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|  | | Poing Perdu | |
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|  | | Il y avait deux niveaux de lecture à "C'était un lundi après-midi semblable aux autres", le premier album de Diabologum, sorti en 1993. Soit on n'y voyait qu'une simple filiation, amusante, à la scène pop française de l'époque, Dominique A en tête ; soit on décelait la profondeur et le désarroi de ses auteurs au travers de chansons pas si désinvoltes que ça. L'évolution radicale du groupe et sa scission en deux entités indépendantes, Expérience et Programme, leur permirent de continuer dans ce sillon sans se soucier du reste du monde, continuant à creuser à main nue une ornière qui un temps les rapprochait de Sonic Youth ou autre artistes écorchés et surtout intègres. Aujourd'hui, si, à l'instar du nom de l'album de Programme sorti en 2000, Arnaud Michniak a "son cerveau dans sa bouche", il vit dorénavant dans sa tête : "Je voyais les gens parler tout seul et je suis devenu l'un d'eux" (À travers les gens comme au fond de moi). La voie, le tunnel, dans laquelle il s'est engagé il y a maintenant 14 ans le maintient dans une cohérence parfaite, dans une logique globale. Huit titres aux textes incisifs et aux arrangements décharnés pour vingt-cinq minutes de pure tension. Ce disque est comme une greffe maligne, le rejet peut-être immédiat, mais si elle prend, tout votre être en sera transformé. |  | | Christophe Labussière |  |
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|  | | The Last Sucker | |
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|  | | Ce nouvel album de Ministry clôt une trilogie dédiée à George W. Bush. Cela explique probablement pourquoi la violence intrinsèque dudit album n'a pas varié d'un pouce depuis l'avant-dernier, "Houses of the Molé", en 2004. Et franchement, on se soucie peu de savoir si l'album est un brûlot dédié au Président des États-Unis, à Nicolas Sarkozy ou au pape. Ce qui compte pour nous autres, auditeurs, c'est la musique, et force est de constater qu?Al, qui n'est plus bien loin de la cinquantaine, possède en lui une rage, une colère plus forte que jamais. Hyperviolence, haine à tous les étages, hurlements et mur du son de guitares saturées, samples choisis des plus belles phrases des dirigeants américains ou des émissions télés les plus abêtissantes, la recette est toujours efficace, et chaque morceau fait mouche. Qu'on ait 18 ou 78 ans, "The Last Sucker" est une grande baffe dans la gueule qui laisse pantelant après écoute. L'album intègre une traditionnelle reprise, Roadhouse Blues des Doors, dans une version hallucinante qui devrait permettre à quelques crânes de se fracasser lors de pogos enthousiastes. End Of Days (Pt. 2), le dernier titre du disque, dix minutes tout de même, est le seul à ralentir le tempo et à distiller un peu d'émotion, sans pour autant délaisser la hargne. Jourgensen a annoncé cependant qu'il n'y aurait plus d'autre album de Ministry après celui-ci, mais on sait que ce genre d'annonce est rarement respecté. Dans tous les cas, les Revolting Cocks ou autres de ses side-projects perdureront probablement, donc pas d'inquiétude, le feu éternel qui brûle en lui n'est pas près de s'éteindre. Quoiqu'il fasse, sous quelque nom que ce soit, il y a de fortes chances que le résultat soit à la hauteur. Et on aime ça. Beaucoup. |  | | Frédéric Thébault |  |
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|  | | High | |
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|  | | Terrible charge à porter que celle de veiller depuis plus de 25 ans sur les travellers et les vagabonds du monde entier. 25 années rythmées par de splendides albums sur lesquels le temps n'a jamais eu de prise, parsemées d'hymnes et d'envolées lyriques à l'efficacité immuable. Mais, comment Justin Sullivan peut-il garder la foi alors qu'il a déjà écrit ses meilleurs albums, saigné ses textes les plus intenses, et sué ses plus belles mélodies ? Simplement en continuant à avancer comme il l'a toujours fait, puisant en lui-même, associant intimité et emphase, violons et guitares, rage et sérénité. Ne cherchez pas Green and Grey, No Rest ou Vengeance sur cet album, laissez simplement le temps à "High", et ils viendront à vous, écoutez-le sans ne rien y chercher et vous y trouverez plus que vous l'espériez. Un album brillant et parfaitement équilibré, bien plus encore que son prédécesseur, "Carnival", ou encore "Eight", comme le sont finalement à chaque fois un peu plus les albums de New Model Army. Un groupe qui parvient à tenir le cap et à assurer un parcours sans faute depuis ses débuts, préservant toujours avec sagesse une juste balance, se glissant dans l'ère du temps sans ne jamais faire aucun compromis. |  | | Christophe Labussière |  |
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|  | | The Ideal Condition | |
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|  | | Il y a déjà deux ans on nous annonçait la mort du groupe de techno anglais cinématographique Orbital, la formation des deux frères Hartnoll, Phil et Paul, qui a donné ses lettres de noblesse à ce courant musical souvent si méprisé, avec une classe et une discrétion sans équivalent, malgré leurs si nombreuses contributions aux bandes sons de quelques blockbusters hollywoodiens. Mais voilà, pour des raisons que l'on ignore, mais que l'on peut imaginer venant de deux frères réfugiés dans un home studio depuis plus de quinze ans, ils ont choisi, au moins l'espace d'un temps, de faire chacun leur route. Et Paul Hartnoll a manifestement décidé de ne pas en rester là et de développer justement ce côté "musique à images". Et le résultat est impressionnant, tant il ferait passer les Massive Attack et autres Craig Armstrong pour de gentils imposteurs. Le mélange des sonorités synthétiques et classiques (violons et pianos en tête) n'a jamais été aussi efficace et maîtrisé. Les mélodies sont sublimes et complexes, sans pour autant devenir prétentieuses et fatigantes. Quatre des neuf morceaux sont chantés, et ce, de fort belle manière par Liane Hall, Akayzia Parker, Joseph Arthur et Robert Smith himself, excusez du peu, sur le single Please. Mais le morceau le plus fort de cet album est sans doute For Silence, quintessence parfaite des univers si chers à Paul Hartnoll, à la fois mystérieux et dynamiques. À l'heure où Orbital nous offre son premier double CD live officiel, l'un de ses deux créateurs nous donne l'espoir de continuer à entendre dans l'avenir de belles compositions électroniques, propices à des rêveries futuristes, douces et profondes. |  | | Stéphane Colombet |  |
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|  | | Zeitgeist | |
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|  | | Parler de reformation des Smashing Pumpkins est un peu osé, voire inadapté. C'est en effet un curieux chemin que suit Billy Corgan depuis la précédente mort de son groupe, magnifiquement mise en scène lors d'une tournée mondiale et triomphante en 2000. Sitôt la bête moribonde enterrée, l'homme de Chicago réapparaissait avec son complice de toujours, le batteur Jimmy Chamberlin, sous le nom de Zwan, et dont l'unique album "Mary Star of the Sea" (paru en 2003) ainsi que la tournée qui s'ensuivit ne rencontrèrent pas le succès escompté. Qu'à cela ne tienne, le chanteur revenait en 2005 avec un disque solo de bonne facture et encensé par la critique. C'est lors d'interviews données à cette occasion que l'on apprit l'impensable : les Smashing Pumpkins allaient se reformer ! Mais aujourd'hui, on se rend compte qu'il y a tromperie sur la marchandise : en fait de Smashing Pumpkins, il s?agit de Corgan et Chamberlin (rebaptisés avec humour en BC/JC) aux commandes de ce qui ressemble à un second album des Zwans. Et le clin d'oeil à AC/DC est de rigueur tant les guitares sont métalliques, tant les rythmiques sont martiales, tant la finesse des arrangements d'"Adore" et "Machina/The Machines of God", a été purement et simplement occultée. Reste que ce nouveau Smashing Pumpkins/Zwans qui fait beaucoup de bruit a tout de même le mérite de présenter quelques perles comme a toujours su les composer Corgan : Bleeding the Orchid, That's the Way (My Love Is) ou Neverlost ainsi que Pomp and Circumstances qui ferme cet album électrique et puissant qui ravira les fans de la première heure plutôt que les amoureux d'"Adore". Les Smashing Pumpkins sont morts, vivent les Smashing Pumpkins. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  |  |  | | Edward Ka-Spel |  | | Dream Logik Part One | | [Beta-Lactam Ring Records] |
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|  | | La seconde série "From the Vault" du label Subconcious -la structure destinée à abriter la plupart des side-projects de cEvin Key (Skinny Puppy)- propose depuis le début de l'année des trésors enfouis, exhumés avec moult bonus par le faiseur de sons du groupe canadien. Mais pas seulement. Cette seconde édition inclut un nouvel album de The Tear Garden, le groupe hybride qu'il constitue avec des membres des Legendary Pink Dots. Ce septième album, dont il nous parlait déjà lors de la sortie de "The Greather Wrong of the Right", avait de quoi attiser nos convoitises puisqu'il déclarait vouloir inclure une nouvelle fois Nivek Ogre au projet. Malheureusement, si cet album a mis de longues années à voir le jour, il n'implique pas tous les protagonistes espérés. Car il faut bien reconnaître que ce "Secret Experiment" ressemble à s'y méprendre à un album solo d'Edward Ka-Spel, le chanteur des Legendary Pink Dots. Même lyrisme, même longues plages expérimentales, il y a fort à parier que ce disque a d'abord germé dans le studio du chanteur, même s'il lorgne tout de même vers le précédent Tear Garden, "Eye Spy With My Little Eye", qui rassemblait des jam-sessions laissées de côté toutes ces années. L'on se demande alors qui est vraiment aux commandes de Tear Garden, tant les derniers opus ressemblent aux disques d'Edward Ka-Spel, qui confesse pouvoir travailler seize heures par jour sur ses disques. Après tout, le rôle de cEvin se résume peut-être à contenir, trier et façonner les délires psychédéliques du chanteur des Legendary Pink Dots. Car, laissé à lui même, ce prolifique obsessionnel nous livre dans la foulée "Dream Logik Part One", son album solo le plus dingue et le plus indéfinissable à ce jour. Pas vraiment musical, plutôt bruitiste, voire franchement agaçant, l'ensemble n'a que l'intérêt limité de l'objet destiné au collectionneur en manque. Reste plus qu'à espérer qu'un "Dream Logik Part Two" n'est pas prévu, tant celui-ci n'est pas à confier à toutes les oreilles. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  |  |  |  | |  | Une poignée de disques sortis au début de l'été a cru réussir à échapper aux mailles de nos chroniques, mais nos oreilles, toujours à l'affût, ne l'ont elles, pas ratée...
En tête, Justice, avec un gros gros buzz reposant sur une promotion bien trop grossière pour être honnête. Soutenu au départ par un clip -et ses t-shirts à l'imprimé "dynamique"-plutôt intelligent, et un single, D.A.N.C.E, à vrai dire un peu agaçant, le duo ne pouvait qu'attirer notre attention. Si l'album s'avère plutôt digeste, il n'a à vrai dire pas plus d'intérêt que de donner clairement au groupe le statut d'ersatz survitaminé (mon Dieu quel son !) de Daft Punk. Le hic et là. Car quand il s'agit de hype, c'est souvent à des usurpateurs ou autres brigands de haut vol qu'on a affaire, et c'est bien tout le problème de † [Ed Banger].
Sortie plus discrète pour le nouvel album de Vive La Fête dont le précédent, "Grand Prix", avait enfin réussi à réconcilier fans et détracteurs ("Non leurs chansons ne sont pas futiles", "Non les clins d'oeil appuyés à Plastic Bertrand ou à Lio ne sont pas des fautes de goût", "Oui il y a bien plus de matière dans leurs textes ( Litanie des Seins) que dans ceux de Pierre Perret (Le Zizi)", etc.,etc.). Jour de Chance [UWe], s'il réunit les mêmes ingrédients que ce qui a fait jusque-là la force du groupe, semblera de premier abord un peu plus difficile d'accès : points d'accroches moins évidents à déceler, guitares plus dures, équilibre entre fun et sérieux, entre farce et rock, plus ambigu. Mais le duo belge s'applique comme toujours à trouver le réglage le plus juste et offre un album plutôt étonnant qui nous obligera juste à fournir un peu plus d'effort que n'en auront nécessité les précédents. La récompense n'en sera que méritée, car ce disque ainsi recadré n'en prend que plus de valeur.
Autre très bonne surprise parue au tout début de l'été, le War Stories [PIAS] de Unkle. Troisième album du projet protéiforme de James Lavelle auquel participent cette fois-ci Josh Homme (Queens of the Stoone Age), Gavin Clark (Clayhill), Duke Spirit, Richard Price, Autolux, Ian Astbury (The Cult), ou encore 3D (Massive Attack). Le résultat est une pure merveille et se positionne bien au-dessus de son prédécesseur (quatre années sont tout de même passées depuis "Never, Never, Land", sorti en 2003). Le dosage entre rock et électronique a, cette fois-ci, plutôt basculé côté riff, énergie et emphase. Mais la gestion subtile des ambiances, du rythme et de l'instrumentation (cordes, pianos et guitares), donne un résultat tout bonnement hypnotisant. Les prestations de chacun des invités sont toutes exemplaires (Gavin Clark et Ian Astbury en tête), l'alternance et la variété des ambiances parfaitement équilibrées. On nage constament dans la finesse et la subtilité. Un travail de génie.
On a amorcé cette chronique en s'intéressant au buzz de l'été, on la finira avec ses deux plus grosses déceptions. Pour commencer, We Are the Night [Virgin], le dernier album des Chemical Brothers que le groupe a sorti sans que personne ne s'en soit vraiment rendu compte... Jusque-là, à l'instar de Fat Boy Slim, les Mancuniens, toujours bien entourés, avaient produit des disques brillants, parvenant invariablement à faire danser les plus tristes d'entre nous. Avec celui-ci, leur recette pourtant éprouvée tombe totalement à plat, les participations de Klaxons, Willy Mason, Tim Smith (Midlake), Fat Lip de Pharcy... ne donnant aucune saveur supplémentaire à l'ensemble. Une vraie déroute.
L'autre mauvaise surprise concerne l'album de Black Strobe. Espéré, attendu, on se saoulait aux remixes électro-rock que le duo Ivan Smagghe et Arnaud Rebotini parvenait toujours à marquer de son empreinte, ressuscitant de morceaux d'une façon toujours hyper efficace. Un nouvel exploit à chaque nouveau remix, tous judicieusement regroupés sur l'album "Remix Collection" sorti en début d'année. On rêvait d'un album personnel combinant leur savoir-faire et leur bon goût... Finalement, contre toute attente, Burn Your Own Church [Playlouder] est une véritable horreur ! Si le fond est là, si la matière est bien la leur, si l'adjonction systématique de guitare pouvait être une bonne idée, le résultat, défiguré principalement par cette voix, ce chant... est carrément insupportable. Et pas besoin de s'acharner, même des écoutes répétées n'y changeront rien, l'album est un vrai ratage. Quant à faire un lien entre le départ d'Ivan Smagghe, qui a quitté l'aventure après avoir écrit la moitié des textes, mais avant la sortie du disque, et la piètre qualité du résultat... |  | | Christophe Labussière |  |
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