Érik Arnaud
L'Armure
[Monopsone/Differ-Ant]
Les petits susurrements d'Érik Arnaud en fin de phrase peuvent parfois exaspérer tant ils ne manquent pas de rappeler ceux, si caractéristiques, de Pascal Obispo. Mais la comparaison avec quelqu'autre "variété" française que ce soit s'arrête heureusement là, car l'univers dans lequel il nous entraîne est bien plus âpre, plus cynique, que ce que le domaine est capable d'offrir. "L'Armure" est le troisième album d'Érik Arnaud, il paraît huit ans après "Comment je vis", huit années d'apparent silence pendant lesquelles on le retrouva auprès de Florent Marchet comme ingénieur du son, participant de près à son disque "Rio Baril" et au passionnant projet "Frère Animal". Aujourd'hui, clairement enrichi de cette proximité, le son est d'une clarté et d'une limpidité étonnantes, la guitare est "charmeuse" et les sons "new wave " disposés avec parcimonie offrant un habillage malicieux et presque addictif ; les textes sont d'un réalisme par moment troublant ("Nous vieillirons ensemble, dis-le-moi encore une fois", "Je suis avec toi dans tout ce que tu feras") et d'un cynisme sans pareil ("Tu trouves ça normal l'appart pourri, ça ça me scie", "T'es qu'un cloporte en pleine lumière, rien qu'une merde", "On ne sent plus la douleur sous le métro"). "L'Armure" d'Érik Arnaud est solide et il est difficile de dire s'il nous donne vraiment les clefs pour la percer, mais s'y frotter est un vrai "plaisir", parfois lourd, tant ses maux peuvent ressembler aux nôtres.
Christophe Labussière
http://www.premo.fr
http://www.premonition.org
http://pages.premonition.fr
http://www.premonition.org/chro/chro286006.php3