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|  | | (Listen For) The Rag and Bone Man | |
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|  | | La vie est faite de périodes qui s'enchaînent, de longs moments, de courts instants, où ce que l'on éprouvait avant n'a brutalement plus de sens, où ce que l'on aime n'est plus ce que l'on aimait. La carrière d'un groupe est faite de cycles, où parfois l'enthousiasme s'amoindrit, où la passion se fane, où les envies changent. Et il y a la magie, celle qui fait que tous ces sentiments parviennent, hors de toute logique, à coïncider, se rencontrent, sans heurt, comme une évidence qui défierait soudain la raison. "(Listen For) The Rag and Bone Man" en est aujourd'hui la manifestation la plus parfaite, un album, comme toujours hors du temps, mais qui, avec les treize compositions qui le constituent, irradie d'un bonheur étourdissant. Domed qui démarre l'album, puis The Beautiful Silence, plus loin The Legend of Mucklow, Candace, On This Day, des senteurs d'élégance, de quiétude ou de tension, une sorte de délice s'échappe de chacun de ces morceaux. Si en apparence rien n'a changé dans la musique d'And Also the Trees, si, quoique nous pensions, nous ne sommes plus aujourd'hui ceux que nous avons été à la sortie de chacun de leurs albums, si Simon Huw et Justin ne sont plus les jeunes dandys que nous avons aimés, mais si nous apprécions aujourd'hui plus encore qu'hier leurs productions, c'est parce que c'est ensemble que nous avons vieilli, et que la magie opère, aujourd'hui plus encore qu'elle ne l'avait jamais fait avant. |  | | Christophe Labussière |  |
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|  | | Rex Mundi | |
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|  | | Voici un disque singulier à côté duquel il aurait été dommage de passer. Ce second album d'Angel Self Destruct est une merveille d'ingéniosités, parfait compromis entre l'électronique, la basse et le chant. On ne saura finalement que peu de choses à propos des (de la ?) protagonistes qui se cachent volontairement derrière ce pseudo un rien provocateur : chez Angel Self Destruct, c'est la musique qui prime. Nul besoin d'écouter "Rex Mundi" à outrance pour s'apercevoir qu'il s'agit d'un disque enregistré avec peu de moyen et énormément de confiance ; et il étonne d'autant plus par sa richesse, sa variété, sa maîtrise, sa cohérence. Ce chant féminin, tout d'abord, d'une grande qualité ; ensuite ses ambiances et ses références qui vont des premiers Legendary Pink Dots au meilleur de l'Heavenly Voices. Nihil, Ritual et Rex Mundi sont autant de titres forts truffés d'électronique et d'idées aussi noires que la pochette, qui représente à merveille l'univers rouge et noir l'Angel Self Destruct. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  | | Hourglass | |
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|  | | Trois ans après "Paper Monsters", un premier album solo peut-être un peu trop rock, Dave Gahan, leader charismatique de Depeche Mode, signe un deuxième opus nettement plus abouti, dans la lignée d'"Ultra" et "Playing the Angel" (entendez un disque doté de sonorités synthétiques un peu sales et volontairement grésillantes). Porté par le single imparable Kingdom (le seul morceau au rythme vraiment entraînant de l'album, avec peut-être l'entêtant, mais un peu criard Deeper and Deeper et le progressif Endless), "Hourglass" est un album méditatif sans pour autant conduire à l'ennui. La plupart des morceaux possèdent effectivement un tempo lent, mais les ambiances, souvent ténébreuses, poussent à la rêverie et les mélodies très variées prouvent que Dave Gahan, même sans l'aide précieuse de son ami Martin Gore, est aujourd'hui un artiste à part entière qui peut délivrer quelques très belles compositions. Saw Something en est l'illustration parfaite : peu de mots mais des mots justes, avec l'intonation de la maturité et de l'authenticité, une jolie musique simple et un splendide refrain. Le timbre de voix de Dave Gahan n'a jamais été aussi émouvant. Il en est presque de même pour le lunaire Insoluble. Les ambiances de "Hourglass", souvent planantes, mais pas toujours rassurantes, trouveraient assez bien leur place sur les bandes sons de David Lynch ; on oscille beaucoup, d'un morceau à l'autre, entre rêve et réalité, entre paradis et enfer. Mais le meilleur morceau issu de la nouvelle production de Dave Gahan est, chose rare, non pas sur l'album, mais en face B du single Kingdom : en effet, le titre Tomorrow, qui aurait parfaitement pu faire à lui seul l'objet d'un single à succès (mais le beau Dave n'a plus besoin d'argent, faut-il le rappeler), est le condensé parfait de toute l'expérience acquise auprès de Depeche Mode par son chanteur : c'est dansant, industriel, mélancolique, moderne. "Hourglass" n'est donc pas séparable de ce single et l'ensemble ne devrait pas déplaire aux fans assagis de Dépêche Mode, bien au contraire. Fortement recommandé. |  | | Stéphane Colombet |  |
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|  | | The World is Yours | |
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|  | | Lorsqu'Unkle offrit à Ian Brown de chanter sur leur fabuleux titre Reign présent sur l'album "Never, Never Land" en 2003, on ne se doutait pas de l'impact qu'aurait cette collaboration sur le choix artistique de l'ex-chanteur des Stone Roses quelques années plus tard. Au moment d'enregistrer "The World Is Yours", son déjà cinquième album solo, le Mancunien s'est souvenu de la puissance et de la douceur de ces chauds arrangements classiques. Et c'est exactement ce dont il s'agit sur "The World Is Yours" : un déluge de cordes sur les douze plages qui constituent l'album. Et comme s'il n'y en avait pas assez, la version limitée en propose une relecture instrumentale en version orchestre symphonique ! Oui, ce disque est pour le moins curieux et dépasse le cadre que Ian Brown avait dessiné depuis la fin des Stone Roses, soit un rock indé à guitare au départ, puis franchement électronique plus tard. Reste que son phrasé et son timbre inimitables font de ce disque un curieux mélange, qui, s'il semble de prime abord anecdotique, tant l'oreille peu habituée a du mal à s'y retrouver, prend toute son ampleur au fil des écoutes successives. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  | | Balance | |
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|  | | Martin Carr, l'auteur compositeur en chef des Boo Radleys n'a jamais réellement eu l'intention de jeter l'éponge. À la suite du split du groupe qu'il avait fondé avec Sice, son ami d'enfance et chanteur, il était rapidement réapparu sous le sobriquet de Brave Captain. La légende veut que le hasard ait reconduit Sice à la musique, des années après leur séparation. On se souvient de son unique album solo "First Fruits" sous le pseudonyme d'Eggman en 1996, mais depuis, rien, à part de timides apparitions sur des disques de Ryo Matsui ou Brave Captain ; le chanteur avait certainement décidé de mener une nouvelle vie. Jusqu'à ce que le destin le fasse rencontrer le bassiste Simon Gardiner à la gare Victoria de Londres. Avec l'aide de Guillaume Jambel (batteur des très recommandables londoniens Transcargo), le nouveau groupe formé en 2005 sort aujourd'hui son premier album "Balance" dans lequel les fans de pop anglaise aux accents 60's en général et des Boo Radleys en particulier seront forcement sensibles. Et c'est effectivement d'un équilibre ("Balance") dont il est question tout au long de ces douze titres de pop mélancolique ; un équilibre entre la douceur du chant de Sice, les guitares efficaces, et les chœurs dont le chanteur à le secret. Paperlung perpétue ainsi une certaine idée de la pop à guitares qui, si elle n'est en rien révolutionnaire, prolonge une tradition de la mélodie que l'on ne saurait trop chérir. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  | | This is Forever | |
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|  | | Le premier album de She Wants Revenge était une vraie bonne surprise. Avant même que l'on ait eu le temps se demander s'il apportait quoique ce soit de novateur à la scène "coldwave" (re)naissante de ce début de siècle, on se laissait prendre par des compositions à la hauteur des deux singles, Tear You Apart et These Things, deux hits à l'efficacité "inévitable". C'est donc sans réfléchir que l'on s'est jeté sur "This Is Forever". Mais les Angelins semblent s'être lassés de She Wants Revenge encore plus vite que nous. Justin Warfield clame les textes de sa voix monocorde, sans conviction, et si la basse et la boîte à rythme caractéristiques sont bien présentes et que tous les ingrédients du premier album répondent à l'appel, fort est de constater que cette fois-ci ça ne prend pas. Seule la pochette mérite peut-être que l'on s'y attarde... Après de multiples écoutes (il faut être très patient), les plus courageux croiront peut-être sortir quelques titres du lot, comme Walking Away, Its Just Begun, What I Want, Checking Out, ou encore Pretend the World has Ended, mais tout cela reste poussif et est réalisé sans talent ni conviction. Au virage du deuxième album, She Wants Revenge s'est carrément pris le mur, et rappelle ainsi que, parmi les groupes de seconde zone, il y a encore deux sous-catégories : ceux qui méritent que l'on s'y intéresse et qu'on les suive, Editors en tête, et ceux qu'on devrait déjà avoir oublié. |  | | Christophe Labussière |  |
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| |  |  |  |  |  |  | En général, quand un nouveau CD sort... |  |  |  | |  |
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