédéric Thébault |
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