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|  | | Sisterworld | |
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|  | | L'air de rien, les Liars se sont imposés en quelques années comme l'un des groupes les plus enthousiasmants, les plus expérimentaux, et peut-être les plus cultes de la première décennie du XXIème siècle. Un groupe parfait, qui réussit à surprendre constamment, non seulement musicalement, mais visuellement : le web, l'image, les clips, tout ce qui les entoure étant à chaque fois brillant d'intelligence et de provocation. Qui a vu la vidéo du premier single (Scissor) de ce nouvel album comprendra. Alors que donne ce disque ? Avec les 30 premières secondes du titre sus-nommé, on l'entrevoit comme lyrique et planant, mais on est très vite renvoyé dans ses buts par l'extrême violence des guitares qui vient rapidement rompre la torpeur. "Sisterworld" est comme cela tout du long : une alternance de calmes et de tempêtes, avec, omniprésents, ces climats noirs et angoissants, si particuliers, dont ils ont le secret. Décrire la musique des Liars est impossible, car elle fait appel à l'inconscient, ramène à la surface des petites choses cachées, sournoises, vicieuses, des cauchemars enfantins, des peurs primales, un goût de néant obsédant auquel on revient malgré soi sans arrêt. Écouter les Liars, c'est participer à une expérience mystique dans des contrées inexplorées, et plus que jamais "Sisterworld" vous y conduira, dans les plus grands délices et les plus grandes souffrances. |  | | Frédéric Thébault |  |
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| Black Rebel Motorcycle Club | |
|  | | Beat the Devil's Tattoo | |
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|  | | Les B.R.M.C. nous avaient habitués, sur leurs deux premiers efforts, à un niveau de performance élevé, mettant le public dans un état de semi-dépendance vis-à-vis de leur rock sombre, parsemé de shoegaze, réminiscent certes d'autres formations confirmées mais porteur, aussi, d'une touche personnelle bienvenue. L'attente était donc de taille à l'annonce de ce nouvel opus, et la déception, à l'écoute, n'en est que plus vive. Sombrant dans une redite plate, sans réels temps forts, Hayes and Co tournent en rond, se mordent la queue et ne tirent guère plus que de bons moments d'une recette éprouvée. Là où on aurait souhaité de l'audace, de l'initiative et une prise de risques, fut-elle mesurée, le groupe réitère, mais un ton en dessous cette fois, son procédé habituel. Et mis à part Conscience Killer, alerte et percutant, et un très bon Half-State en clôture, mi-psyché mi-noisy, le contenu peine à décoller. Pire, One sonne du mauvais U2 et les Américains plagient même médiocrement les Black Angels le temps d'un War Machine poussif. Certes, River Styx fait illusion, par le biais d'un tempo élevé et d'un mordant pour lequel on a longtemps adulé cette formation, mais les occasions de s'enthousiasmer sont rares et minoritaires, s'effaçant au profit de compositions dont le piètre niveau surprend, s'agissant d'un groupe aux possibilités conséquentes. Et Black Rebel Motorcycle Club, à l'image de son morceau inaugural, Beat the Devil's Tattoo, réalise là son premier faux pas discographique. Nous leur laisserons cependant le bénéfice du doute, compte tenu de leurs aptitudes, et attendrons, circonspects et impatients, leur prochaine sortie studio. |  | | William Dumont |  |
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|  | | The Man With the Hammer | |
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|  | | Il y a bien longtemps de cela, le temps d'une génération complète, eut lieu en France un mouvement musical éphémère dénommé la "touching pop". Dernier sursaut d'une new-wave en décrépitude en pleine époque acid-house et baggy-sound, juste avant les shoegazers puis le grunge qui allaient balayer définitivement une époque conjuguée en noir et gris. Les groupes de ce mouvement n'étaient pas très nombreux : Little Nemo, Asylum Party, Babel 17, et Mary Goes Round. Ces derniers, un couple à la scène comme à la ville, avaient leur petite originalité : un peu plus de guitares, un peu plus de psychédélisme, mais ce qui n'empêchait pas la prédominance des synthés et des chansons douces-amères. Après une poignée d'albums, Mary Goes Round était happé par les années 90 et on n'entendrait plus parler d'eux... jusqu'à aujourd'hui. La moitié féminine étant allé voguer sous d'autres cieux, c'est Jérôme Avril qui reprend le flambeau, tout seul comme un grand. Et quelle bonne surprise ! On ne dira certainement pas que rien n'a changé, car les sonorités ne sont plus les mêmes : vingt ans ont passé. Et pourtant, "The Man With The Hammer" sait nous rendre intact ce que l'on aimait chez Mary Goes Round : des petites comptines désenchantées et nostalgiques, des putains de mélodies immédiatement accrocheuses, bref, un feeling très "new-wave", malgré cette fois-ci des synthés plus discrets, très 90's techno, et une présence accrue des guitares qui sonneraient même parfois Jesus & Mary Chain ! Les anciens seront ravis de faire vibrer leur fibre nostalgique sans en avoir honte, et les jeunes apprécieront une musique dénuée de toute frime, simple et efficace. |  | | Frédéric Thébault |  |
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|  | | Samdhya | |
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|  | | Diaphane est ce qu'il convient d'appeler un projet solo, en l'occurrence celui de Régis Baillet, moitié du duo de musique électronique Ab Ovo. Son activité créative née en 1991 avec Jérôme Chassagnard est néanmoins mise entre parenthèses depuis 2008, même si les plus attentifs ont pu remarquer quelques inédits signés Ab Ovo sur plusieurs récentes compilations parmi lesquelles "Electronic Aid To Haiti", "Emerging Organisms Vol. 3" ou encore "Kod.eX Electronic Compilation". C'est donc le moment opportun qu'a choisi Régis Baillet pour créer, seul, un premier album, immense, "Samdhya", d'une richesse mélodique et mélancolique telle que l'on n'en a pas entendue depuis longtemps. On pense à certains climats rencontrés chez B R Oad Way comme sur Petals, mais le chant en moins et l'imaginaire en plus. Calmes mais tendues, construites par l'empilement de lourdes couches sonores d'ambient posées les unes sur les autres comme autant d'émotions difficilement contenues, les neuf compositions se font tour à tour mécaniques et inquiétantes (The Icefield, Platinium), ou au contraire humaines et désarmantes (Les Hautes Terres,Chandra's Breath). Un souffle, une expiration, c'est exactement ce que l'on garde en mémoire écoute après écoute de "Samdhya" : l'émotion reste intacte, et le charme opère avec tout autant de précision que la respiration silencieuse et ô combien rythmique d'un être humain. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  | | Hairglow | | [Mono-Tone/Rough Trade Benelux] | |
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|  | | Alex Callier est un musicien prolifique. Non content de porter le très talentueux combo d'Hooverphonic, ce jeune belge féru de musique électronique a décidé de faire cavalier seul pour prêter sa voix à ses propres compositions, cette fois nettement plus pop que celles de son groupe. Moins symphonique aussi, car Hairglow est un bel hommage à la pop électronique anglaise des années 80 et 90. On pense en effet beaucoup à la voix de Bernard Summer et à New Order en particulier, on pense aussi à Electronic (avec Summer toujours, et Karl Bartos, surtout sur le titre You're the One) et aux Pet Shop Boys. Ce premier album sera donc une bonne petite surprise pour tous les fans des groupes précités. Composé de dix jolis morceaux d'electropop, "Hairglow" est un album rafraîchissant en ce début de printemps. Totalement électronique, mais soutenu par des plages néo-classiques, ce disque renferme quelques mélodies bien trouvées qui méritent de s'y attarder. Deux regrets toutefois : d'abord un léger sentiment d'inachevé au bout de presque chaque morceaux, un peu courts le plus souvent (à peine trois minutes chacun en moyenne) et ensuite une distribution incompréhensible de ce disque, réservé au Benelux, même si l'on souhaite passer des sites tels qu'iTunes. Pas facile dans ces conditions de se faire connaître et, plus encore, de se faire reconnaître. |  | | Stéphane Colombet |  |
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|  | | The Struggle for Utopia | |
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|  | | Bel album cold-wave de la part de ce quatuor britannique qui livre sur "The Struggle for Utopia" neuf titres, dont quatre se voient remixés, ce qui porte à treize le total de morceaux à découvrir. Le tempo est souvent vif, la basse dominante, et l'on pense forcément à la vague cold initiée, entre autres, par Joy Division. Les Londoniens ajoutent à cela une touche new-wave subtile, et usent habilement de claviers aigrelets, mais décisifs (Age of Satisfaction), des guitares minimales mais remarquables venant apporter une contribution de taille à l'univers de Project:Komakino. On appréciera particulièrement leurs tempos alertes, et de façon générale leur habile remise au goût du jour d'un courant décidément largement réhabilité. Et si la trame change peu, les morceaux s'avèrent assez valeureux et convaincants pour que l'on s'entiche, au final, de cet opus séduisant. L'originalité vient ensuite des remix : le premier, concernant Syndrome, est effectué par Tom Furse et offre une ambiance électro-cold captivante, Motorama faisant dans un registre proche sur un Age of Satisfaction spatial, E.Gold et Micron Sixty Three réalisant ensuite un travail irréprochable, électro dansante, très club, pour l'un, plus vivace et saccadée pour l'autre. |  | | William Dumont |  |
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|  |  |  |  | |  | Audible [Fatal Object] est le projet du Français Bertrand Georges, musicien accompli au sein d'EchoparK avec Nadia Lichtig. Ce premier album éponyme n'est pas vraiment réalisé seul s'il l'on considère la longue liste de musiciens participant au projet, et s'écoute comme ces compilations ("L'Appel de la Muse", "Unreleased") que nous chérissions il y a près de vingt ans déjà. Alternance de chant en anglais, en français, masculin, féminin, mixte, Audible ravive ces souvenirs enfouis, pas si loin, et nous offre deux reprises de groupes qui comptaient déjà à l'époque avec Old Dreams Are Not Innoncent d'Asylum Party et The Hope Seller de Rise and Fall of a Decade.
The Muse in the Machine [Tympanik], le premier album de Candle Nine, est le parfait trait d'union entre les deux précédentes sorties du label (les premiers albums d'Undermathic et d'Opposite Exhale), et le retour à une intelligent music mathématique et traitée comme une intégrale du second degré. Conservant le caractère épique des deux précédentes productions, "The Muse in the Machine" réintègre les ingrédients bien connus des musiciens savants souvent chroniqués dans nos pages, à savoir des rythmiques syncopées à l'alternance synchronisation / désynchronisation ravagée.
Voici déjà le cinquième album d'Architect [Ant-Zen] de Daniel Myer, dont l'aventure débuta en 1998. Instrumental et empreint de l'esprit EBM qui caractérise également les nombreux projets de ce musicien prolifique (Haujobb, Cleen), ce Consume Adapt Create serait également à rapprocher du son de "The Workers Party Of Haiti", le dernier album de Marching Dynamics. Mais pas de bruit superflu ni de compétition pour le rythme le plus télescopé de l'année, car Daniel Myer nous offre ici un disque précis et contrôlé.
Après un album aussi posé et adulte que l'était "Seventh Tree" en 2008, nous ne nous attendions pas à un Head First[Mute] aussi débridé. Les chansons de Goldfrapp sont cependant bonnes... mais, écoute après écoute, rien n'y fait, le temps semble fou et reparti dans le mauvais sens. L'habillage volontairement rétro typé 80s de ces titres laisse perplexe, les synthés cheap de David Lee Roth sur le single Rocket et le piano de Supertramp sur Head First et Alive en sont un parfait exemple envahissant et occultent malheureusement des chansons plus personnelles et bien mieux réussies comme Hunt, Dreaming ou Voicething.
|  | | Bertrand Hamonou |  |
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