Vicious Circle
Barbed Wire Slides
[Infrastition]
Sorti à l'origine en 1990, cet album expérimental d'un duo éphémère, mais aux productions, ou plutôt à LA production, marquante, s’est vu réédité par le label Infrastition, spécialiste hautement inspiré des "recyclages" d'albums de haute volée émanant de cette période. Lucie Dehli and Stephan Ink, puisqu'il s'agit d'eux, avaient en effet signé à l'amorce des 90's une oeuvre majeure, intrigante et répétitive, âpre mais passionnante, dès lors qu'on en a assimilé le contenu. Très sombre, minimaliste, exhalant parfois un dark-folk saisissant (avec ce troisième titre à l'appellation... russe, captivant), “Barbedwire Slides” est de ces disques qu'il serait injuste de passer sous silence et qui mêlent, avec audace et cohérence, une étrange beauté à des instants délibérément cold. Le rythme se veut presque inerte (Indolence chronique) et les climats se réitèrent jusqu'à l'obsession, créant chez l'auditeur une forme de dépendance vis-à-vis du contenu. La voix de Lucie, associée à des motifs synthétiques sobres sur Yto, crée un sentiment de malaise, presque de peur, tout comme sur Ceilings qui surprend par une trame plus "vive" que celle animant les titres précédents. La magie opère, et même les moments sans réel relief (Noisy Silence) s'avèrent prenants, les trames plus alertes, ou plutôt moins figées (Heures perdues) engendrant un effet similaire, plus poussé même, pour faire de cette oeuvre unique une pièce rare, précieuse, qu'on aimera pour son côté décalé et ouvertement expérimental.
William Dumont
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