
 |  | Bind, Torture, Kill [Dependent] Velvet Acid Christ Lust for Blood [Metropolis]
Suicide Commando et Velvet Acid Christ ne feront jamais partie de la cour des grands, celle dans laquelle on croise Skinny Puppy, Front Line Assembly ou Front 242. Pourquoi ? Simplement parce qu'ils sont arrivés trop tard, alors que les grands frères (les grands pères ?), avaient déjà tout créé et tout inventé. De fait, ils ont toujours été astreints à décliner quelque chose qui au final ne leur appartiendrait jamais. Et si l'un comme l'autre ont su s'imposer et ont réécrit chacun à leur façon l'histoire de l'EBM, de l'électro indus ou de l'électro dark de la fin du siècle dernier, l'amorce du nouveau s'annonçait plus difficile. Le premier, Johan Von Roy, n'a jamais eu de cesse de s'évertuer, coûte que coûte, à affiner les ambiances propres à son projet pour le rendre à chacune de ses nouvelles productions un peu plus "imparable". "Bind, Torture, Kill" est une preuve de plus de cette volonté de perfection, quasi pathologique, tant elle flirte avec l'acharnement. Dès l'ouverture de l'album, avec Bind, Torture, Kill et Bleed for us All, on sait que le résultat sera absolument parfait. En ce qui concerne le second, Bryan Erickson, la démarche est différente. Celui-ci semble s'être lassé de ses expérimentations passées et emprunte avec "Lust for Blood" des chemins de traverse inattendus. On est en effet bien loin des ambiances qui l'ont jusque-là caractérisé, tant la variété de l'album semble matérialiser l'égarement de son auteur. Le titre Crushed intègre même guitare et basse, totalement habité par l'esprit de Cure, auquel il consacre d'ailleurs une reprise de Figurehead sur le single Wound. L'ambiance est plus sombre que jamais et l'on se retrouve à écouter ce disque comme une vraie curiosité (!), tant cette ambiance récurrente à la Cure entremêle à la fois d'une façon déroutante les sonorités typiques à Velvet Acid Christ à celles du groupe de Robert Smith. Entre le Belge et l'Américain la méthode est différente, la volonté en rien commune, mais ces deux formations sont aujourd'hui les dernières survivantes d'un mouvement en fin de cycle. Si ni l'un ni l'autre ne l'a initié, les deux l'auront tenu à bout de bras et sont aujourd'hui toujours là. Ils peuvent en être fiers.
Christophe Labussière |
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