
|  |
|  | | Sisterworld | |
|
|  | | L'air de rien, les Liars se sont imposés en quelques années comme l'un des groupes les plus enthousiasmants, les plus expérimentaux, et peut-être les plus cultes de la première décennie du XXIème siècle. Un groupe parfait, qui réussit à surprendre constamment, non seulement musicalement, mais visuellement : le web, l'image, les clips, tout ce qui les entoure étant à chaque fois brillant d'intelligence et de provocation. Qui a vu la vidéo du premier single (Scissor) de ce nouvel album comprendra. Alors que donne ce disque ? Avec les 30 premières secondes du titre sus-nommé, on l'entrevoit comme lyrique et planant, mais on est très vite renvoyé dans ses buts par l'extrême violence des guitares qui vient rapidement rompre la torpeur. "Sisterworld" est comme cela tout du long : une alternance de calmes et de tempêtes, avec, omniprésents, ces climats noirs et angoissants, si particuliers, dont ils ont le secret. Décrire la musique des Liars est impossible, car elle fait appel à l'inconscient, ramène à la surface des petites choses cachées, sournoises, vicieuses, des cauchemars enfantins, des peurs primales, un goût de néant obsédant auquel on revient malgré soi sans arrêt. Écouter les Liars, c'est participer à une expérience mystique dans des contrées inexplorées, et plus que jamais "Sisterworld" vous y conduira, dans les plus grands délices et les plus grandes souffrances. |  | | Frédéric Thébault |  |
|  |
| |
|  |  | |  |