
 |  | Mythmaker [SPV]
Le mythe est vivant et continue de se construire sous nos yeux ébahis. Après avoir disparu en 1996, le groupe canadien le plus influent de l'électro-indus, revenu sous la forme du duo originel en 2004, nous offre une suite à l'estimable "The Greater Wrong of the Right". Ce qui pouvait passer pour un sacré coup de publicité en 2004 se révèle être un vrai retour en force, comme l'atteste aujourd'hui "Mythmaker". Mieux, la créativité et la dynamique de la paire Ogre / Key est sans faille. Skinny Puppy enchaîne les titres coups de poing dont rêvaient ceux qui un jour ont espéré prendre la relève, voire leur place : magnifishit, daL, haZe ou encore pedafly et sa batterie guerrière. Certes, le son et la production de "Mythmaker" ne sont pas très éloignés de ceux de l'album précédent, mais qui s'en plaindra ? Chacun y trouvera son bonheur, entre la balade jaHer, à la manière du Candle de "The Process", et Lestiduz, bourré de micro contaminations noisy flagrantes si chères à Download, l'autre groupe majeur de cEvin Key (dont le prochain album est d'ailleurs annoncé pour l'automne 2007). Mais qu'importe si les productions de ses deux groupes s'influencent l'un l'autre, les monstres sont de retour, accompagnés de ceux de la pochette, ce qui ne s'était pas vu depuis "Last Rights" en 1992. Cette fois, c'est évident, chaque chose est à sa place, et "Mythmaker" va faire un malheur.
Bertrand Hamonou |
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 |  | Sonic Diary [Sony/BMG]
Moins de deux ans après une reconversion plutôt pop-rock et assez bien maîtrisée, on pouvait se demander ce que ce groupe norvégien, naguère fleuron d'un courant electro-pop musclé, pourrait bien nous offrir de nouveau. En fait, pas grand chose puisque "Sonic Diary" n'est ni un retour aux sources synthétiques (quoique), ni une confirmation d'un formatage FM (quoique). "Sonic Diary" est protéiforme, et c'est avant tout un faux album. En effet, sans doute fort du succès remporté par ses dernières expériences presque commerciales, Apoptygma Berzerk tente ici de faire du neuf avec du vieux, en nous livrant une succession de reprises plus ou moins réussies, plus ou moins récentes aussi, car une bonne partie d'entre elles figurait déjà en face B de vieux singles. Apoptygma précise qu'il s'agit d'une dédicace à tous les groupes sans lesquels il ne serait jamais devenu Berzerk. En vrac : Kim Wilde, U2, The Cure, Marilyn Manson, Metallica, The House of Love, Visage, Velvet Underground, Orchestral Manoeuvres in the Dark, Kraftwerk, New Order et même Keane (!). Il est clair que l'essentiel de ces morceaux fait une part belle à la voix de Stefan Groth, voix qui est la bonne surprise de ce disque ; mais en dehors de ce constat, rien de très excitant, sans pour autant faire de ce disque une véritable arnaque, de surcroît si vous vous procurez l'édition limitée qui comporte un second CD rempli de remixes assez bons et dansants des morceaux phares du groupe.
Stéphane Colombet |
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 |  | Everything Gets Distorted [Interference]
Deux mini albums en 97 et 98, et Basement disparaît de la scène noise hexagonale. "Head On" et "Underneath" avaient emballé par leur noise incisive, dans la droite lignée de Jesus Lizard ou Cop Shoot Cop. Épaulées par Fred Norguet, leurs compositions exultaient et leurs prestations scéniques n’avaient pas grand-chose à envier aux Sleeppers, Portobello Bones ou à Condense. Il aura néanmoins fallu attendre la fin 2006 pour retrouver enfin ce trio de Libourne devenu quatuor avec l’arrivée d’un second guitariste. Basement n’a rien renié de ses aspirations tourmentées, ni rangé son énergie galvanisante aux oubliettes. La distorsion, la rythmique déstructurée (Slow Waiting) et la mélodie sont toujours là, transcendées par la production de Nicolas Dick (Kill The Thrill). D'entrée de jeu, l'impétueux Release Me donne le ton : hargne, fougue et noirceur. Et les huit morceaux s'enchaînent sans répit, mais avec sensibilité (voir notamment le vibrant Maelström, aux relents post-hardcore). Tout en tensions et tumultes, "Everything Gets Distorted" n'en oublie pas la mélodie, comme sur Sonar, à la construction typée noise hardcore, au refrain braillé, mais dont la gravité reste en filigrane. Le titre Train Fantôme, qui suit, casse inexorablement tout carcan que l'auditeur distrait aurait tôt fait de plaquer sur ce disque. Rien de linéaire ici : l'émotion se fait sournoise, l'énergie éclabousse violemment, impitoyable, salvatrice. Un retour inattendu et jouissif.
Catherine Fagnot |
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 |  | In the Garden of Ghostflowers [Silber Records]
Black Happy Day est la réunion de Tara Vanflower et de Timothy Renner de Stone Breath. Une sombre rencontre où fusionnent les principales caractéristiques artistiques de chacun des deux protagonistes. Ainsi, les expérimentations minimalistes autour des voix telles The Leaves of Life renvoient inévitablement au dernier album de Tara, "My Little Fire-filled Heart" tandis que les parties folk low-fi comme In the Garden of Ghostflowers lorgnent plutôt du côté de Stone Breath. Définitivement affranchie des poignantes contemplations hivernales de Lycia, Tara Vanflower vole aujourd'hui de ses propres ailes et construit d'albums solos en projets parallèles son propre petit univers glauque et enfantin. Prolongement logique de ses travaux les plus récents, Black Happy Day permet ainsi à la gamine boudeuse de l'Ohio de pousser encore plus loin ses expériences sonores, notamment à travers quelques chansons traditionnelles triséculaires comme, Edward ou A Lyke Wake Dirge. Mélodieux (Hand In Hand), froidement dépouillé (Of the Wind and Loneliness), hanté (How They Weep and Moan!), labyrinthique (Wolf & Hare), narco-délique (How Many Hours...) ou plus serein (Be Thou My Vision), autant de qualificatifs que l'on serait tenté d'apposer en vain à cet album divisé en onze parties, irrémédiablement sauvage et difficile à cerner. La formule d'"In the Garden of Ghostflowers", à base de chants en cascades, réverbés, triturés ou noyés d'effets, de guitares folk, de banjo, de dulcimer et d'une kyrielle de sons fantômes n'est certes pas sans rappeler certains travaux de Current 93 ou Nurse With Wound. Mais ce sont bien là les seuls points de référence auxquels on peut se rattacher pour décrire une oeuvre à l'identité nébuleuse et à l'esthétique peu perméable. La plongée dans l'univers de Black Happy Day se fera donc sans filet et la chute pourra s'avérer très dure pour ceux qui n'auront pas la chance de se sentir pousser des ailes à l'écoute de cette symphonie minimaliste et irréelle. Entre l'ennui profond ou l'adhésion totale, il n'y aura alors guère de place pour les sentiments partagés.
Stéphane Leguay |
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 |  | Valentine [Ad Noiseam]
Deux années après "The Cursed Species", Zak Roberts prend un virage à 180 degrés avec le son de Cdatakill : le tempo s'est drastiquement ralenti, et des samples de voix sont venus s'insérer dans ses textures déjà complexes. "Valentine", son nouvel album, en sort grandi, bien plus riche, moins linéaire et finalement plus vraiment breakcore du tout. On navigue entre trip-hop et dub inquiétant (Nefertiti Dub, Two Hammers), pas très loin de quelques bons travaux du Scorn de Mick Haris. En réaction à l'indigestion que pouvait éventuellement provoquer son précédent disque, l'américain réalise peut-être sa meilleure oeuvre à ce jour, à la fois en finesse et en noirceur, sans précipitation ni déluge de saturations. Maître des boucles rythmiques depuis longtemps, on imagine aisément que Zak Roberts collectionne les machines qui les génèrent, et "Valentine" lui offre l'occasion de dépoussiérer une mythique Roland TR-808 sur un interlude à mi-parcours : une manière de rester fidèle à ses premières amours ? Assurément une vraie bonne surprise.
Bertrand Hamonou |
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 |  | Elektronic Blakc Mess [Alfa Matrix]
Le Mexique a Hocico, la Belgique Suicide Commando, l'Allemagne :Wumpscut: et la France a Tamtrum. En effet, le trio d'Aix-en-Provence représente la version hexagonale de l'electro-dark de la seconde moitié des années 90, avec voix rauque, rythmes technoïdes, ambiances malsaines, compositions rentre-dedans, sons acides, textes dérangeants (parfois en français, d'ailleurs) et noirceur à tous les étages. Avec "Elektronik Blakc Mess" (non, il n’y a pas de faute de frappe…), leur deuxième album, sorti sur le fameux label belge Alfa Matrix, le groupe affûte son style, notamment grâce à une production mieux maîtrisée et des compositions plus équilibrées. Certes, Tamtrum joue beaucoup sur la provocation et les sonorités faciles, mais les onze morceaux ici présents sont d'une redoutable efficacité. À défaut d'être d'une totale originalité. Le fait que les membres du combo viennent du metal extrême explique d'ailleurs bien des choses... Notons enfin que le groupe possède désormais une très bonne réputation, loin d'être usurpée, sur scène. Bref, même si la musique des Aixois ne fait pas dans la finesse, on aurait vraiment tort de bouder son plaisir, tant sur disque qu'en live ou sur le dancefloor.
Christophe Lorentz |
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MarvinMarvin est décidément un groupe bien sympasympa. On les avait déjà remarqués avec leur premier mini, ils remettent ça aujourd'hui avec un véritable album dénommé "Magazine" (Autoproduit). Superbe pochette, et treize morceaux dans la même veine que ce qui nous avait plu chez eux, à savoir un mélange entre popop, punpunk, grungrunge, le tout sans aucune prétention, avec un bon feeling, de la pêpêche, et une bonne dose d'humour. Les bordéliques Picore avaient eux aussi eu bonne presse lors de leur premier album, fatras d'influences diverses et variées. Surprise avec cet "Hélium du Peuple" (Jarring Effects) qui lâche l'accélérateur pour laisser place à des pièces de musique industrielle hypnotiques, lancinantes et pas franchement gaies, en dépit des titres et d'un humour qu'on sent très présent aussi... mais pas dans la musique. Une excellente surprise en tout cas. Les FuturS Ex quant à eux sont un tout jeune groupe composé de membres beaucoup moins jeunes que leur musique, mais avec quels noms : Pat Kebra, ex-Oberkampf, Erixc, ex-WC3 et Thierry Gaulme, ex-Attentat Rock. Excusez du peu. Et que sortent-ils ? Tout simplement un... 45 tours. Je te hais / Anesthésie (Seventeen Records), en vinyl rose s'il vous plaît, propose deux titres de bon vieux punk style 1977. À suivre avec attention. Et en attendant la sortie de leur premier album, allez leur dire bonjour ici. Fickle est, paraît-il, ce qu'il y a de mieux en matière de punk français, c'est du moins ce que voudrait nous faire croire la bio fournie par la maison de disques pour la sortie de leur premier album "ID" (Murrayfield Music/Exclaim). Il s'agit en fait de jeunes gens bien propres sur eux, pour qui le look passe bien avant la musique. Question musique justement, ce punk-là est plus proche de Green Day ou autres Good Charlotte que d'autre chose. Il s'agit donc de pop énergique très mélodieuse, lisse et sans âme, dont on se fout éperdument. Ça fera peut-être son petit effet auprès des minettes qui rêvent de sea sex and sun en Californie avec de beaux garçons bronzés, mais nous...
Frédéric Thébault
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Après écoute des titres du single Iris sur le site de Ben Fitton, il n'est pas étonnant que la radio anglaise XFM ait vite classé son projet This Unique Museum dans sa catégorie "artistes non signés" préférés. Catégorie que le chanteur/compositeur a rapidement quittée depuis, puisque le label SkyEyeSea s'est empressé de sortir son premier album sobrement intitulé "A Collection of Short Stories". Étonnamment, chacun des onze titres a aussi un sous-titre, une rareté dans le monde de la pop à guitares. Pour les amateurs de nouveaux genres, le terme acoustic/electronica semble avoir été spécialement conçu pour ce disque, sur lequel on retrouvera des influences telles que les Red House Painters (This Quiet Life), les Lightning Seeds (Isabella) ou encore Joseph Arthur (A Penny For My Thoughts), pour un résultat habile, cohérent et d'une parfaite maîtrise. A découvrir absolument. Belone Quartet est, comme son nom ne l'indique pas, un duo nantais qui publie aujourd'hui son premier LP intitulé "Les Prémices de la béatitude naissent de l'amertume" (Kythibong). Malgré un titre en forme de réflexion philosophique, il s'agit d'un disque chanté en anglais avec des guitares rêches, un orgue et des sons de Nintendo. Pas une grande révolution, juste un disque qui aurait demandé à mûrir un peu plus longtemps. Pour le nu-metal électronique, c'est du côté de Sleazy Days qu'il faut chercher. Non contents d'avoir pu remixer un titre de Korn, le groupe de Steve Crestey sort un nouvel EP six titres jubilatoire, "Evolution" (autoproduit). On y retrouve un petit côté synthés rétro qui rappellent les premiers Depeche Mode et Gary Numan, un chant parfait (qui aurait sa place chez Limp Bizkit et autres Linkin Park) ainsi qu'un gros son complètement actuel. Vivement la sortie du second album, prévue pour mi-2007.
Bertrand Hamonou
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