Goldfrapp
Seventh Tree
[Mute]
Pour leur déjà quatrième album, Alison Goldfrapp et Will Gregory se sont débarrassés des clichés discos qui avaient envahi leurs précédentes productions, revenant ainsi aux ambiances plus classes de leur premier opus "Felt Mountain" (2000). Les pistes de danse des discothèques sont maintenant bien loin, la démagogie et le suivisme embarrassants sont oubliés. Et ce "Seventh Tree" nouveau cru est alors un merveilleux album d’intimité, magnifiquement orchestré, truffé de bons choix artistiques et de directions réfléchies, devenant du même coup le disque le plus intemporel jusqu’ici enregistré par le duo. Les climats sont feutrés et filtrés, et l’on perçoit subitement une lumière qui traverse ces dix chansons de part en part : celle du petit matin, encore fraîche de la nuit passée dans la brumeuse campagne anglaise. La voix d’Alison murmure, susurre et finalement, rassure. Ce nouveau disque a mis trois ans à voir le jour et dévoile tout naturellement ses mystères écoute après écoute. Clowns qui ouvre l’album résume parfaitement l’ambiance de ce qui va suivre, subtil mélange d’une assurance mélodique établie et assumée (A&E, Caravan Girl), d’une avalanche de cordes (Cologne Cerrone Houdini, Eat Yourself, Some People), d'un apaisement réparateur (Road to Nowhere, Monster Love). S’il ne devait y en avoir qu’un seul, ce serait celui-ci, sans hésiter.
Bertrand Hamonou
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