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|  | | Never Cry Another Tear | | [Triple Echo/Cooperative Music] | |
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|  | | L'année finit plutôt bien avec cet album d'une qualité rare. On n'avait jusque-là pas vraiment cru aux annonces de split de New Order déclamées par Peter Hook, puis infirmées par Bernard Sumner... et l'annonce même de la naissance de ce side-project (monté par ce dernier avec Stephen Morris) ne nous avait à vrai dire pas non plus réellement alarmés. L'appel à des renforts (de poids), avec l'apparition à leurs côtés de Phil Cunningham (Marion), Jake Evans et Alex James (Blur), étayait même finalement plus la théorie de la crise de la quarantaine que celle d'une vraie rupture. Quoi qu'il en soit, on restait impatient de découvrir ce Bad Lieutenant, premier "vrai" projet personnel de Sumner après les trois albums d'Electronic... dont il n'était finalement que le co-auteur (avec Johnny Marr des Smiths et Neil Tennant des Pet Shop Boys). Et le résultat pèse très très lourd. Dès les premières mesures de guitares, puis bien sûr de l'apparition de la voix, on se retrouve en terrain connu. C'est bien à New Order que l'on a affaire. Et là où Peter Hook, dans ses différents projets, n'hésite jamais à calquer les guitares et voix sur celles de New Order (on pense entre autres a l'excellent Monaco), il n'y a ici aucune trace de sa basse pourtant si caractéristique... à croire que les acolytes ont pris un malin plaisir à ce que l'ombre même de leur ex-partenaire ne vienne pas planer sur ces douze titres. "Never Cry Another Tear" est un subtil compromis, moins électronique, mais tout aussi pop et mélodique, entre Electronic et New Order. Le pari est réussi. Pas celui de s'affranchir de son groupe dont il partage la conduite depuis presque 30 ans donc, bien au contraire, mais celui de faire un joli bras d'honneur à Peter Hook. Et des règlements de compte de cet ordre-là, on en redemande ! Le disque démarre en trombe avec le déjà hit Sink or Swim, puis enchaîne tout simplement sept perles pop, sans coup férir, proposant même à mi-chemin un This Is Home totalement empreint de l'esprit de The Cure (on pense carrément à Lovesong) : une preuve de plus que c'est bien à New Order que l'on a affaire ! Huit titres vraiment excitants à écouter d'une seule traite jusqu'aux deux derniers qui, malheureusement, résonnent comme deux petites fausses notes. Lorsque Bernard Sumner laisse sa place au chant à Jake Evans, c'est alors plutôt à Doves que l'on pense, et on ne joue alors plus vraiment dans la même cour. Mais heureusement, écartés en fin d'album, ces deux titres ne parviennent pas à assombrir la qualité de ce disque vraiment réussi. |  | | Christophe Labussière |  |
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|  | | Compilation | |
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|  | | Les lecteurs de Prémonition se souviennent très certainement des premières productions d'Ant-Zen et Hymen, ces deux labels allemands qui, à la fin des années 90, nous ont fait découvrir des artistes à l'esprit hanté par des déluges de hautes fréquences, de bruits industriels saturés, rythmés par des machines qu'on imagine indestructibles. Les savants fous d'alors avaient pour nom Roger Rotor, Imminent Starvation, Black Lung, Somatic Responses ou Converter, pour n'en nommer qu'une poignée. Quelques douze années plus tard, l'aventure continue, le genre s'est étoffé, voire assagi, et une nouvelle génération s'est emparée de ces boîtes à rythmes qui, avec le temps, ont perdu en partie de leur rigidité. Le bruit fracassant est devenu mélodie, tantôt minimaliste, tantôt envahissante, presque spatiale. L'aspect parfois primaire des débuts a laissé peu à peu la place à une musique plus volumineuse, plus fouillée, revêtant bien souvent autant l'allure d'un projet architectural que musical. Et ce sont ces douze premières années du label Hymen qui sont ici revisitées sous la forme d'une compilation parfaite, avec, sur deux disques, trente-trois titres où se côtoient nouvelles signatures (Tonikom, Millipede, Keef Baker) et artistes confirmés, fidèles au label depuis ses début (Snog, Architect, Somatic Responses). Trente trois titres pour démontrer la cohésion dans la diversité des choix de Stefan Alt, maître et créateur de l'entité bicéphale Ant-Zen/Hymen, et artisan d'une vision et d'une esthétique de qualité irréprochable, qui a depuis, chacun le sait, et c'est peu de le dire, fait des émules dans le monde de la musique électronique. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  | | In This Light and On This Evening | |
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|  | | Il y a deux sortes de groupes : ceux qui vivent sur leur acquis, font et refont éternellement le même album (ce qui n'est pas forcément péjoratif, cela peut rester de qualité égale, même si c'est rare..), et ceux qui se remettent en question, essaient d'innover, de changer, d'expérimenter. Avec Editors, il faut bien avouer qu'on ne s'attendait pas trop à ce qu'ils abandonnent une recette qui marche, dans le créneau "revival Joy Division doublé de pop pêchue " inauguré par Interpol. Leurs deux premiers albums se posaient là comme de chouettes références d'un mouvement au final pas si excitant que ça, mais très honorable malgré tout. Et voici qu'avec ce troisième disque (le fameux disque-test qui augure de la pérennité des groupes, en général), changement d'optique. Certes, la voix reste la même (Ian Curtis vit parmi nous, alléluia), le feeling aussi (ennui + tristesse + existentialisme + romantisme), mais c'est plutôt l'enrobage qui change ici. Nos pâles rockeurs mal rasés aux chemises grises se sont acheté des synthés cheap" comme au début des années 80", et ils les utilisent pile-poil comme il faut, avec boîte à rythmes mécanique, sonorités "de base" et tout ce qui va bien. Valeureux Human League et Depeche Mode, leur influence n'a jamais été aussi présente qu'aujourd'hui. Ajoutons-y pour la bonne bouche un petit côté Air (piano embrumé, nappes de synthés lointaines) non négligeable, sans oublier quand même derrière lesdits synthés, basse et guitare un peu plus discrètes qu'à l'accoutumée, et vous avez la recette de cet album. Mais la qualité, dans tout ça, est-elle au rendez-vous ? Osons la réponse : oui, et plus qu'un peu. Cet album se bonifie au fur et à mesure des écoutes, et l'on s'y glisse comme l'on se pelotonne sous la couette tard le soir pendant l'orage. Un album qui aura sûrement donc son lot de détracteurs et son lot de fans, mais nous serons plus modérés : voici du bon boulot au dessus de la moyenne, à défaut d'être un chef d'œuvre ! |  | | Frédéric Thébault |  |
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| A Tribute to Charles de Goal | |
|  | | Expositions | | [Self Control/Brouillard Définitif/str8line] | |
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|  | | Charles de Goal symbolise à merveille l’esprit punk et la confidentialité à la française : des paroles d’éternel révolté crachées durant la première moitié d’une décennie (les années 80), dans un pays alors sous le charme de la variété facile. Les plus attentifs se souviendront aussi des titres témoins d’une période moderne qui n’allait cesser de céder aux charmes de la technologie et de la culture anglo-saxonne : Modem, Technicolor ou encore Retour au Dancing. Et l’héritage de cette rage contenue, de ce travail observationnel d’une époque qui allait tout bouleverser se retrouve rassemblé ici, dans ce tribute inespéré, dans cette "Exposition" qui rappellera à bien des égards les compilations "L’appel de la Muse", avec son lot d’artistes underground, pour partie parfaitement inconnus. Ce disque regorge de belles reprises, plutôt modernes, souvent fidèles, réalisées à la fois par des monuments de l'underground (Guerre Froide, The Rorschach Garden) que par une pléthore de petits nouveaux tels Hot Dog Addict, No Tears ou encore Le Jeune Extrême (derrière lequel se dissimule notre collaborateur Frédéric Thébault). "Expositions" nous rappellera surtout combien nous avons chéri les vinyls originaux Charles de Goal des années durant, et qu’il serait de bon ton de les dépoussiérer une fois de plus, pour le plaisir -un peu anachronique, c’est vrai- qu’ils procurent aujourd’hui encore. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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| Hope Sandoval and The Warm Inventions | |
|  | | Through the Devil Softly | |
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|  | Chanteuse à la voix d'ange, aux productions éparses mais remarquables, tant avec Mazzy Star qu'avec ses Warm Inventions, Hope Sandoval a le don de tisser des ambiances crépusculaires et envoûtantes. Sur ce nouvel album, c'est sur ces deux atouts qu'elle s'appuie, aidée en cela par des musiciens discrets (notons la présence de Colm O'Ciosoig, My Bloody Valentine, à la batterie) mais décisifs quand à la portée de l'enveloppe sonore qu'ils élaborent. Ceux-ci bâtissent en effet un écrin sonore feutré et distingué, aussi sombre que le chant de Hope, auquel il sert de parfait complément. On est ici éloigné de l'acidité de Mazzy Star, à part peut-être sur For The Rest Of Your Life, mais la sobriété des compositions et leur étrange beauté en font de petits trésors intimistes, magnifiés bien sûr par cette voix singulière. Les petites envolées sonores, toutes en retenue (la fin de Blanchard, morceau introductif d'une extrême élégance) donnent de surcroît à ce disque une forme de "rudesse" bienvenue. Et quand la complice de David Roback exécute quasiment seule, avec un accompagnement réduit à sa plus simple expression, Satellite, le morceau de fin, l'émotion est à son comble. Purs, tourmentés, mais en conservant leur splendeur, les chansons de cet opus sont donc de petites pépites reflétant parfaitement l'humeur et les capacités créatrices de leurs géniteurs. Et ce disque, une merveille à écouter les yeux fermés, en état d'introspection totale. |  | | William Dumont |  |
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|  | | B | |
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|  | | Turzi avait déjà surpris public et critiques avec un "A" abouti, atypique et accrocheur, qui demandait un effort d'écoute et d'assimilation mais dévoilait, suite à cela, de nombreuses richesses. Sur ce nouvel album, les Parisiens poussent la démarche plus en avant et en arrivent naturellement à la lettre "B", base de cet album dont tous les titres désignent des villes, tous continents confondus. Partant de là, Turzi octroie à chacune de ses lointaines destinations une ambiance particulière, dans un éclectisme stylistique bienvenu, basé sur un psychédélisme revêtant des atouts variables. Cette démarche permet une diversité, illustrée, par exemple, par le passage d'un Beijing sonique et aérien à un Buenos Aires plus électro, aux relents psychés tout aussi saisissants, pour aboutir à l'électro-rock puissant et incoercible de Bombay. En outre, les camarades de Kill For Total Peace s'offrent pour cet album les services de deux personnalités décalées : Bobby Gillespie, sur un Baltimore digne des plus grands moments de Primal Scream, gorgé de guitares acides, et Brigitte Fontaine sur Bamako, dont l'adepte de Kékéland renforce le côté énigmatique et dépaysant avec son chant halluciné. Dépayser, c'est aussi ce à quoi parvient Turzi sur ce nouvel effort parfait, bien équilibré entre vigueur rock et modération, entre énergie pure et envolées célestes. Ceci en adoptant une attitude et des procédés, évidemment, éloignés de toute orientation commerciale. Preuve en est, ce Brazilia entièrement synthétique ou ce Bangkok au sein duquel se succèdent galops frénétiques et brèves accalmies et qui complètent le tableau d'un opus consistant et sans aucun faux pas. |  | | William Dumont |  |
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|  |  |  |  | |  | "Bone Music", le premier album d'Ad·ver·sary, avait eu l'effet d'une bombe l'été dernier lorsqu'il avait mis tout le monde d'accord : amoureux de musique électronique, de rythmes martelés et de basse vrombissante. Après tout juste un an, Jairus Khan s'offre une relecture de cette pierre devenue angulaire dans notre discothèque, par la fine fleur de l'électro et de l'IDM : Iszoloscope, Stendeck, Autoclav1.1, ESA. Excusez du peu. Alors que bien des albums de remixes n'ont souvent aucune cohésion ni d'unité sonore, A Bright Cut Across Velvet Sky [Tympanik Audio] prouve que la musique d'Ad·ver·sary sait elle guider les remixeurs, comme une matière que l'on ne pourrait pas déformer dans toutes les directions, mais dont la mémoire de forme imposerait une façon de travailler à qui veut essayer de la manipuler. Il résulte de ces manipulations encadrées un disque explosif que chacun peut télécharger en toute légalité sur le site de ce généreux Canadien. Sorti au même moment et toujours sur l'excellent label américain, Black Brothel [Tympanik Audio], le troisième album de Pandora's Black Book est quant à lui une ode à la déconstruction de rythmes industriels à tendance drum'n'bass. Ce side-project 100% instrumental et électronique de James Church (Lucidstatic) joue en permanence entre lumière et obscurité : jamais vraiment d'un côté, jamais vraiment de l'autre non plus, les rythmes un peu revêches s'occupant de l'ombre, les nappes synthétiques s'employant à faire briller l'ensemble. On lui préférera cependant la collection de remixes Unearthed [Tympanik Audio] de Lucidstatic publiée cet été au format MP3 et qui regroupe seize remixes de titres extraits de son précédent album, "Gravedigger". Au total, ce sont sept compositions laissées au mains expertes d'artistes maison tels que Tapage, SE, Displacer (qui livre une version remarquable de Night Vision), ainsi qu'à celles de cousins remixeurs comme Unterm Rad, Impurfekt ou Shad0w. Pas si éloigné, mais tout de même un brin plus conceptuel, Many Ways [Ant-Zen] d'Ahnst Anders offre ses lettres de noblesse à un genre bien souvent jugé austère : le field recording. Pari risqué que celui de s'inspirer d'enregistrements bruts pour les condenser et les réorganiser sur neuf compositions aussi expérimentales qu'ambient d'un disque qui se termine en apothéose sur Night & Day. Pari gagné, puisque "Many Ways", de par sa rigueur et sa créativité, offre plusieurs niveaux de lectures qui intriguent de prime abord, puis s'imposent comme évidents et parfaitement maîtrisés, loin des clichés "field recording fourre-tout" auxquels chacun pense par réflexe. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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