Hood
Outside, Closer
[Domino]

Bienvenue dans les grands espaces de la campagne anglaise. "Outside Closer", le sixième album de Hood, est sans conteste le plus diversifié à ce jour. Il y a quelques semaines, le groupe nous offrait le EP "The Lost You", avec son magnifique titre pop faussement déglingué, et parfait condensé en 4 minutes 30 de tout ce qui fait la particularité de cette formation originaire de Leeds : l’énergie, la mélancolie, le non-conformisme et les mélodies voilées. Cette fois-ci, les frères Richard et Chris Adams abandonnent la brume musicale si mélancolique dont eux seuls connaissent la formule, pour nous délivrer des notes de musique plus distinctes que d’ordinaire. Alors que "Cold House" (sorti en 2001) était un disque faisant la part belle à l'électronique, "Outside, Closer" n'en garde que l'essentiel pour soutenir le post-rock légendaire des Anglais. Nous retrouvons ce chant si détaché, entonné par cette voix frêle et adolescente qui rappelle celle de Ian Masters à la grande époque des Pale Saints. Plutôt que de suivre un style musical, Hood a inventé un univers fait de photos bricolées, de films à la gloire des voyages et du mouvement perpétuel : leur musique ne stagne pas, mais gagne en précision et majesté à chaque album. Les cordes sont à la fois tristes et belles, et les trompettes chaudes comme un feu de cheminée (L.Fading Hills, Closure). "Outside Closer" est un album d’une incroyable richesse dont on n’est pas près de se lasser, tant les détails apparaissent à chaque nouvelle écoute. On ne peut que trop conseiller à ceux qui ne sont pas encore familiers avec l’univers de Hood de se procurer d’urgence ce nouveau disque ; les autres, c’est sûr, le connaissent déjà par cœur.

Bertrand Hamonou



The 69 Eyes
Devils
[Virgin/EMI]

On a toujours eu une certaine affection pour The 69 Eyes. Tellement poseur, tellement gothique (et le revendiquant fièrement, ce qui est unique), tellement cliché, ce groupe devenait immédiatement sympathique. D’autant qu’il avait le chic pour écrire des morceaux irrésistibles, et affichait finalement les mêmes références de base que la plupart des artistes fondateurs du mouvement (The Sisters of Mercy en tête) : le glam rock (New York Dolls), le punk américain (Iggy Pop) et le hard rock (Motörhead). Véritables stars dans leur pays d’origine (disque d’or et succès grand public), ces ténébreux Finlandais sortent donc leur quatrième album sur la major Virgin. Du coup, le son est un peu plus propre, les synthés un peu plus en avant, les mélodies un peu plus grandiloquentes et les chœurs féminins plus présents. On frémit parfois lorsque le groupe du charismatique (et finalement très rigolo) Jyrki aborde ainsi des sonorités proches de ses insupportables compatriotes de HIM. Mais globalement, The 69 Eyes est resté le même groupe : outrageusement goth et gentiment rock’n’roll, avec un chant de crooner démoniaque (comme si Iggy Pop vocalisait depuis une crypte), des ambiances à couper au couteau et des visuels que même le plus enflammé des combos dark wave allemands n’aurait pas osé utiliser. En outre, le quintet dévoile cette fois des sonorités et des rythmes plus variés que par le passé, métissant son "goth’n’roll" de pulsations vaudou ou de gospel satanique. Bref, écouter "Devils" de The 69 Eyes aujourd’hui équivaut au même plaisir coupable que de se goinfrer de Nutella à même le pot : c’est pas bon pour la ligne, ça fait rire les copains mais c’est tellement bon !

Christophe Lorentz



Agonised By Love
All of White Horizons
[Alfa-Matrix]

Un titre mythique de Clan Of Xymox en guise de nom de groupe avait forcément de quoi nous intriguer. Agonised By Love, groupe polonais repéré par Alfa-Matrix, ne parvient cependant pas à nous captiver autant que nous l’aurions espéré. Malgré sa pochette réussie qui séduira l’œil des amateurs du travail bien fait, sobre et froid, "All of White Horizons" ne plaira qu’aux fans de darkwave et dark pop héritées d’une cold wave trop vite réchauffée et qui ferait du pied aux productions européennes bien connues de tous, à la croisée des chemins de Diary Of Dreams, Diorama, Covenant, et tant d’autres. Des sons classiques et pas toujours heureux (comme ce son de cuivres synthétiques sur Little Ghost) qui privent les titres du relief dont ils auraient pu bénéficier (Soul's Humility). Au final, on s'ennuie un peu sur ce disque conventionnel qui emprunte bien plus à des formations moins incontournables qu’a pu l’être la bande originelle de Ronny Moorings. Preuve que face à des groupes trop mal inspirés par leurs glorieux aînés, mieux vaut souvent préférer l'original. La pop électro de Cover My World réussit tout de même là où le titre de l’album, All of White Horizons, échoue lamentablement en ressemblant à un mauvais OMD. Gageons que l’Histoire a déjà fait son choix, et qu’elle retiendra que Agonised By Love (n’en déplaise à notre duo polonais) est et restera un titre légendaire du mythique "Medusa" d’un Clan Of Xymox alors novateur en 1986. Il est à noter qu’une édition limitée de l’album sort simultanément agrémentée d’un CD bonus de remixes.

Bertrand Hamonou



Bloc Party
Silent Alarm
[V2]

Aussi étrange que cela puisse paraître, on a déjà l’impression d’attendre Bloc Party au tournant, alors que le groupe n’a à son actif que trois singles (Banquet, Little Thoughts et Helicopter), et un EP éponyme. Il faut dire que leur poignée de titres propices à refiler diablement la patate et leurs prestations live du même acabit ont nourris les espoirs quant à cette formation british qu’on espère être plus que la sensation indie du mois des tabloïds anglais.
Avec ce premier album, on reste en terrain connu puisqu’on retrouve, entre autres, trois titres déjà sortis : Banquet, Helicopter et She’s Hearing Voices. Ces trois morceaux étant aussi les moments forts de l’album, on est tenté de mettre un bémol à l’enthousiasme qu’aurait pu susciter le disque, un peu comme pour ces films comiques dont on a déjà vu les meilleurs gags dans la bande-annonce. Mais ne soyons pas non plus rabat-joie car ces britons, petits protégés de Franz Ferdinand, prouvent avec "Silent Alarm" que le buzz qui les a très tôt entourés fait écho à un potentiel réel. On s’attache, en particulier, à la voix de Kele Okereke, sorte d’alter ego black d’un Robert Smith jouvenceau. Énergie et rythmique héritées du punk, guitares new waveuses, on est toujours dans l’ère du recyclage des années 80 mais, si il ne révolutionne pas le rock, le quatuor fait néanmoins figure de très bon élève aux côtés des Killers, d’Interpol ou de Franz Ferdinand.

Laure Cornaire



Cdatakill
The Cursed Species
[Ad Noiseam]

Du rythme, des rythmes et encore du rythme. Voilà comment résumer de manière certes réductrice, mais claire, "The Cursed Species", le deuxième album de Cdatakill. La boîte à rythmes est le cerveau de ce disque dont les espèces maudites ("The Cursed Species") et originales du livret n'ont sûrement jamais existé. Elles auraient d'ailleurs eu beaucoup de mal à suivre la cadence de ces cinquante trois minutes de musique électronique assemblées autour de boucles déchaînées, voire incontrôlées (Graceless). Zak Roberts dit avoir composé des morceaux plus complexes et plus élaborés que ceux présents sur "Paradise", son précédent album sorti au tout début 2003. Il n’y a donc aucune plage complètement ambient, mais certains passages renvoient quelques millions d’années en arrière, sous les ténèbres d’un monde hostile pour l’espèce humaine (How to Kill People and Get Away With It). Le titre du premier morceau (Exorcise the Demons) annonce clairement la couleur : Zak Roberts donne vie à ses démons et les fait "chanter" sur A Death Worth Re-Living, à grands coups de croassements et râles lugubres. Totalement instrumental, "The Cursed Species" visite l’univers du jeu vidéo (Swarm of Vicious Angels) ainsi que celui de la dark drum’n’bass avec lignes de basses synthétiques montées sur ressorts (Hymn of the Siamese). Attention cependant à la lassitude que peut rapidement provoquer cet enchevêtrement de boucles chez des non-initiés.

Bertrand Hamonou



Death In June & Boyd Rice
Alarm Agents
[NER/Tesco]

En 2001, le précédent opus de Douglas Pearce "All Pigs Must Die", malgré quelques bons titres, avait déjà fait filtrer quelques signes de répétition et nous avait laissé un peu sur notre faim. Cet "Alarm Agents", enregistré en collaboration avec Boyd Rice confirme les craintes déjà existantes : Death In June tourne en rond… On aurait aimé avoir la surprise d’un singulier contre-pied artistique comme ce fut le cas sur les albums jumeaux "Take Care & Control" (1998) et "Operation Hummingbird" (2000). Malheureusement, si la richesse des arrangements alors orchestrés par Albin Julius (Der Blutharsch/The Moon Lay Hidden Beneath a Cloud) avait transfiguré le travail de Douglas sur ces deux disques, les spoken words de Rice ne parviennent ici pas à apporter le souffle nouveau qu’on était en droit d’attendre de ce nouvel album. De jolies ballades crépusculaires (parfois proche de la période "But, What Ends When the Symbols Shatter?"), quelques grondements ambiant-industriels et une floppée d’inter-titres anecdotiques, voilà la structure que l’on peut dégager de cet opus dont l’attrait créatif se borne malheureusement là au minimum syndical. Élaborée au cœur des 80’s à partir des albums "Nada!" et "The World That Summer", la recette "folk apocalyptique" de Death In June serait-elle arrivée au pied d’un mur contre lequel nombre de sous-formations dark folk se sont déjà écrasées ? La réponse reste en suspens tant il est vrai que cet album reste très agréable d’écoute et bien au-dessus de la meute des suiveurs. Mais la redondance des compositions et l’ambiance léthargique générale, tout juste rythmée par la voix monocorde de Boyd Rice (on regrettera le chant profond de Douglas Pearce), pourront vite avoir raison des fans les plus exigeants.

Stéphane Leguay



Elefant
Sunlight Makes Me Paranoid
[Kemado/Discograph]

Sorti initialement en 2003, le premier album de cette jeune formation américaine est, à vrai dire (et tout au moins en ce qui nous concerne), passé jusque-là totalement inaperçu. Cette réédition, un an et demi après sa sortie initiale, est donc l'occasion de s'y intéresser de près. D'autant plus que ce disque présente toutes les caractéristiques qui devraient lui permettre de parvenir rapidement à faire partie de la hype ! Pour commencer le groupe est originaire de New York, ce qui semble depuis quelques mois être un critère géographique bien utile pour prétendre au rang de "révélation". Ensuite et surtout, il manie une basse bien ronde, une rythmique soignée, et s'offre une voix précieuse, bourrée d'émotion et extrêmement addictive. Les ambiances romantiques qui se dégagent de "Sunlight Makes Me Paranoid" nous ramènent d'ailleurs au meilleur des années 80/90, avec de très fortes réminiscences de The Sound, tant dans l'ambiance que dans les arrangements, jusqu'à la voix charismatique de Diego Garcia qui rappelle celle de feu Adrian Borland (chanteur de The Sound). Le résultat est tout bonnement imparable tant, une fois encore, le "mélange" entre ces sonorités qui nous sont chères et un traitement actuel, mais tout en retenue, prend parfaitement bien.

Christophe Labussière



Erasure
Nightbird
[Mute/Labels]

La perfection n'est peut-être pas de ce monde mais ce nouvel album du duo british est, dans le registre synthpop, un album quasi-parfait, une œuvre majeure, le meilleur album d'Erasure depuis une bonne dizaine d'années, l'époque du magnifique "I Say I Say I Say". Pourquoi ? Parce que ces derniers temps, Andy Bell et Vince Clarke avaient voulu s'éloigner un peu de ce qu'ils font le mieux, à savoir une musique électronique émotionnelle, accrocheuse et dansante, pour exploiter soit des sonorités plus acoustiques (l'album "Loveboat"), soit des mélodies peu adaptées à leur musique, à travers des covers parfois douteux (l'album "Other People Songs", dernier en date). Fort heureusement, "Nightbird" s'impose dès le début comme un retour aux sources de la techno pop sentimentale. À l'écoute du premier morceau No Doubt, on sait déjà qu'on aura droit à un "grand album" ; la voix androgyne d'Andy Bell n'a jamais été aussi profonde et les mélodies géniales de Vince Clarke sont magnifiques, entêtantes à souhait. Vient ensuite une pure merveille, sans doute l'un des meilleurs morceaux jamais conçus dans ce registre musical, Here I Go Impossible Again et ses sonorités d'une pureté extrême, mélange d'Abba et de Giorgio Moroder d'un temps nouveau. Sans parler du premier single Breathe, magnifique mid-tempo et harmonies imparables, du second Don't Say You Love Me, condensé sans erreur de tout le savoir-faire du groupe, et de I Bet You're Mad At Me, démonstration grandiose et progressive de l'étendue vocale d'Andy Bell. Et sans même évoquer les très dansants et éventuels futurs autres singles Sweet Surrender et All This Time Still Falling Out of Love, particulièrement inoubliables. Sans doute déjà l'un des meilleurs albums de pop électronique de l'année 2005. Réjouissez-vous, esclaves : les maîtres sont de retour.

Stéphane Colombet



In Slaughter Natives
Resurrection - The Return of a King
[Cold Meat Industry]

In Slaughter Natives fait figure aux côtés de projets tels que Ain Soph, Allerseelen ou Deutsch Nepal de figure emblématique de cette vague post-industrielle hâtivement classifiée sous l’appellation fourre-tout dark ambient ou encore dark apocalyptique. Pour autant, il paraît bien difficile de pouvoir éviter ces éternels poncifs concernant le terrifiant tissu sonore qui enveloppe l’univers d’ISN. Exhumé du visqueux cocon dans lequel Jouni Havukainen l’avait tranquillement laissé pourrir depuis le mythique "Purgate My Stain" en 1996, ce nouvel alien baptisé "Resurrection" reprend la lente descente aux enfers amorcée à la fin des années 80 : une musique pour sacrifices humains rythmée par de puissantes percussions rituelles et des sons souterrains, étouffants, lancinants. Toujours aussi à l’aise dans l’art d’aiguiser les déviances morbides du plus sage d’entre nous, In Slaughter Natives parvient sans peine à remplir le cahier des charges "imposé" par le genre : quelques samples bien sentis, une voix déformée, des chants grégoriens, un angélus par-ci, des babillements de bébé par-là, une bonne marche militaire pour la forme, bref tout ce qu’il faut pour faire un disque dans la pure lignée Cold Meat Industry. Et malgré l’aspect cliché d’une telle énumération, force est de constater que tout fonctionne ici à merveille. On aurait pu penser la machine grippée depuis tout ce temps ou simplement dépassée par certains de ses disciples, il n’en est rien ! In Slaughter Natives exhale toujours ses bonnes vieilles odeurs cadavériques tout en dessinant de ses doigts crochus des formes et des couleurs que pas même Munch ou Schiele n’auraient imaginé peindre… Un requiem en dix mouvements poisseux et glauques à souhait qui accompagnera parfaitement cet hiver glacial. On aime !

Stéphane Leguay



Jack Or Jive
Absurdity
[Prikosnovénie]

Retourner vers Jack Or Jive, c’est un peu comme retourner dans un cocon. Un cocon aux douces parois tendues de mélancolie et de tristesse qu’on a toujours du mal à quitter. Langoureuses et délétères, les ambiances confectionnées par le duo japonais traversent les années, à chaque fois un peu plus alourdies par les tragédies qui assombrissent notre monde. Une saturation devant l’horreur des derniers évènements (la guerre en Irak et le titre Full Moon – Death of a Journalist dédié au reporter Shinsuke Hashida, abattu le 27 mai 2004 dans la banlieue de Bagdad) qui trouve là un sinistre écho dans le titre de cet album : absurdité. Les sanglots du piano et les murmures des synthés peuvent dès lors jouer leurs traditionnelles ritournelles dramatiques transpercés par les vocalises déchirantes d’une Chako dont le chant, flirtant comme à l’accoutumée avec le faux, appuie un peu plus la fragilité de ses lamentations. Rien de vraiment nouveau donc sous le soleil (levant) de Jack Or Jive. Juste cette formule si singulière qui continue de faire mouche et de nous tirer titre après titre les larmes des yeux. Et c’est à peine si l’on a le temps de sortir la tête de l’eau pour le gentillet et léger Telepathy que déjà All the Vanities nous replonge dans l’onde glaciale de cet "Absurdity" si éloquent. Entre spleen et dépression, le duo parachève ce triste tableau humain avec le poignant Prayed Again, derrière lequel point pourtant une infime lueur d’espoir. Une impression confirmée par les quelques lignes qui frappent le livret d’"Absurdity" : "(..) we won’t give up, even though sadness continues". La manière qu’a Jack Or Jive d’exprimer un désespoir qui n’exclut pas le combat, la conscience comme bouclier, l’art comme étendard.

Stéphane Leguay



Joseph Arthur
Our Shadows Will Remain
[Vector Recordings]

Deux ans après le ténébreux "Redemption Son", Joseph Arthur réapparaît avec "Our Shadows Will Remain", plus léger, moins long et surtout plus varié que son prédécesseur sorti en 2002 sur le label Real World, et dont l’Américain s’est séparé depuis. Les violons de l’orchestre philharmonique de Prague, présents sur trois titres, sont aussi pour quelque chose dans cette légèreté inhabituelle chez le chanteur. Inhabituel aussi, le titre I Am, gonflé à bloc d’énergie, pour une chanson sur la prise de conscience et l’émancipation de chacun. Joseph bricole aussi bien sur des synthés bon marché (Wasted) que sur sa guitare aux multiples fonctions, avec laquelle il est capable de créer seul sur scène des morceaux d’une incroyable complexité, à l’aide d’un sampler. Il n’oublie pas non plus les ballades acoustiques et intimes dont lui seul a le secret, qu’il ne partagera pas sur Echo Park ou sur le fragile et poignant A Smile That Explodes. Les singles potentiels impeccables (Can’t Exist, Leave Us Alone) sont vite repérés, et un coup d’œil au livret nous ramène vite face à cette âme que l’on aurait jusqu’ici juré emprisonnée dans un corps anémié de toute part. Car le chanteur est aussi dessinateur, et à la vue des illustrations qu’il a réalisées pour l’imposant livret de "Our Shadows Will Remain", il est impossible de se tromper : cette foire aux monstres humanoïdes qu’il ne peut s’empêcher de dessiner inlassablement hante désespérément ses cauchemars ou ses pires moments de lucidité. Il est alors effrayant de penser que de telles visions puissent s’accompagner de titres aussi enjoués que le sont Even Tho ou Puppets. Une vraie réussite.

Bertrand Hamonou



LCD Soundsystem
LCD Soundsystem
[DFA/Labels]

Voici un des albums les plus attendus de ce début d'année 2005. Annoncé depuis des mois, porté par le succès de singles comme le phénoménal Losing My Edge, Yeah ou plus récemment Movement, l'album de James Murphy, boss du label new-yorkais DFA et heureux producteur du "Echoes" de The Rapture, s'annonçait irrévérencieux, incisif, dansant, en gros : incontournable. Et bien la promesse est tenue ! Électro, rock, punk, funk, house, tous ces genres s'y emmêlent plus qu'habilement dans un dance-rock malin et intelligent. Après un Daft Punk Is Playing at My House sautillant et un Too Much Love groovy et nonchalant, James Murphy réécrit le tube parfait électro/new wave avec le lumineux Tribulations. S'enchaînent ensuite le single Movement et ses rythmes frénétiques, puis un peu plus loin le diabolique On Repeat, peut-être le meilleur titre de l'album avec son rythme totalement insidieux ("Beat on repeat, beating on me" chante Murphy), ses guitares post-punk et sa montée en puissance irrésistible. Et pour couronner le tout, Murphy a eu la bonne idée de nous offrir sur un second CD l'intégralité des trois singles Losing My Edge, Give It Up et Yeah (morceau à écouter absolument dans sa "Crass Version" pour son délire de sons acides et le matraquage de son refrain "Yeah, Yeah, Yeah, Yeah, Yeah!"). La crème de ce nouveau dance-rock made in New York.

Renaud Martin



M83
Before The Dawn Heals Us
[Goom/Labels]

Une "success story" à l’américaine, voilà à quoi ressemble l'histoire du duo antibois M83 : ces deux étudiants, qui après leur premier groupe de noisy-pop, se sont mis à la musique électronique, sont révélés en 2002 au grand public européen avec les paysages électroniques et instrumentaux de leur second album "Dead Cities, Red Seas and Lost Ghosts", avant de percer un an plus tard aux États-Unis grâce à une réédition sur le prestigieux label Mute.
Et cette aventure risque bien de continuer sur la même lancée. Désormais seul au manettes de M83, Anthony Gonzales a décidé pour ce nouvel album de s'entourer de quelques invités : outre la présence d'un batteur et d'un bassiste qui remplacent désormais les machines, il s'est offert les voix de Ben (du groupe Cyan & Ben), de la chanteuse américaine Lisa Papineau (sur Farewell/ Goodbye), de l'actrice américaine Kate Moland (sur Car Chase Terror) ou même d'un choeur d'enfants de Saint Louis. Il en résulte un son, qui, si il semble avoir pris de l’ampleur, s'est diversifié dans ses atmosphères et explore intimité (In the Cold I'm Standing, I Guess I'm Floating), rage "godspeedienne" (Fields, Shorelines and Hunters et *) en passant par les grandiloquences de morceaux comme Moon Child, Don't Save Us From the Flames ou A Guitar and a Heart. Il en résulte un album varié mais cohérent, où se côtoient les arrangements les plus pompiers et les plus indigestes (on regrettera cette utilisation si poussive de choeurs) et des merveilles d'intelligence comme le terrifiant et cinématographique Car Chase Terror, sans doute le meilleur morceau de l’album.
Au final, un disque parfois un peu excessif mais savamment construit, et qui semble bel et bien promis au même succès international que son prédécesseur.

Renaud Martin



Matt Elliott
Drinking Songs
[Ici d'Ailleurs/Discograph]

Apparemment, Matt Elliott ne fait plus de cauchemars. Après avoir maltraité et torturé ses instruments pendant des années sous le nom de Third Eye Foundation, le voilà maintenant qui les chouchoute, les berce pour en sortir de touchantes et étranges rêveries musicales, plus proches du folk et de l'electronica que de la drum'n'bass. Ce deuxième album, une nouvelle fois sous le nom de Matt Elliott, poursuit donc logiquement le virage musical pris depuis l'excellent "The Mess We Made" (Domino, 2003) : si on y retrouve les mêmes mélodies délicates construites en boucle, la voix de Matt a cette fois gagné en présence et s'impose littéralement pour la première fois sur des morceaux comme Whats Wrong ou The Kursk. Et après le calme et la mélancolie des sept premiers morceaux, l'album se termine sur une furie de beats avec le très long The Maid We Messed (plus de vingt minutes), version mutante du morceau éponyme et central de "The Mess We Made" qui clôt habituellement ses sets live. Voilà donc un album qui remplit toutes ses promesses, une nouvelle petite perle dans la discographie de ce multi-instrumentaliste réellement très doué.

Renaud Martin



Micro:Mega
Where We Go We Don't Need It Anymore
[0101/Ici d'ailleurs]

Difficile de l'admettre, mais il faut se rendre à l'évidence : le quatrième album de Micro:mega, "Where We Go We Don’t Need It Anymore" figé dans une unité de temps, de lieu et surtout de son (orgue et piano électrique sur boucles rythmiques) est décevant. Avec ce deuxième album pour le jeune label 0101 (créé en 2002 et division de Ici d’ailleurs consacrée à la musique électronique), le groupe de Sylvain Chauveau et Frédéric Luneau ne parvient pas à nous interpeller ni à nous captiver pendant les quarante minutes de ce disque. C'est d’autant plus dommage que "Human" (2000) et "Photosphere" (1999) restent d’excellentes productions toujours hautement recommandables. Leur déconcertante facilité à faire cohabiter les couches électroniques avec les instruments tels que la trompette, la guitare ou le piano, est cette fois-ci tout simplement absente. À leur décharge, rappelons que Sylvain Chauveau multiplie les projets (Arca avec Joan Cambon, On avec Steven Hess), et que son compagnon de jeu en fait autant avec son projet solo Webcam. Ce débordement d’activité et de créativité est peut-être le seul responsable de ce disque plus dépouillé, moins riche et surtout moins surprenant que les précédents : et si le fait de courir plusieurs projets à la fois finissait par malheureusement affaiblir l’essentiel : l’inspiration ?

Bertrand Hamonou



Noctule Sorix
Zygène de la Filipendule
[NSX Project]

Créé à Metz en 1995 par les jumeaux Bonnet, Noctule Sorix a toujours navigué à vue entre batcave, dark wave et cold wave. Son style singulier, souvent difficile à cerner réellement, n’a hélas pas souvent joué en sa faveur dans un pays où l’on aime étiqueter précisément chaque chose. Pourtant, le groupe (désormais réduit à un trio) a toujours fait preuve d’une belle capacité à assimiler ses influences pour dessiner un univers très personnel. Enfanté dans la douleur sur une période de deux ans, "Zygène de la Filipendule" (son troisième album) est certainement le disque le plus abouti du combo mais aussi le plus exigeant. Brassant subtilement électro, goth rock, cold wave, gloom pop et sonorités expérimentales, l’album est difficile à appréhender dans sa globalité aux premières écoutes (quatorze titres pour une heure dix quand même), mais se révèle finalement d’une grande cohérence, d’une belle homogénéité et d’une profondeur remarquable. Distillant une mélancolie intense, multipliant les atmosphères envoûtantes, "Zygène de la Filipendule" prouve, à l’instar du tout aussi épatant disque de Popoï Sdioh l’an passé, que l’on peut toujours, en 2005, s’inscrire dans la mouvance gothique (au sens le plus large du terme) sans pour autant asséner un décalque des ténors du genre. Car même si l’ombre de Robert Smith plane sur plusieurs lignes de basse et parties de guitare (jusqu’à une belle reprise acoustique de M en ghost track), c’est ici une belle réussite, dont on n’a pas fini d’explorer les nombreux recoins sombres...

Christophe Lorentz



Peter Murphy
Unshattered
[Viastar Records]

Après maintenant sept albums, il faut bien reconnaître que l'on connaît sur le bout des doigts le mode opératoire de Peter Murphy. Et si chacune de ses nouvelles productions n'est de fait jamais véritablement une surprise, on s'en délecte pourtant toujours avec le plus grand plaisir. Hormis pour son disque précédent, "Dust", plus expérimental et en conséquence moins accrocheur, voire hermétique, l'ex leader de Bauhaus parvient irrémédiablement à charmer ses auditeurs en un tournemain. Sa voix est ici comme à l'accoutumée parfaite, avec ce grain si caractéristique, cette chaleur et cette faculté à donner à chaque mot une mélodie propre. Et, comme toujours, des ballades somptueuses aux mélodies et à l'arrangement soignés et des chansons pop et douce amères cohabitent en totale harmonie. "Unshattered" est une fois encore brillamment réussi et si la surprise n'est donc pas au rendez-vous, cela ne s'avère vraiment pas être un problème. Et bien qu'une multitude de musiciens aient entouré Peter Murphy pour la réalisation de cet album, dont son complice Kevin Haskins pour le titre Blinded Like Saul, ce sont pourtant l'intimité et la sérénité qui s'en dégagent. "Unshattered" est une fois encore un disque précieux et attachant.

Christophe Labussière



Rename
Culture
[A Different Drum]

Premier album de ce duo allemand, "Culture" est, à côté de groupes comme Lavantgarde, la promesse d'un renouveau techno-pop de bon niveau, dans la lignée d'Iris avec un côté plus rétro, plus new-wave électronique à la Soft Cell ou encore OMD. Rename est certes moins rock que Mesh ou Michigan mais fait preuve d'une dextérité et d'une énergie certaines. L'usage malin de vocoders discrets vient parfois modifier agréablement la construction classique de certains morceaux, et quelques mélanges de sons de synthés analogiques et de grosses basses électroniques dernier cri offrent un ensemble harmonieux et plutôt neuf. La musique de Rename ressemble parfois à de la dream music mais, en général (et heureusement), elle est rarement trop longtemps instrumentale. Les voix masculines peuvent habilement varier d'un morceau à l'autre, évoquant tantôt Erasure tantôt les Pet Shop Boys pour ne citer que les plus connus. L'ensemble de l'album, soit treize morceaux bien construits et très différents les uns des autres, démontre déjà pas mal de maturité. Ses paysages sonores sont à la fois naïfs et dynamiques. Rename est assurément un nom à retenir par tous les fans de synthe-pop.

Stéphane Colombet



Siderartica
Shapes and Colours From the Land of God
[Trisol]

Échappée le temps d’un album hors du giron familial de Kirlian Camera dont elle est la chanteuse, Elena Alice Fossi donne aujourd’hui suite à l’aventure Siderartica. Deux ans après "Night Parade", premier essai convaincant au rayonnement spatial et aux entournures lunaires, la belle et ses deux acolytes restent en apesanteur avec un "Shapes and Colours From the Land of God" délicieusement volatile. Un parti pris artistique qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler le dernier album de Kirlian Camera, "Invisible Front.2005", dont il se rapproche en bien des endroits. Une flagrante et logique parenté qui n’empêche pas le trio transalpin d’élaborer tranquillement de jolies pièces d’électro-dark toutes en finesse et en subtilité, alternant les mid-tempo lascifs (Circle of the Angels) avec quelques rythmes dancefloor au débit bien binaire (Antland) ou de lentes dérives intra-galactiques (Lucy Pharr's May). La texture 100% synthétique de l’orchestration permet en outre de mettre en valeur la séduisante voix d’Elena Fossi qui parvient en quelques susurrements à humaniser et dompter cet univers de machines. Reste à voir comment ce side-project saura évoluer à l’avenir, mais tout porte à croire que Siderartica est parti pour un long chemin que l’on devine de moins en moins parallèle à celui de Kirlian Camera. À noter la superbe édition limitée contenant un très intéressant CD de remixes "Toys and Robots From the Land of God".

Stéphane Leguay



Vendas Novas
Barry Black
[Doxa/La Baleine]

Venda Novas n’a a priori rien à voir avec la petite ville portugaise du même nom. On les imaginerait plutôt belges ou allemands en raison de leur son électro techno sombre. Mais une fois n’est pas coutume, c’est de France que nous vient ce trio nantais/angevin. Un DJ, un producteur, une chanteuse, voilà l’équipe qui nous concocte des martèlements de 120 bpm qui en veulent à votre corps et qui entendent bien le faire remuer. Une Electro Body Music actuelle en somme. Mis à part cela, on est au regret de devoir aligner les doléances : mélodies et constructions faiblardes, linéarité lassante, peu ou prou de trouvailles sonores... c’est dommage, on sent qu’avec peu de choses le groupe aurait pu remplir sa mission de musique de club de bonne facture... Certes, quelques titres tirent leur épingle du lot (l’efficace Vendredi ou Find Her and Catch Her qui pourraient faire office de singles). Mais Vendas Novas peut, au mieux, attirer une sympathie festive, à la manière du duo Vive la fête (l’humour et la personnalité en moins), au pire, se retrouver du côté de cette pléthore de groupes cheap engendrés par la musique électronique des années 80...

Laure Cornaire

Express

Nous avions découvert le duo mixte Foretaste avec la compilation "Children of Depeche Mode", sortie en 2003 sur le label Diff Records. Les Français ont sorti il y a quelques mois leur premier EP quatre titres auto-produit (et déjà très professionnel), "Discordance", sur lequel ils ne trichent pas : fans de la pop électronique des années 80, Sylvie et Pierre s'adonnent à leur passion en composant une musique certes influencée, mais résolument moderne, qui utilise des sons actuels plutôt que vintage, comme le fait (avec brio) Celluloide. Le chant de Sylvie paraît désinvolte sur Victim's Heart, mais son timbre un rien rétro s'accorde parfaitement aux douceurs que sont For Your Own Good, Discordance et Re-love. Des extraits de "Beautiful Creatures", leur premier album auto-produit à paraître, sont disponibles sur le site du groupe qui regorge de reprises et remixes en tous genres. Restons en France, dans un registre bien moins électronique, avec "Hélice", le CD quatre titres du trio One For Jude. Les compositions sont brutes et sèches, avec des textes en français sur trois titres. Curieux mélange de chanson française d’un autre âge et d'influences d'outre-manche pour le jeu de guitare, auxquels s'ajoutent un accordéon et un saxophone sur L'Ebloui. Le groupe propose quelques titres en écoute sur son site. Pas encore de site internet par contre, mais un CD auto-produit de bonne facture pour les Français de Tempus Fugit qui combinent subtilement et à l’infini, électronique planante, guitares très cold et voix de fée sur quatre titres aussi distincts que complémentaires. Les morceaux, fortement inspirés de l’heavenly voices la plus délicate qui soit, sont longs et n’en sont que plus riches. Terminons avec "Goodbye", le troisième album de The Czars sorti chez Bella Union et en lice pour l’oscar de la pochette la plus vilaine de 2004, les différentes photos du livret du CD comprises. Rien à faire, malgré une charmante intro au piano réussie, on se perd dans un univers attaché au vieux rock où la country règne (Pain the Moon), aidée par des titres très jazzy comme Little Pink House. Non pas que la voix de John Grant soit désagréable, mais quitte à choisir, il serait difficile de ne pas préférer les travaux autrement plus classieux de Perry Blake. Seul I Am the Man a des accents de titre moderne, sans doute dus à l’emploi du vocodeur démocratisé par Daft Punk en d’autres temps.

Bertrand Hamonou


Express

En France, les scènes electronica et indus rythmique ne sont pas les seules à connaître une grande ébullition. Ainsi, le très sympathique label La Chambre Froide milite plutôt pour la défense d’une électro dark de qualité, dans la lignée de :Wumpscut: ou Leaether Strip. Leur dernière sortie en date est le split album Tamtrum vs Lok-8, où le désormais fameux duo Tamtrum rencontre le projet Lok-8 pour trois morceaux réalisés en commun, un inédit chacun, deux versions nouvelles et deux remixes de l’un par l’autre et vice-versa… Le résultat est bien entendu sombre, hargneux et dance floor. Pas foncièrement original mais très efficace, idéal pour patienter en attendant le prochain Suicide Commando.
Du côté métal-indus, ça frémit aussi chez les Français. Avec notamment les énergiques Crack ov Dawn, auteurs d’un "Dawn Addict" (Exclusive Music/ Equilibre Music) tout à fait attractif. Lorgnant gentiment du côté de Marilyn Manson, ce quatuor donne dans le "sex, drugs and rock’n’roll" avec ce qu’il faut de provoc’ et de glamour. Musicalement, rien de bien neuf là non plus : guitares métalliques, ambiances gothiques, refrains fédérateurs, rythmes dansants et électronique discrète. Des compositions bien équilibrées et imparables, une certaine dose d’humour (le savoureux Gothic Party) et un soupçon de soufre… De quoi se réchauffer sérieusement pour l’hiver !
Encore plus noir, le quatuor Deadchovsky, signé chez Manic Depression (Violet Stigmata, Jacquy Bitch, Wallenberg), nouveau fer de lance du goth rock hexagonal. Ouvertement batcave, "Decadence Revolution" aligne avec énergie tous les éléments du genre : voix aiguë et plaintive, basse lancinante, guitare acide, rythmes aliénants, ambiances souterraine
et humides, sans oublier les accélérations punk et les passages "musique de fête foraine macabre". Oppressante à souhait, proche de celle de leurs voisins de label Violet Stigmata (en plus tendue encore), la musique de Deadchovsky réjouira les nostalgiques de Virgin Prunes et Sex Gang Children.

Christophe Lorentz


Express

On démarre les hostilités avec le premier album du duo de PTI "Blackout" chez WTII Records, sorte d'électro-indus US assez violente, surtout au début du disque, dotée de grosses rythmiques lourdes aux influences EBM certaines. Même si les voix déjà mille fois entendues sont assez agressives, quelques bonnes mélodies font leur apparition ça et là, avec l'aide de Cut.Rate.Box et de Dubok. L'ensemble fait tantôt penser à Front Line Assembly pour la partie classique, tantôt à Stromkern pour le côté hybride et plutôt novateur de quelques structures musicales, à la Informatik. On trouve même un peu d'electropop et d'ambient. L'ensemble de la production est assez décevante et un peu brouillon, à l'image du livret. À écouter quand même, dans l'attente de la maturité et de plus de perfectionnisme.
On enchaîne avec le nouvel album de Lights of Euphoria "Gegen den Strom" chez Accession Records, mieux produit certes, mais tout autant dans le registre "lourd". Le très prolixe Torben Schmidt, qui officie depuis plus de quinze ans dans le même style, nous livre une nouvelle fois un album aux rythmiques très épaisses, entre un méchant Covenant et un gentil Suicide Commando. Les voix rappellent celles du début des années 90 et de la grande époque du label allemand Zoth Ommog, mais tout cela a comme un goût de périmé. Les rythmes souvent concassés ne sont pas vraiment mauvais mais l'ensemble n'emporte pas la conviction. Et les contributions plus ou moins actives et réussies de Punto Omega, Plastic, In Strict Confidence ou encore State of the Union n'y changent pas grand chose. Décevant.
On termine plus soft avec le dernier album de B!Machine "The Evening Bell" chez A Different Drum qui nous offre quatorze perles techno-pop, aériennes, subtiles, rêveuses, raffinées, aux parfums d'Asie, tantôt dansantes (avec le magnifique Angels, sans doute un des meilleurs morceaux du groupe), tantôt carrément méditatives, même si jamais ennuyeuses et très rarement instrumentales. B!Machine impose une maîtrise exemplaire et actuelle des sonorités eighties et la voix tremblante et très reconnaissable du chanteur et concepteur du projet s'impose comme la marque de fabrique de ce groupe que tout amateur de synthpop qui se respecte ne pourra plus ignorer. Recommandé.

Stéphane Colombet