
 |  | Golden Ocean [4AD]
Mais quelle mouche a donc piqué Kristin Hersh ? On connaissait la dame grâce aux Throwing Muses, fondé au début des eighties, groupe labellisé 4AD, proche des Pixies, et surtout comme l'un des leaders de sa génération notamment grâce à l'album "The Real Ramona" en 1991. Aujourd'hui, en 2005, Kristin Hersh, que l'on croyait définitivement rangée des voitures, surtout après avoir zappé ses derniers albums, trop folk, trop acoustiques et trop gentils, vient se rappeler à notre bon souvenir. Et rares sont les retours de cet acabit, mais il semblerait que ce soit l'époque qui veut ça. Il s'agit peut-être de la crise de la quarantaine ? Mais de quel retour s'agit-il donc, clamerez-vous, impatients ? Eh bien de celui d'un hardcore noise sauvage à la limite de l'audible. Même Courtney Love pourrait tirer des leçons de l'album de 50 Foot Wave, qui est d'une violence aussi extrême que le fut "Pretty on the Inside" de Hole. Tout, ici, est à fond : les guitares ultra saturées, la rythmique la plus rapide possible, la voix éraillée jusqu'au sang. Évidemment, ce n'est pas du death-metal car on trouve des mélodies sympa au sein de ce maëlstrom de bruit, mais quand même, le disque se pose là : concentré de frustrations, de colère, de dégoût, un ovni dans la discographie de Kristin Hersh. À moins qu'il ne s'agisse d'une véritable nouvelle orientation, qui fait du passé table rase. En tout cas, cet album est excessivement rassurant pour tous ceux qui ont peur, en vieillissant, de se transformer en larves mollassonnes : on peut encore, à quarante balais, faire la nique aux groupes de vingt ans.
Frédéric Thébault |
 |  | |  | |  |
|  | |  |
|  |  | |  |