
|  |
|  | | Oversteps | |
|
|  | | Assagis Autechre ? Il n'y avait pas, jusqu'à aujourd'hui, deux mots plus... "incompatibles". Leur musique, complexe, manipulée par deux esprits pour le moins autistes, ne se laissait jusque-là véritablement pénétrer que par les plus audacieux ou les plus psychotiques, les autres se laissant "simplement" manipuler par ces sons et ces trames toujours un peu plus démentes. Comment après neuf albums et presque autant d'EP les piliers de l'electronica moderne pouvaient-ils encore surprendre ? Avec "Oversteps", leur musique est devenue... mélodique, compréhensible, et semble avoir pris un tournant pour le moins inattendu. Mais est-ce un virage, une pause, ou simplement la volonté, tardive, de baisser la pression et de se débarrasser, en partie, de ce statut d'inaccessibilité qui leur pèse peut-être aujourd'hui ? Après plus de 15 ans d'activité, la discographie des deux prodiges n'aura qu'en partie résisté au temps : si le monumental "Tri Repetae" reste intemporel, "Incubabula" a, il faut bien l'admettre, pris de sales rides. Mais là où l'"intelligence" qui caractérise leur musique a souvent flirté avec l'abscons, ce qui n'a pas toujours été pour nous déplaire, elle teinte "Oversteps" d'une certaine douceur qui prend le pas sur l'hermétisme rituel. Le disque qui réconciliera enfin les habituels réfractaires à la bouillie intellectuelle d'Autechre et les neirds, dont l'admiration démesurée pour le groupe aura toujours eu le don d'agacer les premiers. |  | | Christophe Labussière |  |
|  |
| |
|  |  | |  |