| Ayant mis fin, il y a trois ans, à l'épopée Venus, Marc Huyghens s'acoquine ici avec deux musiciennes et crée Joy. Ce faisant, il réinstaure le rock fiévreux, parfois agrémenté d'un violoncelle (Cold and Storm ), de son ancienne formation, sur un rythme qui se déploie lentement comme sur l'excellente entrée en matière que constitue Empire. Des guitares plombées, dans la retenue, mais réellement marquantes, appuient le propos du groupe avec efficacité, de même que les chants, dissociés ou entremêlés, et l'ensemble, de caractère, livre neuf titres sans faille. Qu'il opte pour un procédé modéré ou qu'il taille dans le vif d'un rock bourru, Joy démontre un savoir-faire et une cohésion qui est l'apanage des plus grands et ne surprend guère au vu du parcours de Huyghens. Et comme le Joy, parfum crée en 1930 par Jean Patou, couturier et parfumeur français dont Marc a récemment découvert la biographie, la musique du groupe s'avère précieuse, de celles qu'il faut "aller chercher", qui ne se dévoilent pas à la première écoute, mais révèlent, au fur et à mesure des écoutes, d'innombrables richesses.Superbe ouvrage donc, racé et singulier, d'un trio déjà au sommet de son art, à la fois pur et insoumis. |