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|  | | Crystal Castles II | | [Lies Records/Last Gang Records]] | |
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|  | | Il faut reconnaître qu'en découvrant le premier album du duo il y a deux ans, on avait un peu hâtivement accusé ses auteurs d'avoir commis le pêché suprême de contrefaçon, tout au moins d'avoir pratiqué un décalque éhonté de la démarche que l'on associait jusque-là aux Français de DAT Politics. Un chant strident, saturé, et une ambiance surexcitée derrière lesquels se dissimulent des compositions aux effets ravageurs tant elles sont addictives, de l'électronique soignée aux contours en apparence hasardeux, autant d'éléments qui donnaient au résultat une coloration de quasi-violence et surtout d'excitation et le rendait littéralement irrésistible. Deux ans plus tard, deuxième essai, s'il reprend le même process, il laisse au final la même impression et peut être qualifié comme son prédécesseur de vraie réussite. Le déséquilibre apparent entre ses différents titres le fragilise (un premier morceau plutôt criard, suivi d'une superbe ballade, qui elle-même précède une plage encore plus difficile d'accès), preuve que le groupe n'a pas choisi la voie la plus simple, n'a en rien simplifié ses méthodes, et prend au contraire un malin plaisir à brouiller les pistes. Ce disque en devient plus complexe encore que son prédécesseur, permettant seulement à qui saura l'affronter d'en découvrir les subtilités et d'en devenir, on le garantit, totalement dépendant. |  | | Christophe Labussière |  |
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|  | | Rapid-Eye/Vol.3 | |
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|  | | Si la scène anglaise est avant tout réputée actuellement, pour ses groupes rock tels Arctic Monkeys, Libertines ou les tristement célèbres Oasis, il importe de noter que de nombreux autres artistes, bien plus audacieux et insoumis, proposent des réalisations nettement plus significatives. C'est le cas avec The Dielectric, dont les sept membres élaborent une électro-indus froide et remuante, parfaitement initiée par Corridors et Flight, les deux morceaux inauguraux. Les climats sont changeants et passent de tonalités aériennes à des plages furieuses, bardées de guitares éparses, mais agressives, des nappes de claviers obsédantes venant parfaire le tout. Le style ainsi défini, loin d'être figé, rend ce groupe singulier et attachant. Celui-ci a de plus le bon goût de ne jamais en rajouter, de rester cohérent en dépit d'un étayage sonore assez conséquent, et redonne au mouvement indus, qui commençait à se mordre la queue, un second souffle appréciable. Des voix féminines rêveuses et sensuelles (Directiv) se font entendre et The Dielectric se permet même da "faire la nique" à Prodigy le temps d'un Exteria percutant et bien pensé. Puis Lucid, très électro, sombre et incluant des boucles minimales mais primordiales, met fin de belle manière à un mini-album concluant et inventif. Avec pour effet supplémentaire de nous offrir une alternative crédible et originale aux Turner, Doherty, Gallagher et Cie, ce dont on se réjouira forcément tout en poursuivant notre découverte d'un courant certainement bien plus riche et porteur qu'on ne le croit. |  | | William Dumont |  |
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|  | | A Deceptive Calm | |
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|  | | Nouvelle signature sur BOREDOMproduct, le seul label d'electropop française digne de ce nom (Celluloide, Dekad, Foretaste), le duo de Neutral Lies (excusez le jeu de mots) nous livre un premier album un peu terne, disons-le d'emblée. Pourquoi ? C'est assez difficile à analyser. A priori, "A Deceptive Calm" aurait pu se la jouer The Calm before the storm et nous réserver quelques belles surprises électroniques, bien dynamiques. Ce n'est hélas pas véritablement le cas. Pourtant, ce premier opus paraît produit avec soin (pour ne pas dire application) et se retrouve même doté de quelques jolies mélodies. Mais le bâts blesse à l'usage, surtout du fait des envolées du chanteur qui lassent assez rapidement. Cette première tentative electropop de Neutral Lies, noble au demeurant, n'échappe hélas pas au terrible effet "guerre des clones "... presque trente ans après la bataille. Car personne n'a demandé à ce duo de rejouer du Depeche Mode à la française en 2010. Surtout que ses grands cousins tricolores le savent : c'est une mission impossible. Et a fortiori, personne n'a demandé à ce nouveau groupe de rejouer du Colony 5 (la voix ressemble à celle du chanteur suédois à s'y méprendre), lui-même petit clone suédois des kids de Basildon. Le résultat n'a donc rien d'original, est un peu triste, peu entraînant et surtout passablement entendu. Tout cela aurait certainement mérité un peu plus de recul par rapport aux idoles (Depeche Mode bien sûr, mais aussi Camouflage et toute la "clic à blips") et moins de gros sabots, même s'ils sont en cuir noir. Pour rester néanmoins sur une touche positive, on précisera qu'à l'écoute de cet album, un certain potentiel demeure, ça et là, avec quelques titres truffés des meilleurs sons analogiques de notre enfance. Gardons espoir donc. Si en France le football est mort, pas l'electropop ! |  | | Stéphane Colombet |  |
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|  | | Wave If You're Really Here | |
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|  | | Un peu trop plébiscité par la presse ("un album ahurissant" selon les Inrockuptibles, Artrocker ou encore le NME toujours prompt à encenser les nouveaux venus de façon hâtive), cet album de Wave Machines, s'il dévoile une poignée de bonnes chansons, ne mérite aucunement les éloges qui lui sont adressés. Souvent commun, manquant de réelles bonnes idées en dépit de mélodies soignées (You Say the Stupidest Things), et d'une évidente recherche sonore et stylistique, il part dans une diversité qui ne lui sied guère même si l'allant et la trame originale de certains morceaux essayent de sauver la mise (I Go I Go I Go). Mais ailleurs, une voix fluette irritante dessert elle aussi l'opus en présence, qui retrouve un tant soi peu d'énergie avec l'enjoué Punk Spirit, avant que The Greatest Escape We Ever Made n'impose une électro-pop sautillante non-déplaisante, mais déjà pratiquée par d'autres et n'offrant donc aucune ouverture novatrice. C'est là le tort du disque, outre son manque criant de vigueur : inventif mais n'apportant que très peu à un créneau déjà bien étoffé, il s'oubliera très vite, après, peut-être, un engouement immédiat mais éphémère, pour ses quelques réussites (The Line ou un Carry Me Back to my Home acidulé). Subsistent cependant quelques pistes à exploiter, mais aussi et surtout une singularité à trouver, à approfondir, pour offrir, à l'avenir, un rendu plus constant, attrayant et personnel. En ce sens, attendons que les Anglais, dotés d'un potentiel tout de même conséquent, livrent la suite de cet effort en demi-teinte. |  | | William Dumont |  |
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|  |  |  |  | |  | C'est plutôt discrètement voire franchement incognito qu'Hybrid poursuit son parcours savamment tracé entre house et breakbat depuis bientôt quinze ans. Auteurs de remixes puissants pour, au hasard, Filter ou Conjure One, les Gallois viennent de réaliser Disappear Here [Distinctive Records], une collection de chansons excitées et construites crescendo. Par bien des aspects, cet album rappellera les meilleurs moments d'Olive grâce notamment à la voix de Charlotte James, tellement proche de celle de Ruth-Ann Boyle, et tout aussi enchanteresse.
C'est une tout autre facette de son écriture que nous révèle Bryan Konietzko avec The Sound Of Love Impermanent [Ant-Zen], loin des territoires d'abstract Intelligent Music d'ordinaire explorés par son projet Ginormous. L'Américain réalise un travail que l'on pourrait qualifier d'ambient acoustique, cette fois destiné à accompagner les créations de la chorégraphe Maria Gillespie. Et ce travail de commande résulte en de gracieuses et vastes pièces instrumentales d'une douceur et d'une légèreté inédite dans sa discographie.
Curieuse démarche que celle de Jim Kerr. Là où n'importe quel chanteur avec un passé aussi riche que le sien aurait capitalisé sans même hésiter une seule seconde sur son propre nom, lui choisit un pseudonyme â rallonge, Lostboy! Aka Jim Kerr, pour publier son premier album solo. Sans grande surprise, le chanteur de Simple Minds fait ce qu'il fait déjà depuis plus de trente ans d'activité avec ses compagnons, en incorporant cependant plus d'électronique. Lostboy [101 Distribution] séduit comme un album de Simple Minds, les titres accrochent, mais le disque est malheureusement trop long pour s'y retrouver écoute après écoute. Pour une fois, l'on conseillera de se procurer l'édition standard, plus courte de deux titres.
Si vous recherchez un peu de calme et de sérénité pour l'été, loin des clubs surchauffés et des plages bondées, Chasing After Shadows... Living With The Ghosts [Hammock Music] de Hammock est de ces disques qui procurent une compagnie de choix à la solitude des journées d'été. Sur l'ensemble de ses douze lents titres instrumentaux, le disque distille une ambient à la guitare, sorte de crossover évident entre les Cocteau Twins, Sigur Rós et Slowdive, le chant en moins. Le post-rock chatoyant de ce duo originaire de Nashville pourrait même vous donner envie de vous pencher sur leurs quatre précédents albums studio. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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